La direction de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins a présenté, à la veille de son assemblée générale, le rapport annuel des chiffres de l’exercice 2025. Ce qui fait tilt dans le rapport, c’est l’iniquité entre les montants redistribués aux acteurs, inférieurs aux budgets de la gestion de la Sodav
La Sodav a perçu plus de 677 millions de francs Cfa, ce qui constitue en termes de perceptions domestiques un record historique de plus de «7,33%». Seulement, c’est 429 millions Fcfa qui ont été répartis entre «13 035 membres» soit une augmentation d’adhérents de plus de «11,3% depuis 2023. Le constat est que le budget alloué au fonctionnement de la société de gestion s'élève à «578,7 millions». Avec à la clef le soutien de la subvention de l’État à hauteur de «325 million». Le fonds social a permis, en outre, d'appuyer les membres à plus de «24 millions» de Fcfa. La direction a aussi fait une autre révélation. La société de gestion fait face à des dettes qu’elle aurait héritées de la BSDA et qui perdurent, estimées à : «486,7 millions de FCFA. Ce sont des dettes de sociétaires, soit 94,16% au total des endettements». Il y a aussi les dettes sociales et fiscales de «18,2 millions» contractées par la société gestion par rapport à l’impôt, l’Ipres et CCS.
LES CREANCES DES USAGERS SONT-ELLES EVALUEES A «655,9 MILLIONS» ?
Présidente du conseil d’administration de la Sodav, Ngoné Ndour a décrypté les chiffres en apportant des éléments de réponse notamment sur le fait que le budget de la gestion soit plus important que les montants redistribués aux ayants droit. Elle explique ce déséquilibre par le fait que la Sodav est une société de gestion de droits d’auteurs et droits voisins. Les droits voisins concernent la rémunération pour copie privée, donc une rémunération équitable. Dans ce cas d’espèce, «la rémunération pour copie privée n’est pas encore mise en œuvre au niveau du Sénégal». Ce qui fait, que la société de gestion «fait avec ce qu’elle collecte avec le droit d’auteur pour répartir aux membres de la Sodav», a tenté d'expliquer la présidente du conseil d’administration de la société de gestion.
Et d’ajouter : «ce qu’il faudrait retenir de ces charges, plus de 60% ont été soutenus par l’État à hauteur de 325 millions. Normalement, la subvention devait être d’un milliard par an», a signalé Ngoné Ndour qui a déploré dans la foulée le fait que le montant s'amoindrit d’année en année. Pour arrêter la saignée, il est impératif d'appliquer, dit-elle, la rémunération pour copie privée, pour qu’il n’y ait plus de dépendance de la société de gestion vis-à-vis de l’État. Elle indique également que l’investissement qu’elle qualifie d’un grand tournant, c’est la construction de l’immeuble de la société de gestion. Un chantier qui sera livré en octobre. La Sodav, c’est en fin de compte plus de «98 000 œuvres déclarées», a souligné la présidente du conseil d’administration de la Sodav.