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Investir en Afrique rapporte plus qu'on ne le pense
De Dakar à Nairobi, l'Afrique résiste mieux que prévu aux tempêtes géopolitiques mondiales. Grâce à des investissements ciblés dans les fleurons du Sénégal et du Kenya, les marchés africains surclassent actuellement les autres économies émergentes
 
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(SenePlus) - L’Afrique est-elle vraiment le continent du risque financier perpétuel ? Une analyse publiée le 10 avril par Bloomberg, sous la plume de Robert Brand, vient tordre le cou à ce tenace « mythe de la prime de préjugé » (prejudice premium). Chiffres à l'appui, l'article démontre que les marchés africains affichent une résilience insoupçonnée, surperformant même d'autres régions émergentes en pleine tempête géopolitique mondiale.

Alors que la guerre en Iran secoue l'économie mondiale, l'Afrique prouve qu'elle n'est « pas l'endroit le plus dangereux pour placer son argent », souligne Bloomberg. Les données parlent d'elles-mêmes : depuis le début du conflit, l'indice obligataire en monnaie locale africaine de Bloomberg a moins chuté que l'indicateur global des marchés émergents. Plus impressionnant encore, sur les douze derniers mois, les obligations africaines ont « délivré deux fois le rendement de leurs pairs des marchés émergents ».

Du côté des actions, le constat est tout aussi flatteur. Tandis que l'indice boursier MSCI des pays émergents a dévissé de plus de 4% depuis fin février, plusieurs marchés africains ont gardé la tête hors de l'eau. L'indice de référence du Nigeria a enregistré un rendement supérieur à 5% en dollars sur la même période, et « l'indice boursier du Ghana est le plus performant au monde cette année », rapporte Bloomberg. Ces performances illustrent une Afrique « plus isolée des crises géopolitiques que certains autres marchés ».

Ces rendements attirent l'attention des fonds spécialisés. L'Africa Opportunity Fund d'Emerging Market Investment Management a ainsi bondi de plus de 70% au cours de l'année écoulée, en misant stratégiquement sur les banques et les télécommunications du Sénégal au Kenya.

Des défis structurels qui persistent

Si l'article de Bloomberg salue cette dynamique positive, il n'élude pas pour autant les vulnérabilités structurelles du continent. La guerre en Iran a cruellement mis en lumière la fragilité des pays importateurs d'énergie, tels que le Kenya et l'Afrique du Sud, face aux chocs pétroliers. De même, la pénurie mondiale d'engrais menace directement les producteurs agricoles africains.

L'auteur Robert Brand avertit également qu'une « faiblesse soutenue des devises augmentera le coût du service de fardeaux de la dette déjà élevés ». À ces fragilités économiques s'ajoutent des tragédies humanitaires profondes, à l'image de la guerre civile au Soudan, qui dure depuis trois ans et a causé la mort de plus de 150 000 personnes tout en déplaçant des millions d'autres.

Pourtant, malgré ces vents contraires, le constat de Bloomberg est sans appel : les investisseurs capables de regarder au-delà de ces obstacles récoltent des bénéfices majeurs. Comme le résume l'article, « la prime de préjugé de l'Afrique pourrait bien être injustifiée ».

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