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La Constitution n'est pas l'affaire des seuls politiques
Selon l'expert en droit public, Moustapha Fall, le référendum et le dialogue citoyen sont essentiels pour éviter que les révisions constitutionnelles ne souffrent d'un manque de légitimité populaire
 
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Invité de l'émission "Objection" sur Sud FM ce dimanche 10 mai 2026, Dr Moustapha Fall, enseignant chercheur en droit public à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, a abordé les quatre projets de loi de réforme institutionnelle en cours au Sénégal (révision constitutionnelle, Cour constitutionnelle, partis politiques, code électoral).

L'universitaire a particulièrement insisté sur la nécessité d'une appropriation citoyenne des enjeux constitutionnels. "C'est là où ça devient maintenant intéressant lorsque les débats publics se tiennent et que les questions constitutionnelles sont discutées", a-t-il déclaré, ajoutant que "la Constitution ce n'est plus des questions discutées exclusivement dans les universités. C'est des questions aujourd'hui débattues dans l'espace public."

Interrogé sur l'opportunité d'un dialogue national, Moustapha Fall a été catégorique : "C'est cela qui est même souhaité. Parce que aujourd'hui les processus de révision constitutionnelle, c'est des processus qui intègrent cette dimension de popularisation (...) qui permettent au peuple de pouvoir intervenir, de pouvoir discuter, permettre aux citoyens de pouvoir même contribuer."

Référendum ou voie parlementaire ?

Sur la procédure d'adoption des réformes, l'expert en droit public a rappelé que "le référendum est le procédé de droit commun" selon l'article 103 de la Constitution. "Le référendum a l'avantage d'exprimer la démocratie, d'exprimer la voix du peuple", a-t-il souligné, précisant qu'il confère "une légitimité" supérieure malgré les arguments financiers invoqués par certains acteurs.

Moustapha Fall a toutefois noté que le président de la République dispose d'alternatives : faire approuver les textes par l'Assemblée nationale (avec une majorité des trois cinquièmes) ou soumettre tout projet au référendum via l'article 51, après consultation du Conseil constitutionnel et du président de l'Assemblée.

L'enseignant a également évoqué les tensions entre l'exécutif et le législatif autour de l'article 73 de la Constitution, ainsi que les enjeux de gouvernance des ressources pétrolières et gazières.

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