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La dette contre le peuple ?
La dette extérieure du Sénégal et les obligations liées à son service sont insoutenables
 
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1005560
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(SenePlus) - La crise de la dette sénégalaise s’impose comme l’un des principaux marqueurs des tensions politiques au sein du pouvoir, selon l'hebdo français de gauche L’Anticapitaliste à paraître le 11 juin 2026. L'auteur Paul Martial analyse les divergences entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko sur les réponses à apporter à une dette qualifiée d’« abyssale ».

Selon l’auteur, le limogeage d’Ousmane Sonko marque une rupture symbolique majeure avec l’esprit du slogan « Sonko mooy Diomaye », qui avait porté la victoire du duo à la présidentielle de 2024. Derrière cette séparation politique se cacheraient des désaccords plus profonds, d’abord sur la gestion de l’héritage du régime précédent, ensuite sur les choix économiques à opérer face à la crise.

Paul Martial relève que les premières divergences seraient apparues autour du traitement judiciaire des responsables de l’ancien pouvoir accusés de corruption. Sonko y est présenté comme le défenseur d’une ligne plus ferme, fidèle au programme de rupture du PASTEF, tandis que Diomaye Faye aurait privilégié une logique de dialogue politique et d’apaisement avec les anciens dignitaires du régime de Macky Sall.

Mais le cœur du désaccord résiderait dans la gestion de la dette publique. Citant des économistes progressistes, l’auteur souligne que « la dette extérieure du Sénégal et les obligations liées à son service sont insoutenables ». Il avance des chiffres particulièrement alarmants. Une dette représentant 132 % du PIB, tandis que le service de la dette atteindrait 4 400 milliards de FCFA en 2025, soit davantage que les recettes prévues de l’État, estimées à 4 382 milliards de FCFA.

Deux stratégies opposées se dessineraient alors. D’un côté, le président Diomaye Faye miserait sur une restructuration avec le Fonds monétaire international (FMI), une option qui, selon l’article, conduirait à des politiques de « consolidation budgétaire » comparables aux anciens programmes d’ajustement structurel : réduction des dépenses publiques, remise en cause de certaines subventions et pression accrue sur les secteurs sociaux comme l’éducation et la santé.

De l’autre, Ousmane Sonko défendrait une voie plus souverainiste, consistant à rembourser la dette sans tutelle du FMI, grâce à une mobilisation renforcée des ressources nationales. Toutefois, Paul Martial considère que cette alternative ne rompt pas fondamentalement avec la logique d’austérité, puisqu’elle ferait également supporter des sacrifices économiques aux populations.

L’auteur adopte une position critique à l’égard des deux options, estimant qu’aucune ne remet véritablement en question la légitimité de la dette héritée du régime de Macky Sall, ni les responsabilités des partenaires financiers internationaux dans l’aggravation de cette situation.

Paul Martial soulève un autre point sensible. Il accuse les deux dirigeants de converger sur le terrain sociétal en faisant de la question LGBT+ un exutoire politique à la colère sociale. Selon lui, face aux frustrations économiques et à l’absence de transformations sociales profondes, le pouvoir participerait à une stigmatisation de la communauté LGBT+, à travers des discours conservateurs et réactionnaires, une orientation que l’auteur critique vivement.

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