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LA SURENCHERE CHEZ LES LUTTEURS ET LA RARETE DES SPONSORS INDEXEES
A l’exception de Modou Lô-Ama Baldé concoctée pour juillet prochain, aucune autre méga affiche ne pointe dans l’agenda annuel souvent riche en événements et combats de Vip
 
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144402
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La nouvelle saison de lutte lancée depuis quelques  semaines  est  doute  très loin de celles des dernières saisons ponctuées souvent par une succession de  grosses affiches.  A l’exception de Modou Lô-Ama Baldé concoctée pour juillet prochain, aucune autre méga affiche  ne pointe dans l’agenda  annuel souvent riche en événements et combats de Vip. Alors quelles sont les raisons de cette situation ? Les promoteurs sont-ils à court financièrement ou bien c’est du côté des lutteurs que ça coince.  Certains acteurs n’ont pas cherché loin pour se prononcer en indiquant tout simplement la rareté des sponsors mais aussi la surenchère de lutteurs souvent surcotés.   C’est l’avis de Doudou Diagne Diécko,  président de l’association des amateurs de lutte pour qui il serait aussi inapproprié de parler de menaces ou de déclin avec la rareté de grosses affiches au regard des multiples affiches déjà ficelées pour la saison.

Le combat Modou Lô-Ama  Baldé décroché par le promoteur Luc Nicolai pour la fin de saison est sans doute une embellie dans l’agenda de la saison de lutte.  Une nouvelle saison  partie pour confirmer encore cette tendance déjà constatée depuis quelques années et marquée par  une véritable rareté de grosses affiches,  de ces affiches souvent pas comme les autres qui font l’événement en fin d’année ou durant la saison.  Pendant ce temps, les autres lutteurs dans leur écrasante majorité, cherchent désespérément à décrocher un combat. Faut t-il imputer cette situation aux seuls promoteurs qui sont les principaux producteurs d’affiches ?  Sont-ils  à ce point à court financièrement ou bien ce sont bien les lutteurs  qui  font dans la surenchère ? Au point de  porter un coup à la visibilité actuelle.

Quoiqu’il en soit, cette donne  risque de forcer de nombreux lutteurs dit Vip, ou simplement ces centaines de lutteurs à une année blanche. Mais si cette situation ne manquera pas d’indisposer les amateurs et férus de lutte qui seront cependant loin d’être sevrés.  Du moins, au regard de l’agenda de la saison, déjà plein en combats, Doudou Diagne Diécko président de l’Association nationale des amateurs de lutte, n’a pas à se plaindre de la marche des arènes. Même s’il n’occulte pas la dure réalité économique qui prévaut avec la difficulté des promoteurs à décrocher des combats d’envergure.

« Ce combat n’est pas le seul, d’autres vont suivre. Il faut savoir qu’il y a des tractations et des négociations qui sont en cours. Le combat Modou Lo-Ama Baldé  vient à son heure car il était attendu. C’est un combat entre deux guerriers et deux lutteurs très téméraires et il va marquer la saison.  C’est un combat qui promet. Jusqu’à présent, on continue de monter les affiches dans l’arène. Il y a ceux qui ne sont intéressés que par les grandes affiches, les événements.  Alors qu’on a de très bonnes affiches même si elles ne sont pas aussi médiatisées.  Si vous regardez les premiers combats de la saison, ce sont des combats  palpitants et intéressants. Il n’ y a pas un week end où il n’ y a pas encore de lutte à Iba Mar, à l’arène nationale etc. Mais on ne peut pas parler de la disparition ou de mort de la lutte»,   indique t-il. « Le combat des Vip n’est pas d’actualité pour les amateurs de lutte. Ce sont en général des combats qui prennent du temps pour être ficelés et qui  le plus souvent ne les satisfont pas. C’est à cause des Vip que les sponsors se sont pour la plupart retirés. On ne peut pas signer pour 50 millions ou 100 millions et ne pas respecter les clauses du contrat liés à la promotion de l’événement »,  ajoute-t-il.

Doudou Diagne Diécko : «Que les écuries évitent de faire dans la surenchère»

Le président des amateurs n’a cependant pas manqué de pointer du doigt le retrait de gros sponsors et surtout la surenchère qui prévaut dans les écuries. Selon lui, ils restent les principales  raisons qui expliquent  cette baisse drastique des grosses affiches.  « Les lutteurs n’ont plus de combats parce qu’on n’a plus les managers qu’il faut.  Il y a une période où les managers trouvaient le lutteur chez lui pour lui faire des propositions de combat.   Et ils mettaient ensuite sur la table une avance. Ce qui n’est plus le cas actuellement car il contourne le manager en cherchant ce que l’on peut appeler des agents. C’est qu’ils se considéraient des footballeurs. Beaucoup d’écuries n’ont pas les dirigeants qu’il faut.  On ne  retrouve plus au sein des grands lutteurs qui  s’investissaient dans la formation.  Il faut que les écuries évitent de faire dans la surenchère et de faire monter les cachets de lutteurs. C’est ce qui devrait permettre  à leurs pensionnaires  de trouver des combats. Il y a  certains promoteurs qui peinent à  décrocher des sponsors.  Mais il y a ceux qui préfèrent  engager les lutteurs dits espoirs plutôt de risquer avec ceux qui réclament des gros  cachets.», explique-t-il.

Selon Doudou Diagne, ce ne  sont pas  toujours les lutteurs dits Vip qui  subissent les conséquences de la surenchère. « La conséquence de l’isolement des lutteurs renforce le phénomène des lutteurs dits VIP.  Si le lutteur négocie lui-même ses combats et réclame des cachets souvent inaccessibles,  il a de fortes chances d’aller vers une année blanche », martèle-t-il. 

Pape Abdou Fall : «La rareté des sponsors et l’événement du MMA risque d’être des sources de difficultés»

Pour sa part,  le promoteur  Pape Abdou Fall ne trouve pas non plus de s’alarmer  pour l’avenir de la lutte en dépit de l’avènement de  l’introduction du MMA, cette nouvelle discipline s’est déjà ouverte aux lutteurs. « Il y a des détails si on n’y prend pas garde  qui risquent  de porter un coup à la lutte. La rareté des sponsors et l’événement du MMA risquent  d’être des sources de difficultés.  Mais la lutte ne disparaitra jamais. C’est notre sport national et un patrimoine culturel. Les gens ont la latitude d’avoir des craintes sur tel ou tel sujet. La réalité fait que la lutte est notre propriété. Les combats commencent à se dérouler. Depuis le début de décembre, nous avons des combats. Même , ce mercredi, il y a déjà une affiche. Il n’ y a pas de quoi s’alarmer pour la lutte. C’est notre sport national et un patrimoine culturel»,  affirme t-il.

Pour permettre aux centaines de lutteurs  qui  peuplent les écuries de descendre dans l’arène,  le promoteur préconise toutefois une meilleure décentralisation des affiches. « Essayons de conjuguer nos efforts et essayer de pousser le lutte à aller dans d’autres localités. Ce qui permettra  aux lutteurs  d’avoir de quoi faire fonctionner des  écuries. On prie pour qu’il y ait une pléthore de promoteurs. Car c’est  eux qui organisent. S’il n’y a pas de promoteurs, il  n’ y  a pas de combats.  Il faudra maintenant qu’ils soient accompagnés par des sponsors afin qu’on puisse organiser des combats de lutte  dans toutes les régions et les localités. Que les affiches soient décentralisées. C’est ce qui peut décanter la situation. Les promoteurs sont là. Organiser dans les régions est plus dure d’organiser à Dakar », soutient-il.

Dans la même veine, Pape Abdou Fall  plaide pour  la mise en place d’une  direction nationale de l’arène. Une manière de trouver une solution  aux charges d’organisation de combats.

« Iba Mar Diop va être fermée à la lutte à partir de ce 12 janvier. La seule difficulté rencontrée par les promoteurs, c’est la cherté  de l’arène nationale. Là où l’on payait tel montant à Iba Mar Diop, il faut le multiplier par quatre quand  on est à l’arène nationale, il faut multiplier par trois ce que l’on paie à la Police. Ce sont juste les difficultés que nous rencontrons. Si l’arène nationale a une direction, les choses vont se décanter car il y aura dans le conseil d’administration des promoteurs. Le sujet y sera débattu pour trouver des solutions.  Il faut savoir que  l’arène nationale est toujours   gérée par la coopération chinoise »,  précisera-t-il.

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