L’attribution du marché pour le prolongement de l’autoroute à péage jusqu’à l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) ne se serait pas fait dans les règles de l’art, selon le Syndicat national du bâtiment et des travaux publics (Snbtp). Cependant, cette affirmation a été démentie par l’Apix. L’Agence chargée de la promotion de l’investissement et des grands travaux qui tenait un atelier hier, à l’intention de la presse, s’est défendue du «gré à gré» dont elle est accusée et a défendu le procédé utilisé qu’elle juge légal et opportun.
La construction de l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) a fait changer les plans de l’autoroute à péage. Initialement prévue pour le tronçon Dakar-Diamniadio, qui est en phase terminale, l’infrastructure routière va finalement être prolongée sur 16,5 km, jusqu’au nouveau aéroport de Dias. Cette expansion est toutefois entourée d’incompréhension et de confusion. En effet, dans un communiqué, le Syndicat national du bâtiment et des travaux publics (Snbtp) avait dénoncé «un marché de gré à gré estimé à 80 milliards de francs Cfa» relatif au prolongement de l’autoroute à péage entre Diamniadio et Aibd. Pour lever tout amalgame, l’Apix a organisé hier, un atelier d’éclairage à l’intention des journalistes. Cela, pour mettre tout le monde au même niveau d’information. «Nous avons tenu à faire ce séminaire pour montrer que tout ce qui a été fait dans ce projet est en phase avec la loi», a précisé le directeur général de l’Apix, Diène Farba Sarr. Le fait est que les autorités ont préféré souscrire un marché complémentaire avec le concessionnaire de l’autoroute à péage qui est la société Eiffage au lieu de lancer un autre appel d’offres. «La réalisation d’une autoroute à péage requiert de la part de l’opérateur du projet, une expérience avérée en matière de conception, de construction et d’exploitation autoroutière et de capacités financières à contribuer à la prise en charge des coûts d’investissement», indique Dominique Ndong, coordonnateur des grands travaux de l’Apix, pour justifier le procédé utilisé. Des conditions qui ont toutes été réunies par l’entreprise de droit sénégalais.
La durée des travaux ramenée de 40 à 22 mois
Le choix porté sur Eiffage Sénégal obéit, par ailleurs, à un souci de rapidité. «On aurait pu opter pour un appel d’offres en deux phases», indique Dominique Ndong. D’abord suivant le code des marchés publics ou suivant la loi C.E.T pour intégrer les phases construction, exploitation et entretien. Mais ce processus aurait duré plus de 40 mois. Un délai qui, selon le coordonnateur des grands travaux de l’Apix, est «incompatible avec l’urgence attachée à la réalisation du prolongement de l’autoroute». Malgré les critiques, qui lui sont faites, l’Apix semble tout à fait à l’aise avec ce procédé. Ce, d’autant qu’il est légal et opportun, de l’avis de son conseiller juridique. «Un contrat complémentaire a pour base, une nécessité qui vient de l’autorité compétente et une infrastructure commune dont l’autorité décide de son expansion. Et enfin, il faut qu’il s’agisse d’une infrastructure en cours de réalisation», détaille Me François Sarr. Tous ces critères étant réunis dans le cas d’espèce, le marché complémentaire est bien légal.
Au-delà de sa légalité, il est aussi jugé opportun par les autorités de l’Apix, en cela qu’il constitue un intérêt aussi bien pour les usagers que pour les autorités. «Il va permettre de tirer profit du contrat en cours pour optimiser les coûts. Une stabilisation des coûts qui permet à l’Etat de se prémunir contre les risques d’imprévus et aléas de chantiers ; les risques de construction étant transférés à l’opérateur privé», relève le directeur général. Même si dans les prévisions, la réalisation du dernier tronçon Diamniadio-Aibd devrait se faire en 22 mois, il faut attendre que le projet soit avalisé. Si le Conseil des infrastructures a déjà donné un avis favorable pour le projet, il reste l’approbation du ministre des Finances et du président de la République. De ce fait, estime M. Ndong, il est encore prématuré de parler de chiffre. «Le marché n’étant pas encore signé, on ne peut avancer un montant», dit-il.