Skip to main content
L'arbitre somalien raconte son calvaire américain
Onze heures de questions sur Al Shabab, une cellule de rétention, un billet retour forcé vers Istanbul. Omar Artan témoigne au New York Times comment l'administration Trump a mis fin au plus grand rêve de sa vie, la veille de l'ouverture du Mondial 2026
 
ID
1005541
{"id":1005541,"title":"L'arbitre somalien raconte son calvaire américain","subheadline":"Onze heures de questions sur Al Shabab, une cellule de rétention, un billet retour forcé vers Istanbul. Omar Artan témoigne au New York Times comment l'administration Trump a mis fin au plus grand rêve de sa vie, la veille de l'ouverture du Mondial 2026","image":"/sites/default/files/2026-06/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-10%20a%CC%80%2000.25.22.png","link":"/article/larbitre-somalien-raconte-son-calvaire-americain"}

(SenePlus) – Onze heures d'interrogatoire dans une petite salle, puis une cellule de détention, puis un vol retour vers Istanbul. Omar Abdulkadir Artan raconte pour la première fois son calvaire américain. Dans un entretien accordé au New York Times le 10 juin 2026, signé Matthew Mpoke Bigg, l'arbitre somalien met des mots sur la destruction d'un rêve de toute une vie.

Depuis Istanbul, où il attend de rentrer à Mogadiscio, Artan ne cache pas son amertume. « Je suis très, très déçu. Je suis simplement un arbitre qui essaie de vivre son rêve, le plus grand rêve de ma vie, celui de venir à la Coupe du monde », confie-t-il au New York Times. Ce qui le révolte particulièrement, c'est l'absurdité procédurale de son refoulement : « J'avais les bons papiers et tout ce qu'il fallait. J'avais le bon visa. » Il avait aussi présenté sa documentation FIFA et des photos retraçant plus d'une décennie de carrière arbitrale. Les agents frontaliers ont même consulté des ressources en ligne détaillant son parcours. Rien n'y a fait.

L'interrogatoire a duré onze heures. Les questions portaient sur la politique somalienne et, de manière insistante, sur le groupe militant Al Shabab. « Je pense qu'ils ont un problème avec mon pays », dit-il simplement.

Ce qui rend l'affaire particulièrement lourde de sens, c'est ce qu'Artan représentait. Arbitre de l'année 2025 de la Confédération africaine de football, il aurait été le premier Somalien à officier lors d'une Coupe du monde. Il se préparait à ce tournoi depuis quatre ans, suivant des formations FIFA au Qatar et aux Émirats arabes unis. « Officier lors d'un match de Coupe du monde aurait été un symbole pour tous les Somaliens de ce qu'ils peuvent accomplir malgré les difficultés de leur pays », rapporte le New York Times.

L'administration Trump a imposé des restrictions de voyage sévères à la Somalie. En décembre dernier, le président américain avait qualifié les immigrants somaliens de « déchets » lors d'une sortie à la Maison-Blanche, ajoutant que la Somalie n'était « même pas un pays ». Le New York Times soulève par ailleurs une question restée sans réponse : pourquoi Artan n'a-t-il pas pu être affecté aux matchs organisés au Mexique ou au Canada, les deux autres pays co-organisateurs ?

Son cas n'est pas isolé. Plus d'une dizaine de membres du staff de l'équipe d'Iran se sont également vu refuser l'entrée aux États-Unis, même si les joueurs iraniens ont finalement obtenu leurs visas après des mois d'incertitude liés à la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran.

La FIFA, de son côté, maintient qu'elle « n'est pas impliquée dans les processus d'immigration des pays hôtes ». Une posture que beaucoup, dans le monde du football, trouvent de plus en plus difficile à défendre.

1005541
ID
1005541
Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3