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L'assemblée nationale, bras armé de Sonko ?
L'ancien député Théodore Chérif Monteil critique la proposition de loi Pastef sur les articles 29 et 30 du code électoral, qu'il juge "taillée pour une personne" et dangereuse pour la démocratie
 
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1003906
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  • https://www.youtube.com/watch?v=Y6544OepOYM

La proposition de loi déposée par le groupe parlementaire Pastef pour modifier les articles 29 et 30 du code électoral suscite la controverse. Ces articles, qui prévoient l'inéligibilité automatique et définitive en cas de certaines condamnations, sont au cœur d'un débat sur l'avenir politique d'Ousmane Sonko en vue de 2029.

"Au début je pensais que c'était un poisson d'avril. C'est après que je me suis rendu compte que c'est une véritable proposition de loi qui a été déposée au niveau du bureau de l'Assemblée nationale", a déclaré Théodore Chérif Monteil sur le plateau de TFM. L'expert parlementaire rappelle que ces dispositions ont été utilisées pour éliminer des figures politiques majeures : "C'est ça qui a permis d'éliminer Khalifa Sall. C'est ça qui a permis d'éliminer Karim Wade. C'est ce qui a permis d'éliminer Ousmane Sonko", a-t-il affirmé lors de l'émission.

Si Monteil reconnaît que ces articles "ont fait beaucoup de mal" et sont "en total déphasage avec les grands traités internationaux" signés par le Sénégal, il dénonce la méthode employée. "Quand on fait ça, l'opinion commence à penser, comme vous l'avez dit à l'entrée en propos, que c'est une loi taillée pour une personne. Les lois personnelles sont dangereuses parce que demain un autre président ou un autre groupe de députés va venir tailler une autre loi pour une personne", a-t-il mis en garde.

L'ancien député insiste sur la nécessité d'un consensus : "Depuis 1992, chaque modification du code électoral se fait par consensus donc les acteurs politiques parce que c'est un moyen d'arbitrage. Quand on va en compétition, les acteurs doivent être d'accord sur les règles." Selon lui, cette réforme aurait dû s'inscrire dans le cadre des grandes réformes institutionnelles promises par le président Bassirou Diomaye Faye lors de son adresse à la nation du 31 décembre 2025.

Une Assemblée nationale transformée en "chambre d'enregistrement"

L'analyse de Monteil se fait particulièrement critique sur le fonctionnement de l'actuelle législature. "Au démarrage de la législature avec la modernisation du vote, avec la modernisation de l'hémicycle, avec la présence effective des députés dans les commissions en plénière et cetera, tout le monde était très content mais on voit de plus en plus que l'Assemblée nationale redevient une chambre d'enregistrement", a-t-il constaté.

Le spécialiste dénonce une dérive inquiétante : "Aujourd'hui de plus en plus on se rend compte que c'est le bras armé d'un homme politique et que tout ce que le patron de la majorité veut faire passer, les députés le font passer. Ils le disent eux-mêmes. Ils sont là pour faire passer ce que dit leur patron." Plus alarmant encore, selon ses propos sur TFM, certains députés affirment "qu'ils n'ont même pas besoin de lire la loi, ils votent parce que ça vient de leur camp".

Face à cette situation, Monteil appelle les citoyens à "équilibrer l'Assemblée nationale" en évitant de "donner toute la force au camp de l'exécutif". Il plaide également pour une réforme du règlement intérieur inspirée du modèle français, où "la majorité ne peut pas diriger la commission des finances qui est la commission la plus importante".

Économie et pacte social : "On ne gouverne pas en faisant peur"

Sur le front économique, l'ancien député s'est montré particulièrement critique des récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko annonçant "des lendemains difficiles". "Un gouvernement n'est pas là pour faire peur aux populations. Un gouvernement est là pour faire de la prospective, donner de l'espoir et pour anticiper, régler les problèmes, proposer des solutions et donner de l'espoir surtout", a-t-il martelé sur TFM.

Monteil souligne la rupture du pacte social, illustrée par les multiples mouvements de grève : transporteurs, médecins, enseignants, personnel universitaire et sanitaire. "Le pacte social est rompu. Et quand le pacte social est rompu, le Premier ministre, chef du gouvernement doit avoir une attitude responsable. On ne peut pas faire des déclarations qui font peur aux populations", a-t-il déclaré lors de l'émission.

L'expert pointe également une contradiction majeure : "Pourquoi on veut que les gens se serrent la ceinture alors que l'État ne diminue pas son train de vie ? Le train de vie de l'État n'a pas diminué", a-t-il affirmé, rappelant que "l'État est une continuité" et qu'on "ne peut pas signer des accords et refuser de les appliquer".

Concernant la controverse CAF sur le match Sénégal-Maroc, Monteil a été catégorique : "Le ridicule ne tue pas à la CAF", estimant que "dans le jeu, le Sénégal a prouvé du début à la fin de la compétition qu'il méritait cette coupe d'Afrique".

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