(SenePlus) - Ce vendredi 3 juillet 2026, à l'occasion du Conseil interministériel sur la prévention et la gestion des inondations, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a interpellé ses ministres avec une franchise qui tranche avec le langage feutré des réunions de gouvernement.
Pointant du doigt une culture de l'impunité administrative qu'il juge insupportable, le chef du gouvernement a exigé que les membres du cabinet usent sans hésitation de leur pouvoir hiérarchique : « Messieurs les ministres, Mesdames les ministres, faites des demandes d'explication. »
C'est en convoquant un concept islamique que le Premier ministre a frappé le plus fort. Le « Masla » — terme arabe désignant l'intérêt public, utilisé en jurisprudence islamique pour trancher des situations non explicitement traitées par les textes sacrés — a, selon lui, été dévoyé à la sénégalaise. « En arabe, Masla, c'est l'intérêt public. Et nous, le Masla, c'est vous fermez les yeux, vous laissez faire. C'est inadmissible », a-t-il lancé, visiblement déterminé à mettre fin à cette forme de laxisme institutionnalisé.
Sur le fond, le Conseil interministériel a arrêté une feuille de route articulée autour de trois piliers : rigueur, anticipation et approche inclusive. Les mesures spécifiques retenues portent sur l'accélération des travaux d'assainissement, la prévention des risques liés aux inondations, le renforcement de la sensibilisation des populations et la gestion des crues fluviales.
La tenue de ce conseil intervient alors que le Sénégal se prépare, comme chaque année, à affronter une saison des pluies dont les effets dévastateurs sur les quartiers populaires des grandes villes — et en particulier de la banlieue dakaroise — constituent un défi récurrent que les gouvernements successifs n'ont pas réussi à résoudre durablement.