(SenePlus) - Le président Bassirou Diomaye Faye a confié les dossiers constitutionnels à Meïssa Diakhaté, universitaire et spécialiste du droit public appelé à succéder à Sidy Alpha Ndiaye. Cette nomination intervient dans un contexte marqué par d'importants débats sur les institutions, les rapports entre l'Exécutif et le Parlement et les projets de réforme constitutionnelle.
Dans un portrait publié ce 3 juillet 2026, EnQuête, présente le parcours d'un juriste dont la carrière s'est construite essentiellement dans l'enseignement supérieur, la recherche et l'administration publique. Selon le quotidien, le professeur s'est distingué par une trajectoire traversant plusieurs alternances politiques, tout en revendiquant une indépendance vis-à-vis des formations partisanes.
EnQuête rappelle que Meïssa Diakhaté avait récemment occupé les fonctions de directeur de cabinet du ministre du Pétrole, Birame Souleye Diop. Cette désignation avait suscité des interrogations au sein d'une partie de la majorité, certains lui reprochant d'avoir travaillé avec des responsables de l'ancien pouvoir. L'universitaire avait alors défendu son statut de chercheur et de technicien du droit, affirmant n'avoir jamais milité dans un parti politique et revendiquant un engagement exclusivement tourné vers le service de l'État.
Toujours selon EnQuête, son parcours professionnel l'a conduit à exercer sous les présidences d'Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, Macky Sall et aujourd'hui Bassirou Diomaye Faye. Enseignant, inspecteur de l'Éducation, consultant, directeur de cabinet au ministère de la Justice, responsable universitaire ou encore formateur dans des écoles militaires et judiciaires, il a progressivement acquis une réputation d'expert des institutions et du droit constitutionnel.
Le quotidien met également en avant ses prises de position récentes sur le fonctionnement des institutions sénégalaises. Lors de plusieurs interventions publiques, Meïssa Diakhaté a notamment soutenu qu'une véritable cohabitation n'était pas prévue par la Constitution sénégalaise, estimant que le président de la République conserve une place prépondérante dans l'équilibre institutionnel. Il a également plaidé pour une réflexion plus large sur l'évolution du régime politique afin de mieux répartir les pouvoirs entre les différentes institutions.
Pour EnQuête, ces analyses, combinées à son expertise reconnue en droit constitutionnel, expliquent en partie le choix du chef de l'État. Dans une période où les réformes institutionnelles occupent une place centrale dans l'agenda politique, le président disposerait ainsi d'un conseiller rompu aux questions juridiques et administratives, capable d'éclairer les décisions de l'Exécutif sur des dossiers particulièrement sensibles.
Le journal souligne, par ailleurs, que Meïssa Diakhaté, né à Thiès en 1968, est considéré comme l'une des principales références en droit public à l'Université Cheikh Anta Diop. Sa carrière, marquée par des responsabilités dans l'administration, l'enseignement et la recherche, lui vaut une reconnaissance qui dépasse les clivages politiques.