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Le ministre français de la Défense au Mali pour encourager ses troupes
 
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GAO (Mali), 07 mars 2013 (AFP) - Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian s'est rendu jeudi dans le nord du Mali, pour saluer le "don de soi" des soldats français qui y mènent, avec d'autres troupes africaines, un combat acharné contre les islamistes armés qui s'y sont retranchés.

M. Le Drian, qui doit rester jusqu'à vendredi au Mali, a débuté sa visite par le massif des Ifoghas, près de la frontière avec l'Algérie, où se déroulent les combats les plus durs contre les jihadistes armés liés à Al-Qaïda, repliés là depuis la reconquête par les troupes françaises et africaines des principales villes du Nord malien: Gao, Tombouctou et Kidal.

Il s'est ensuite brièvement rendu à Gao, avant de partir pour Bamako où il séjournera jusqu'à vendredi soir et où il doit rencontrer le président malien par intérim Dioncounda Traoré et son Premier ministre Diango Cissoko.

"Mon premier sentiment est la fierté", a déclaré à Gao M. Le Drian dans une allocution devant environ 250 soldats qui ont chanté la Marseillaise (hymne national français) avec lui, a constaté une correspondante de l'AFP.

Il a salué "les qualités professionnelles, le courage, le sang-froid, le don de soi" des militaires français engagés au Mali, "jusqu'au don de votre vie".

C'est dans la région de Gao qu'est mort mercredi le quatrième soldat français depuis le début, le 11 janvier, de l'intervention armée de la France pour chasser les jihadistes qui occupaient le Nord depuis neuf mois.

"Au-delà de ces quatre morts, c'est l'engagement de la France que vous portez, l'engagement pour nos valeurs", a affirmé M. Le Drian.

L'objectif de sa visite dans le nord du Mali est d'adresser "un message de fierté et d'encouragement" aux soldats français, selon le ministère de la Défense à Paris. "En délogeant les jihadistes de leurs derniers bastions, vous êtes les têtes de pont de cette guerre sans répit que la France a décidé de livrer contre les groupes terroristes qui sévissent encore au Mali", a déclaré M. Le Drian dans les Ifoghas, cité dans un communiqué du ministère.

Quelque 4.000 militaires français sont engagés au Mali, dont une partie se bat aux côtés de quelque 800 soldats tchadiens dans le massif montagneux des Ifoghas, où sont retranchés des islamistes et leur armement.

A Ametettai, une vallée des Ifoghas, M. Le Drian s'est fait présenter les munitions et armements saisis, dont trois canons russes de 122 mm, des mitrailleuses et lance roquettes. Il y avait aussi, selon le ministère de la Défense, plus de 1.000 roquettes et grenades, 60.000 munitions, 1.500 obus et du matériel pour fabriquer des explosifs artisanaux.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) "était installée dans cette zone et souhaitait y rester durablement", a déclaré à Paris le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major français. Il a aussi jugé "probable qu'une partie des terroristes a réussi à s'échapper".

Le bilan global depuis le début de l'opération française au Mali est évalué par l'armée française à "plusieurs centaines" de combattants islamistes tués, mais ce bilan ne tient pas compte des pertes infligées aux islamistes par les soldats tchadiens qui ont perdu 26 des leurs.

"70% du travail a été fait"

Le président François Hollande a annoncé mercredi que le début du retrait français se ferait à partir d'avril, ce qu'a confirmé jeudi son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. "Ca ne veut pas dire qu'on va partir du jour au lendemain, il faut être très pragmatique, ça dépendra de ce qui se passe sur le terrain", a précisé M. Fabius.

Il a par ailleurs indiqué que des tests ADN étaient pratiqués sur des corps d'islamistes tués au Mali, afin de déterminer s'il s'agissait bien de deux de leurs principaux chefs, Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar, donnés pour morts par le Tchad, ce que n'a toujours pas confirmé Paris, faute de preuves suffisantes.

Le général Ibrahim Dembélé, chef d'état-major des armées maliennes a de son
côté affirmé à la presse à Gao que "plus de 70% du travail a été fait" contre les islamistes armés retranchés dans la région comprise entre Gao, Kidal et
Tessalit.

"Les éléments résiduels continueront à semer la panique, la sécurité totale n'existe nulle part", a reconnu le général Dembélé.

Parallèlement à l'opération militaire, les autorités maliennes ont commencé à mettre en place les instruments devant permettre de trouver une solution politique au Mali, réclamée par ses partenaires étrangers.

La création d'une Commission dialogue et réconciliation a été entérinée mercredi par le Conseil des ministres, dont les membres vont être rapidement désignés par le président malien par intérim Dioncounda Traoré.

La Commission devra "rechercher, par le dialogue, la réconciliation entre toutes les communautés maliennes", et aussi "recenser les forces politiques et sociales concernées par le processus de dialogue de réconciliation".

Sa création a été saluée "une étape importante" vers la réconciliation par l'Union européenne (UE).

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