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Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc via le Sénégal reprend vie
Dakar dont les découvertes offshore ont relancé le programme à 25 milliards de dollars, pourrait livrer le premier gaz dès 2031 selon Bloomberg, mais des tensions diplomatiques avec Rabat planent
 
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(SenePlus) - Les découvertes gazières au large du Sénégal et de la Mauritanie donnent un nouvel élan à un projet vieux de dix ans. Dakar pourrait voir arriver le premier gaz dès 2031, mais les tensions avec Rabat autour d'un différend footballistique interrogent sur l'enthousiasme sénégalais.

Un rêve vieux de dix ans prend forme. Le gazoduc Nigeria-Maroc, conduit géant de 6 900 kilomètres initialement jugé irréalisable lorsque le Maroc l'a proposé en 2016, franchit une étape décisive avec les découvertes gazières offshore au Sénégal et en Mauritanie. Bloomberg, dans un article publié le 30 avril 2026 et signé Souhail Karam, révèle qu'une entreprise publique marocaine a annoncé ce mois-ci qu'elle commencerait à chercher des financements pour ce projet estimé à 25 milliards de dollars.

Le Sénégal se retrouve au centre de cette ambition panafricaine. Les gisements de gaz découverts dans les eaux sénégalaises, aux côtés de ceux de la Mauritanie et du Nigeria, doivent alimenter ce gazoduc qui reliera une douzaine de pays africains avant de rejoindre l'Europe via le pipeline Gas Maghreb Europe existant vers l'Espagne.

La guerre en Iran, accélérateur inattendu

Le timing n'est pas anodin. Alors que la guerre en Iran entre dans son troisième mois et que l'Europe cherche désespérément des approvisionnements énergétiques alternatifs hors du Moyen-Orient, Bloomberg souligne que "le gazoduc ressemble à un concept dont le moment est venu".

Le projet prévoit une capacité totale combinée de 30 milliards de mètres cubes, bien que les gisements gaziers du Nigeria nécessitent des investissements massifs pour atteindre ce niveau. C'est là que le Sénégal se distingue : selon l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) marocain cité par Bloomberg, "le premier gaz de là-bas [du Sénégal] pourrait arriver en 2031".

Comprenant plusieurs segments offshore et onshore, le gazoduc reliera les dépôts de gaz au Nigeria, au Sénégal et en Mauritanie avec dix nations africaines. "Pour l'instant, la partie à partir du Sénégal pourrait être la plus immédiatement réalisable", note Bloomberg, plaçant ainsi Dakar dans une position stratégique pour la première phase opérationnelle du projet.

Des tensions diplomatiques qui planent

Bloomberg pointe cependant un obstacle potentiel : "Un récent différend footballistique a tendu les relations entre le Maroc et le Sénégal, et Dakar n'a pas encore montré qu'il était aussi enthousiaste par le plan que Rabat."

Cette réserve sénégalaise intervient dans un contexte géopolitique régional complexe. Le Maroc est empêtré dans une longue querelle avec l'Algérie, qui propose un gazoduc rival à travers le Sahara. La Mauritanie, essentielle au projet marocain, devra naviguer prudemment pour éviter de froisser l'un ou l'autre de ses puissants voisins.

Une douzaine de pays ont déjà signé le projet, et d'autres nations devraient rejoindre un pacte plus tard cette année pour établir une société qui structurera le financement et le développement.

Malgré ces défis, Bloomberg conclut sur une note optimiste : "Mais au moins, la région se réveille sur les possibilités." Les découvertes gazières offshore au Sénégal et en Mauritanie ont ajouté un élan crucial à un projet qui, il y a dix ans, semblait relever de la pure utopie.

Pour le Sénégal, il s'agit de monétiser ses ressources gazières récemment découvertes, de sécuriser une source de revenus à long terme et de jouer un rôle clé dans la sécurité énergétique africaine et européenne à une époque où la géopolitique de l'énergie se redessine sous l'effet des conflits au Moyen-Orient.

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