(SenePlus) - Selon Reuters, Dakar a formellement engagé un processus de sélection pour recruter un conseiller sur les questions de dette, alors que les investisseurs surveillent de près la stratégie du pays face à un endettement qui dépasse le quart de son économie.
Le Sénégal a officiellement lancé un processus de sélection pour recruter un conseiller financier chargé des questions de dette, selon deux sources citées par l'agence Reuters, sous la plume de Karin Strohecker, Portia Crowe et Libby George. Une démarche suivie de près par les investisseurs internationaux, qui scrutent la stratégie du pays face à un fardeau financier dont l'ampleur avait été révélée en 2024.
Le gouvernement sénégalais s'emploie en effet à assainir les finances publiques depuis cette date, lorsque la nouvelle administration d'alors avait mis au jour des dettes jusque-là non déclarées, qui ont fini par dépasser 13 milliards de dollars, soit plus du quart de l'économie nationale.
Cette initiative intervient après un remaniement gouvernemental au cours duquel le président Bassirou Diomaye Faye a limogé le Premier ministre Ousmane Sonko, l'un des opposants les plus virulents à toute restructuration de la dette. Sollicité par Reuters, le ministère des Finances sénégalais n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
Le cabinet parisien Global Sovereign Advisory (GSA) déjà à la manœuvre
Dakar avait annoncé en novembre dernier que le cabinet parisien Global Sovereign Advisory (GSA) agissait déjà en tant que conseiller financier du gouvernement. Selon les sources de Reuters, si un nouveau mandat venait à être attribué à une autre structure, celle-ci pourrait travailler aux côtés de GSA, qui n'a pas répondu aux sollicitations de l'agence.
Largement exclu des marchés internationaux de la dette, le Sénégal s'est appuyé sur des emprunts régionaux ainsi que sur des montages financiers complexes, tels que des swaps de rendement total, pour éviter le défaut de paiement. Le pays négocie par ailleurs un nouveau programme de prêt avec le Fonds monétaire international depuis que celui-ci a suspendu un précédent programme de 1,8 milliard de dollars, à la suite de la révélation des dettes dissimulées.
Ousmane Sonko, qui dirige désormais l'Assemblée nationale, avait affirmé que le FMI souhaitait pousser le pays vers le défaut de paiement, une accusation à laquelle l'institution a répondu que les décisions relatives à la gestion de la dette relevaient du pays concerné.
La semaine dernière, le directeur du département Afrique du FMI, Zeine Zeidane, a comme le rappelle Reuters, indiqué à la RTS, à l'issue d'une rencontre avec le président Faye à Dakar, espérer que les deux parties engagent des discussions actives dans les dix jours à venir, précisant souhaiter qu'à l'issue de ces échanges, les négociations sur un nouvel accord puissent progresser rapidement.