Désormais, tout étudiant âgé de plus de 30 ans ne peut plus prétendre à une bourse d’études, sauf dérogation. C’est le principal enseignement de l’arrêté sorti le 6 novembre dernier et fixant les critères de renouvellement des allocations de bourses nationales.
Par arrêté ministériel en date du 6 novembre dernier, de nouveaux critères de renouvellement des allocations des bourses nationales pour les niveaux baccalauréat+2, Licence, Master, cycle préparatoire et cycle ingénieur ont été fixés. L’article 2 de ce document stipule que, désormais, « tout étudiant âgé de plus de 30 ans ne peut plus prétendre à une bourse pour aucun cycle, sauf dérogation exceptionnelle pour le cycle de Doctorat ». L’autre nouveauté contenue dans cet arrêté est que, dorénavant, « le paiement de la bourse se fait sur présentation du certificat d’inscription dûment établi par l’établissement habilité ». Lansana Konaté, le directeur des Bourses, a estimé que « l’objectif visé à travers ces changements est de permettre à ce que les bourses soient un moyen d’accompagnement et de réussite de l’étudiant ». Il a rappelé, lors d’un point de presse tenu hier, que « contrairement à ce que l’on entend, la bourse n’est pas octroyée pour lut- ter contre la pauvreté. Agir de la sorte déplacerait son objectif ». S’exprimant sur le renouvellement systématique des bourses, M. Konaté a indiqué qu’à l’heure actuelle, tous les étudiants qui se sont inscrits et dont les certificats d’inscription ont été reçus à la direction des Bourses sont soit en train d’être payés, soit leur état de paiement est en train d’être établi. Par contre, il a précisé que rien n’a changé pour les nouveaux bacheliers dont les bourses ont toujours été accordées sur la base des résultats au baccalauréat et de critères sociaux. « Tout bachelier aura une bourse (entière ou demie) ou, à défaut, une aide annuelle », a assuré Lansana Konaté. Au-delà des critères de renouvellement, la nouvelle politique intègre l’attribution et la conservation de la bourse. A cet égard, l’arrêté indique, à son article premier, qu’un seul redoublement est autorisé dans un cycle. Tout second redoublement dans un même cycle entraîne la suppression automatique de la bourse, laquelle ne peut plus être récupérée dans le même cycle.
Par ailleurs, un seul redoublement en Master II entraîne la perte de la bourse. Quant à la revalorisation de la bourse ainsi qu’à l’attribution d’une bourse à la suite de réussite aux examens, l’arrêté souligne qu’elles sont accordées sur la base du nombre de bourses entières ou de demi-bourses qui est fixé chaque année, d’un commun accord entre le ministère de l’Economie et des Finances et le ministère en charge de l’Enseignement supérieur. Concernant les anciens étudiants qui n’ont pas encore de bourse, le directeur a déclaré qu’en cas de succès, ils peuvent formuler une demande afin de l’obtenir, de même qu’un étudiant en situation de réussite peut demander la revalorisation de sa bourse. Par ailleurs, M. Konaté a révélé que l’enveloppe financière allouée aux bourses nationales est passée de 28 milliards de FCfa en 2011 à 39 milliards de FCfa en 2013. Ce qui témoigne, selon lui, de « l’effort consenti par le gouvernement actuel ».
Toutefois, il a donné l’assurance qu’ils veilleront à ce qu’il y ait plus de transparence et d’équité dans l’octroi des allocations d’études. Pour rappel, la révision de la politique nationale d’attribution et de renouvellement des bourses est une recommandation de la Concertation nationale sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal.