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Les fanfaronnades américaines aux portes de l'Iran
Alors que Donald Trump annonce le passage victorieux de deux destroyers et le début d'un blocus américain dans le détroit d'Ormuz, les experts militaires doutent fortement de la faisabilité d'une telle opération face à la menace iranienne
 
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(SenePlus) - À la suite de l'échec des pourparlers irano-américains au Pakistan, Donald Trump a ordonné un blocus naval du détroit d'Ormuz, officiellement effectif ce lundi 13 avril 2026 à 16h (heure de Paris). Si Washington se targue d'avoir déjà fait franchir le détroit à deux de ses destroyers, l'opération suscite de nombreuses interrogations quant à sa faisabilité militaire face aux menaces iraniennes.

La crise s'envenime dans le golfe Persique. Le président américain Donald Trump a confirmé dimanche 12 avril le déclenchement d'une opération d'envergure visant à instaurer un blocus sur le détroit d'Ormuz. Comme le rapporte la journaliste Élise Vincent dans un article publié ce lundi 13 avril par Le Monde, l'objectif affiché par le Commandement central américain (Centcom) est de bloquer, dès 16h, tous les navires « entrants ou sortant des ports et des zones côtières iraniennes ».

Depuis le début de la guerre, Téhéran orchestre la paralysie de cette artère par laquelle transite habituellement 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Plus de 500 navires de très fort tonnage se retrouvent ainsi bloqués dans le golfe Persique. Avec ce blocus, l'administration Trump entend couper les revenus pétroliers de l'Iran et empêcher le pays de prélever des droits de passage exorbitants sur les rares cargos autorisés à circuler.

Pour prouver sa détermination, Washington a annoncé que deux de ses navires, l'USS Frank E. Petersen Jr et l'USS Michael Murphy, avaient déjà réussi à franchir le détroit. Toutefois, cette première percée symbolique pose plus de questions qu'elle n'apporte de certitudes.

L'énigme du passage des destroyers américains

Le Monde révèle que la communication militaire américaine est restée particulièrement évasive, ne diffusant qu'une seule photographie de l'événement. En face, la propagande iranienne a rapidement répliqué en publiant une vidéo montrant prétendument l'un de ces destroyers menacé de tirs s'il ne rebroussait pas chemin.

La portée réelle de cette incursion reste floue. Louis Borer, analyste au cabinet de conseil Risk Intelligence, souligne dans Le Monde que « ces deux destroyers ne peuvent, à eux seuls, bloquer le détroit. Ils peuvent juste maintenir une pression ». Il interprète cette manœuvre comme une démonstration de force américaine, destinée à rassurer les monarchies du Golfe après l'effondrement des négociations.

Le défi logistique et militaire est immense. L'Iran a récemment affirmé avoir miné une zone de 1 400 kilomètres carrés. Donald Trump a évoqué une vaste opération de déminage, affirmant que le Royaume-Uni et d'autres alliés enverraient des dragueurs de mines. Cependant, les spécialistes cités par Le Monde jugent cette entreprise « improbable » à l'heure actuelle.

Si les deux destroyers américains sont accompagnés de drones sous-marins détecteurs de mines, ces équipements ne suffisent pas pour sécuriser intégralement la zone. Les navires américains les plus performants pour ce type de mission — les Littoral Combat Ships (USS Canberra, USS Santa Barbara et USS Tulsa) — ont récemment quitté le Golfe. L'un d'eux croise actuellement près de Diego Garcia, dans l'océan Indien, devenu une base arrière stratégique pour les opérations américaines.

Pendant que les États-Unis durcissent le ton, s'appuyant sur un arsenal de 15 navires de guerre, la coalition de 35 pays formée fin mars pour débloquer le détroit reste prudente. Coordonnés par la France depuis l'état-major des armées à Paris, les travaux de cette alliance sont qualifiés de « distincts » de l'initiative américaine, signe d'une volonté européenne de ne pas s'aligner systématiquement sur l'unilatéralisme de Washington.

Une une à l'humour cinglant publiée récemment par le quotidien sénégalais La Dépêche rappelait d'ailleurs l'omniprésence du fracas diplomatique américain, contrastant avec l'approche plus mesurée des diplomaties francophones. Reste à savoir si la menace de Donald Trump, promettant une élimination « rapide et brutale » des navires iraniens récalcitrants, suffira à faire plier Téhéran ou précipitera la région dans un embrasement total.

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