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Les futures réformes territoriales menacent le calendrier électoral
L'imminence de vastes chantiers institutionnels, dont le très attendu Acte 4 de la décentralisation, rend l'hypothèse d'un report de plus en plus crédible, l'exécutif devant d'abord faire passer ces textes cruciaux à l'Assemblée
 
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À sept mois du terme du mandat des exécutifs locaux, l'absence de calendrier électoral alimente les interrogations sur la tenue des élections municipales et départementales de 2027. Alors que la société civile et le leader du Pastef, Ousmane Sonko, s'opposent à tout report, les importantes réformes institutionnelles annoncées par le chef de l'État, notamment l'Acte 4 de la décentralisation et la refonte du système politique, pourraient peser sur l'agenda électoral.

Alors que l'on se rapproche de la fin du mandat des élus locaux, la question de l'organisation des prochaines élections municipales et départementales suscite de plus en plus de réactions. Dernière en date : la sortie du directeur exécutif de l'ONG 3D, Moundiaye Cissé. Dans une publication diffusée sur le réseau social X le 8 juin dernier, le responsable de la société civile a clairement affirmé l'opposition de la société civile à tout report desdites élections. « La société civile est opposée à tout report des élections. M. le président, il est temps de rendre visible l'horloge électorale : calendrier des élections locales, période de révision des listes électorales, etc. » Cette sortie intervient deux jours après la mise en garde de l'ancien Premier ministre et président du parti Pastef, Ousmane Sonko, au chef de l'État contre tout report des élections locales prévues en 2027. En effet, s'exprimant devant ses partisans lors d'un meeting organisé au Dakar Arena le 6 juin dernier, au lendemain de sa réélection à l'unanimité à la tête de Pastef lors du premier congrès ordinaire de ce parti créé en 2014, Ousmane Sonko a clairement indiqué que « le Pastef ne sera pas d'accord pour un report des élections locales. Nous sommes prêts », avant de préciser qu'« un report d'élections n'est d'ailleurs pas possible au Sénégal sans un passage à l'Assemblée nationale ».

À environ sept mois du renouvellement des exécutifs locaux, aucun décret présidentiel convoquant le corps électoral n'a encore été pris par le président de la République pour permettre à l'administration, notamment à la Direction générale des élections (DGE), d'enclencher le processus de démarrage des opérations préalables de révision des listes électorales. Toutefois, au-delà de ces appels, tout laisse croire que l'on chemine tout droit vers un report. Cette hypothèse est d'autant plus plausible que la question de l'opportunité d'organiser ces élections avant ou après les réformes institutionnelles annoncées par le régime en place se pose avec acuité. En effet, conformément à ses engagements pris lors de l'élection présidentielle de 2024, l'actuel chef de l'État a initié plusieurs réformes dont l'impact sur le fonctionnement des collectivités territoriales est réel, mais dont les projets n'ont toujours pas été transmis à l'Assemblée nationale pour examen. Il s'agit notamment de l'Acte 4 de la décentralisation, qui pourrait bouleverser l'organisation actuelle des collectivités territoriales avec l'avènement des pôles territoriaux. Ceux-ci devraient non seulement favoriser le regroupement de certaines communes, mais également remplacer les départements érigés en collectivités territoriales par l'Acte 3 de la décentralisation.

Outre l'Acte 4 de la décentralisation, la réforme du fonctionnement des institutions envisagée par le chef de l'État à travers les quatre avant-projets de loi issus des Dialogues nationaux sur la justice (2024) et sur le système politique (2025), rendus publics le 27 avril 2026, pourrait également avoir un impact significatif sur la tenue des prochaines élections locales. Ces textes, qui portent sur la révision de la Constitution, du Code électoral, de la Cour constitutionnelle ainsi que du régime des partis politiques, visent en effet à « réformer en profondeur le fonctionnement des institutions, le système électoral et l'encadrement de la vie politique au Sénégal ».
 

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