Skip to main content
Les huit freins d'une ambition nationale
Dans son rapport sur la souveraineté alimentaire au Sénégal, l’ANSTS a identifié un certain nombre de faiblesses qui freinent l’atteinte de notre pays à la souveraineté alimentaire avant de proposer des pistes de solutions
 
ID
1006865
{"id":1006865,"title":"Les huit freins d'une ambition nationale","subheadline":"Dans son rapport sur la souveraineté alimentaire au Sénégal, l’ANSTS a identifié un certain nombre de faiblesses qui freinent l’atteinte de notre pays à la souveraineté alimentaire avant de proposer des pistes de solutions","image":"/sites/default/files/2026-07/souverainete_alim.jpg","link":"/article/les-huit-freins-dune-ambition-nationale"}

L’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal (ANSTS) a tenu hier, mardi 21 juillet sa séance académique solennelle 2026 en présence du Président de la République Bassirou Diomaye Faye. Dans son rapport sur la souveraineté alimentaire au Sénégal qui a été rendu public à cette occasion, l’ANSTS a identifié un certain nombre de faiblesses qui freinent l’atteinte de notre pays à la souveraineté alimentaire avant de proposer des pistes de solutions.

Malgré les nombreuses politiques publiques, les réformes successives et les importants investissements engagés depuis l’indépendance pour renforcer la production nationale, les résultats attendus restent des ambitions affichées. . C’est le constat dressé par l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal (ANSTS) qui a présenté hier, mardi 21 juillet son rapport sur la souveraineté alimentaire, à l’occasion de sa séance académique solennelle 2026, présidée par le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye. Au-delà du diagnostic, l’académie a identifié les principaux obstacles qui entravent la réalisation de cet objectif.

Le professeur Amasou Tidiane Guiro, président de l’ANSTS, identifier la première faiblesse dans la fragmentation des politiques publiques qui nuit à la cohérence des interventions de l’Etat. A cette difficulté, s’ajoute l’absence d’une gouvernance intégrée, alors que les enjeux alimentaires dépassent largement le seul secteur agricole. « Elle mobilise différents secteurs et une telle complexité exige une coordination interministérielle forte et permanente », a laissé entendre le Pr Amadou Tidiane Guiro. Le rapport pointe un troisième obstacle qui est l’insuffisante implication des acteurs de terrain, qui devraient être associés à toutes les étapes des politiques publiques, depuis leur conception jusqu'à leur mise en œuvre. L'Académie relève les inégalités dans l'accès aux ressources productives, qui pénalisent particulièrement les jeunes et les femmes, ainsi que le vieillissement progressif de la population agricole, facteur supplémentaire de vulnérabilité.

La cinquième faiblesse concerne notre dépendance économique et financière jugée préoccupante. Selon le professeur Guiro, les ressources mobilisées sont en deçà des investissements nécessaires pour assurer une véritable transformation du secteur. La sixième c’est notre forte dépendance aux importations d’intrants agricoles, aux équipements, aux financements, aux nombreux produits qui sont importés. La septième faiblesse, c’est la valorisation encore insuffisante des résultats de recherche, de l’innovation et du conseil agricole . La huitième c’est la déconnection entre la production, la transformation, la commercialisation, la consommation et la nutrition. « Les politiques agricoles ont longtemps privilégié l’augmentation des volumes au détriment de la transformation et de la valorisation. L’augmentation de la production est certes une condition nécessaire, mais elle n’est pas suffisante pour régler nos problèmes d’alimentation et de sécurité alimentaire », a soutenu Amadou Tidiane Guiro.

Par ailleurs, il précise que ces faiblesses ne sont seulement que des repères dont il faut prendre en compte pour éviter les erreurs du passé.« Nous restons convaincus que la souveraineté alimentaire n peut être atteinte que par une transformation profonde, cohérente et durable de notre système agricole et agroalimentaire », indique-t-il .

 LA CREATION D’UN HAUT CONSEIL DEDIE A LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE PRECONISEE 

Pour contribuer à l’atteinte des objectifs de souveraineté alimentaire l’académie nationale des sciences et technique du Sénégal a formulé un certain nombre de recommandations. Parmi celles-ci, il demande à l’Etat d’adopter une approche systémique et une gouvernance multisectorielle qui intégré agriculture, élevage, pêche, commerce, environnement, industrie, éducation, santé, nutrition et production sociale, en plaçant la primature au cœur de la coordination avec des mécanismes transparents, inclusifs, un suivi- évaluation régulière et une forte implication des acteurs du secteur public et du secteur privé, des collectivités et de la société civile. Dans ce sens la création d’un haut conseil dédié à la souveraineté alimentaire pourrait être un outil pertinent. L’ANSTS suggère aussi la transformation des systèmes agroalimentaires avec une approche durable fondée sur l’agro écologie pour faire face aux effets du changement climatique qui réduit certaines productions de 25%. Elle a souligné également la nécessité de valoriser les ressources et savoirs locaux en adaptant les intrants aux écosystèmes nationaux et en réduisant la dépendance génétique externe. Les académiciens recommandent à l’Etat d’investir dans la recherche, l’innovation, la formation et redynamiser le conseil agricole de proximité et de mettre les femmes au cœur du changement. Enfin, l’académie invite le gouvernement à instaurer un patriotisme alimentaire, car la souveraineté alimentaire ne pourra réussir sans l’adhésion de l’ensemble des citoyens.

1006865
ID
1006865
Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3