Skip to main content
Les leaders de Diomaye-Président contraints d’enterrer leurs ambitions politiques
En appelant les différentes composantes à se fondre dans une même formation politique, cette nouvelle configuration risque de réduire les marges de manœuvre de plusieurs leaders alliés, contraints de revoir leurs stratégies et leurs ambitions politiques.
 
ID
1006375
{"id":1006375,"title":"Les leaders de Diomaye-Président contraints d’enterrer leurs ambitions politiques","subheadline":"En appelant les différentes composantes à se fondre dans une même formation politique, cette nouvelle configuration risque de réduire les marges de manœuvre de plusieurs leaders alliés, contraints de revoir leurs stratégies et leurs ambitions politiques.","image":"/sites/default/files/2026-07/pro_sonko.jpg","link":"/article/les-leaders-de-diomaye-president-contraints-denterrer-leurs-ambitions-politiques"}

Le projet de création d'un grand parti présidentiel, porté par le chef de l’Etat, pourrait rebattre les cartes au sein de la coalition Diomaye-Président. En appelant les différentes composantes à se fondre dans une même formation politique, cette nouvelle configuration risque de réduire les marges de manœuvre de plusieurs leaders alliés, contraints de revoir leurs stratégies et leurs ambitions sur l'échiquier politique.

Le jeu politique sénégalais est en pleine effervescence. En cause, les lignes bougent depuis que le chef de l'État a annoncé la création d'un grand parti présidentiel. Bassirou Diomaye Faye a d'ailleurs frappé un grand coup en attirant plus de 300 maires issus de l'ancien régime de Macky Sall. Ces derniers devraient venir renforcer les rangs de la future formation présidentielle, aux côtés des composantes de la coalition Diomaye-Président qui lui sont restées fidèles durant la période de tensions avec son ancienne formation politique, le PASTEF. Qu'en est-il, cependant, des alliés proches d'Ousmane Sonko qui ont choisi de rester au sein du gouvernement ? 

Le ministre Abdourahmane Diouf, figure stratégique, aux côtés de Mimi Touré, de la nouvelle configuration politique autour du chef de l'État, les appelle en tout cas à soutenir le Président Bassirou Diomaye Faye pour un second mandat. Il rappelle qu' «on ne peut pas servir un président tout en soutenant un autre projet politique». 

Si certains, à l'instar de Moustapha Guirassy, Boubacar Camara, Cheikh Tidiane Dièye et Déthié Fall, devront tôt ou tard clarifier leur position entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, Me Moussa Diop, lui, a déjà choisi son camp. Le leader du parti, AND GOR JOTNA, a salué l'initiative de création d'un grand parti présidentiel. Selon lui, cette démarche s'inscrit dans une dynamique de clarification et de structuration de l'espace politique national. En tant que membre de la coalition Diomaye-Président, Me Moussa Diop réaffirme son soutien total à cette initiative et sa disponibilité à œuvrer, aux côtés du chef de l'État et de l'ensemble des alliés, à la consolidation des institutions et à la mise en œuvre du projet de transformation systémique du Sénégal. Il invite également l'ensemble de ses militants et sympathisants à rester mobilisés et unis autour de cette nouvelle étape, présentée comme un gage de stabilité et de continuité pour le pays. 

Toutefois, d'autres responsables politiques affichent davantage de prudence. C'est le cas de Bougar Diouf, président de l'Union des Panafricanistes Sénégalais (UPS), qui s'interroge sur les conséquences politiques de cette initiative. Selon lui, le projet de création d'un grand parti présidentiel suscite en effet un débat sur son impact potentiel sur le pluralisme politique au Sénégal. Pour monsieur Diouf, si cette initiative peut être perçue comme un moyen de renforcer et de mieux organiser la majorité autour du Président Bassirou Diomaye Faye, elle soulève également des interrogations quant à l'avenir des partis et mouvements qui ont contribué à son élection. Le leader de l’UPS estime qu’une fusion des composantes de la coalition Diomaye Président dans une formation unique pourrait conduire à l'effacement progressif de leurs identités politiques, réduisant ainsi la diversité qui a fait la force de cette alliance. Il pense que le véritable défi consiste à consolider la majorité présidentielle tout en préservant l'autonomie de ses différentes composantes, afin de garantir un équilibre entre efficacité politique et vitalité démocratique. 

QUE CHEIKH TIDIANE DIEYE, DETHIE FALL, MOUSTAPHA GUIRASSY OU ENCORE BOUBACAR CAMARA SE DECIDENT ! 

En réalité, le leader de l'UPS voudrait simplement dire que fusionner avec cette nouvelle formation reviendrait à mettre entre parenthèses leurs propres projets politiques au profit de celui porté par Bassirou Diomaye Faye. Par ricochet, cela signifierait renoncer, au moins provisoirement, à toute ambition présidentielle personnelle au bénéfice du chef de l'État, dont une éventuelle candidature en 2029 pourrait être soutenue par cette nouvelle formation. Or, la plupart des leaders de Diomaye-Président nourrissaient jusque-là l'ambition de bâtir un appareil politique suffisamment solide pour peser sur l'échiquier national, voire rivaliser avec PASTEF et briguer la magistrature suprême. 

D'ailleurs, plusieurs d'entre eux étaient déjà candidats ou avaient affiché leur volonté de participer à l'élection présidentielle de 2024.Ils sont nombreux aujourd'hui, parmi les responsables politiques qui gravitent autour du Président Bassirou Diomaye Faye, à nourrir l'ambition d'accéder un jour à la magistrature suprême. Il n'est un secret pour personne que des figures comme Mimi Touré, Abdourahmane Diouf, Cheikh Tidiane Dièye, Déthié Fall, Moustapha Guirassy ou encore Boubacar Camara ont, à des degrés divers, des ambitions présidentielles. 

La conquête du fauteuil présidentiel demeure pour beaucoup un objectif politique majeur. Toutefois, l'éventualité d'une mise en retrait de ces ambitions relèverait davantage d'un choix de pragmatisme que d'un renoncement définitif. Conscients qu'ils ne disposent pas encore des leviers institutionnels et de la force électorale nécessaires pour rivaliser pleinement à court terme, certains pourraient privilégier une stratégie d'attente, en reportant leurs ambitions à une échéance ultérieure tout en préservant leur influence au sein de la nouvelle majorité. 

1006375
ID
1006375
Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3