Projet de valorisation du patrimoine scientifique, religieux et culturel du Sénégal, l’Institut islamique de Dakar lance la rédaction de l’encyclopédie des grandes figures religieuses de 1960 à 2000. Objectif : valorisation de la transmission et de la pérennisation du savoir.
Au Sénégal, de nombreuses figures religieuses ont profondément marqué l’histoire nationale. Pourtant, une part importante de leur héritage intellectuel, spirituel et culturel demeure encore peu connue du grand public. Partant de ce constat, l’Institut islamique de Dakar a initié la rédaction d’une encyclopédie consacrée aux grandes figures religieuses du Sénégal, couvrant la période de 1960 à 2000.
Dans son discours introductif, le directeur de l’Institut islamique a expliqué que l’élaboration de cette encyclopédie s’inscrit dans une démarche de valorisation, de transmission et de pérennisation du savoir. Sakhir Mbaye d’ajouter qu’elle vise à rassembler, organiser et rendre accessible un patrimoine intellectuel et culturel d’une richesse inestimable. Il a soutenu qu’en effet, l’histoire religieuse sénégalaise, riche de sa diversité et de sa profondeur, s’est construite autour de personnalités éminentes dont l’influence a largement dépassé le cadre spirituel pour irriguer les domaines social, éducatif, politique et même culturel. Mieux, ces figures, dit-il, ont contribué à l’élaboration d’un modèle sénégalais, fondé sur la tolérance, le dialogue interreligieux et la cohésion sociale. Le directeur a cependant regretté que malgré l’abondance des traditions orales et des sources éparses écrites, on note une insuffisance notable de travaux de synthèse à caractère encyclopédique, répondant aux exigences de la rigueur méthodologique contemporaine.
A travers cette œuvre collaborative qui rassemble tous les acteurs, chercheurs, chefs religieux, associations islamiques, entre autres, il s’agit, selon M. Mbaye, de répondre à un double impératif. D’une part, préserver la mémoire des grandes figures religieuses islamiques, des idées et des contributions qui ont façonné notre histoire. D’autre part, offrir aux générations futures une référence fiable, rigoureuse et inspirante. «Ce projet exige rigueur scientifique, esprit critique et sens élevé de la responsabilité. Il appelle également à une collaboration étroite entre chercheurs, institutions et acteurs du savoir. Je suis convaincu que grâce à l’expertise et à l’engagement de chacun, nous saurons relever ce défi avec succès», a précisé Maguèye Ndiaye, président du comité scientifique.
Selon lui, ce projet suit une méthodologie qui répond à cinq étapes : l’identification des figures, la validation de ces dernières, la phase collecte des données et la rédaction finale et la mise en forme, et enfin révision et validation. Et le tout sera bouclé en 24 moi.
Cette activité, selon le ministre de l’Education nationale, s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de l’Institut islamique de Dakar qui va dans le sens des instructions, des orientations données par les autorités, notamment des instructions qui sont en rapport avec l’enjeu de souveraineté.
Moustapha Mamba Guirassy se dit persuadé que l’encyclopédie sera un héritage durable. Elle contribuera, sans nul doute, à éclairer les esprits, à renforcer notre identité intellectuelle, mais aussi et surtout à promouvoir une culture du savoir fondée sur l’excellence et l’authenticité. Souveraineté cognitive, souveraineté économique, souveraineté éducative et globalement, cette question de la souveraineté passe naturellement par une appropriation par les Sénégalais, par la Nation sénégalaise, de notre histoire, qu’on soit dans une logique d’héroïsation, de processus d’héroïsation qui va mettre en avant nos héros, nos grandes figures et surtout donc en matière religieuse, parce qu’on sait que «le Sénégal est un pays qui a un fort capital spirituel. Et c’est un pays, une Nation, qui a été façonné par de grands leaders, de grands penseurs, et qui avait cette spécificité, c’était cette spiritualité. Au-delà de la religion, ils avaient cette spiritualité qui donnait du sens à toutes les activités, qui donnait du sens à leur implication dans la marche de la Nation. Et au moment où il fallait être dans la résistance, ils l’ont été. Chaque fois qu’il a été question d’éducation, de transmettre des savoirs, ils ont été debout. Ils ont fait asseoir les bases de la paix», a déclaré le ministre.
«L’histoire, souvent, a été écrite par d’autres, souvent falsifiée, présentée de telle sorte que nous ne nous y reconnaissons pas, nos enfants ne s’identifient pas. Mais aujourd’hui, cette encyclopédie va être réalisée par des Sénégalais de souche qui vont, de façon très rigoureuse et scientifique, produire enfin une encyclopédie qui va nous ressembler et qui va revenir sur le parcours ou les parcours de ces grands leaders, de ces devanciers qui ont façonné la Nation sénégalaise», s’est-il félicité.
Dans ses recommandations, M. Guirassy a invité le comité scientifique à aller dans une logique d’impact sur les enjeux de l’heure. «C’est-à-dire, comment ces anciens ont su impacter, par exemple, le secteur agricole, comment ils ont su impacter l’éducation, la science, comment la diplomatie était perçue, vécue par eux», a-t-il suggéré.
La cérémonie de lancement a réuni d’éminents chercheurs, universitaires et guides religieux. Tous ont réaffirmé leur engagement à accompagner cette initiative, avec l’ambition de transmettre aux générations futures l’héritage et les enseignements des grandes figures spirituelles du Sénégal.
Concours international de récital du Saint Coran : Le Sénégal à la 5ème place
Après la délibération du jury de la deuxième édition du Concours international de récital du Saint Coran, Dahmal Sidy Mouhamed de la Mauritanie est déclaré champion de la catégorie «Sunna». Le trophée du champion de récital et de mémorisation du Saint Coran revient à Mouhamed d’Algérie, et la 5ème place est réservée au Sénégal grâce à El Hadji Aliou Gaye de la région de Saint-Louis. Plus d’une centaine de candidats, venus des 54 pays d’Afrique, étaient en lice. Durant deux jours, les participants ont rivalisé de talent dans la mémorisation intégrale du Saint Coran et la maîtrise de la Sunna prophétique.
Prenant la parole, en vidéo conférence, le ministère des Affaires islamiques du Royaume d’Arabie saoudite, Abdou Latif ibn ben Abdel Aziz, a salué l’excellence de l’organisation sénégalaise, ainsi que la qualité des candidats. «Félicitations à la République sœur du Sénégal et à sa capitale, Dakar, d’accueillir cet événement majeur qui réunit les «mémorisateurs» du Livre d’Allah venus d’Afrique, soit plus d’une centaine de candidats, engagés dans une noble et honorable compétition autour de la mémorisation du Coran et de la Sunna», se réjouit-il.
Il a souligné que ce concours traduit l’engagement constant du Royaume à promouvoir les valeurs de l’islam, à encourager la jeunesse musulmane et à renforcer les liens de fraternité entre les nations africaines. Pour finir, il a invité les musulmans à un attachement au Saint Coran qui constitue, selon lui, une voie vers la réussite, le salut et la prospérité, ici-bas comme dans l’Au-delà.
Venu présider la cérémonie de clôture, le ministre de l’Education nationale a tout d’abord remercié le Roi d’Arabie saoudite pour cette initiative. Cela témoigne, selon Moustapha Mamba Guirassy, de la belle performance, de la bonne intelligence et de la bonne coopération entre nos deux pays. «Nous avons en commun Dieu, nous avons en commun le Prophète Muhammad, et naturellement donc le Coran. Le fait d’avoir choisi le Sénégal pour abriter cette compétition internationale qui a vu la participation de 54 pays, c’est tout simplement gigantesque et immense», a déclaré le ministre. C’est une façon de matérialiser, de renforcer les convictions et la vision des autorités sénégalaises en matière d’accompagnement, d’aide à ce sous-secteur arabe et tout ce qui porte sur les questions religieuses.
Pour M. Guirassy, la question est tellement importante qu’on ne peut pas construire et bâtir une Nation sans cette dimension spirituelle qui donne du sens à la vie, aux rapports qu’entretiennent les uns et les autres, à la quête de la paix.