KEUR MASSAR SUD LES POPULATIONS DEMANDENT LA POURSUITE ET L’EXTENSION DU PROGEP II
À l’occasion de la visite d’une délégation de la Banque mondiale à Keur Massar Sud, les populations ont exprimé leur satisfaction quant aux résultats du Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique (PROGEP II), tout en plaidant pour la poursuite et l’extension du programme à d’autres zones encore exposées aux inondations. Dans un document remis aux partenaires du projet, le Comité local d’initiatives pour la gestion des eaux pluviales, de l’hygiène, de la salubrité et de l’adaptation au changement climatique (COLIGEP) a rappelé les difficultés auxquelles les habitants étaient confrontés avant la mise en œuvre du PROGEP II. Pendant plusieurs années, notamment lors des fortes pluies de 2020, de nombreuses familles ont subi d’importants dégâts matériels, des déplacements forcés et des perturbations de leurs activités économiques. Selon les responsables communautaires, les infrastructures réalisées, notamment les bassins de rétention et les ouvrages d’interconnexion, ont permis d’améliorer considérablement la gestion des eaux pluviales. Les routes autre‐ fois impraticables restent désormais accessibles pendant l’hivernage et les habitants peuvent demeurer dans leurs concessions tout au long de l’année. Certains ménages ayant quitté la zone ont même choisi d’y revenir pour investir, signe de la confiance retrouvée. Le COLIGEP a également salué le respect des normes environnementales et sociales de la Banque mondiale ainsi que la participation active des acteurs locaux au suivi du projet. Les mécanismes de gestion des plaintes ont permis de traiter les réclamations des populations, tandis qu’aucun décès accidentel lié aux ouvrages n’a été enregistré dans la commune. Malgré ces acquis, les populations estiment que des efforts supplémentaires sont nécessaires. Elles demandent la réalisation d’ouvrages secondaires, de pavages complémentaires et de programmes d’investissements communautaires dans plusieurs quartiers encore vulnérables. À travers ce plaidoyer, elles invitent la Banque mondiale et l’État du Sénégal à consolider les acquis du PRO‐ GEP et à étendre ses bénéfices à d’autres communes confrontées aux mêmes défis.
CONFERENCE INTERNATIONALE DU TRAVAIL BAÏDY AGNE PLAIDE POUR UN RENFORCEMENT DU RÔLE DE L’OIT ET SOUTIENT UN SECOND MANDAT DE GILBERT HOUNGBO
En marge de la 114e Session de la Conférence inter‐ nationale du Travail (CIT), qui se tient à Genève du 1er au 12 juin 2026, le président de Business Africa, Baïdy Agne, a été reçu en audience par Gilbert Houngbo. Cette rencontre a permis d’aborder plusieurs enjeux majeurs liés à la gouvernance mondiale du travail, au dialogue social et à l’avenir de l’économie des plateformes. À la tête d’une délégation restreinte composée notamment de représentants du patronat algérien et zambien ainsi que de membres africains du Conseil d’administration du BIT, Baïdy Agne a insisté sur la nécessité de renforcer le rôle de l’Organisation internationale du Travail dans un contexte marqué par de profondes mutations économiques et sociales. Le président de Business Africa s’est particulièrement inquiété des conséquences des réductions budgétaires américaines sur le fonctionnement du BIT. Selon lui, l’OIT occupe une place singulière dans le système international en tant qu’institution tripartite réunissant gouvernements, employeurs et travailleurs, ce qui justifie un soutien accru à ses missions. Baïdy Agne a également salué le bilan du premier mandat de Gilbert Houngbo, mettant en avant les réformes de gouvernance et les mesures d’adaptation engagées face aux contraintes financières. Dans cette perspective, il a apporté son soutien à la candidature du directeur général pour un second mandat, estimant que son expérience et les résultats obtenus plaident en faveur de sa reconduction. Les échanges ont aussi porté sur la future norme relative au travail décent dans l’économie des plate‐ formes. Les deux responsables ont souligné l’importance de ce secteur dans la création d’emplois et de richesse, tout en appelant à l’élaboration d’un cadre équilibré per‐ mettant le développement des plateformes africaines. Enfin, les discussions ont mis l’accent sur le dialogue social, la protection des travailleurs, l’amélioration du climat des affaires et la nécessité d’un accompagnement technique renforcé pour accroître la productivité et la création d’emplois durables sur le continent africain.
PRISONS SÉNÉGALAISES UN TAUX D’OCCUPATION DE 272 % ET UN SURVEILLANT POUR NEUF DÉTENUS
La surpopulation carcérale continue d’atteindre des niveaux alarmants au Sénégal. Lors d’un atelier consacré à l’évaluation du système disciplinaire dans dix établissements pénitentiaires, le directeur général de l’Administration pénitentiaire, l’inspecteur Aliou Ciss, a révélé que les prisons sénégalaises affichent un taux d’occupation de 272 %, tandis qu’un surveillant doit encadrer en moyenne neuf détenus.
UNE ADMINISTRATION CONFRONTÉE À DE MULTIPLES DÉFIS
Le directeur général de l’Administration pénitentiaire, l’inspecteur Aliou Ciss, a tiré la sonnette d’alarme ce mardi 9 juin 2026 lors d’un atelier consacré à la présentation des évaluations du système disciplinaire dans dix prisons sénégalaises, réalisées par l’Observateur national des lieux de privation de liberté (ONLPL). Selon lui, l’administration pénitentiaire fait face à une accumulation de difficultés qui fragilisent la gestion des établissements carcéraux et compliquent l’exercice du droit disciplinaire. « L’atelier intervient à un moment où l’administration pénitentiaire est confrontée à des défis liés à la surpopulation carcérale, avec un taux d’occupation de 272 %, à l’insuffisance du personnel spécialisé avec un ratio d’un surveillant pour neuf détenus, à la longue détention provisoire, à la lenteur dans le traitement des dossiers et à la prolifération de nouveaux moyens de communication numérique », a déclaré Aliou Ciss. Le directeur général estime que ces contraintes favorisent l’apparition de comportements répréhensibles et pèsent sur le fonctionnement du système disciplinaire dans les prisons. « Ces défis peuvent favoriser des comportements répréhensibles et influer négativement sur les conditions d’exercice du droit disciplinaire en milieu carcéral. Cette situation nécessite un regard critique et une réflexion collective avec les acteurs judiciaires et pénitentiaires sur les conditions de sécurisation du système disciplinaire pénitentiaire ainsi que sur la consolidation progressive du droit et de la gouvernance disciplinaire », a‐t‐il ajouté.
UNE SITUATION DÉNONCÉE DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES
Cette alerte intervient alors que plusieurs rapports récents soulignent la dégradation continue des conditions de détention au Sénégal. Dans une note publiée en janvier 2026, le quotidien Le Témoin rappelait que la capacité d’accueil des établissements pénitentiaires, déjà insuffisante, est soumise à une pression croissante sous l’effet de l’augmentation constante du nombre de détenus. S’appuyant sur un rapport de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), publié en janvier 2026, le journal décrivait un secteur souvent considéré comme le « parent pauvre » des politiques publiques.
UNE POPULATION CARCÉRALE EN HAUSSE CONSTANTE
Les statistiques de l’ANSD révèlent une progression continue de la population carcérale au cours des dernières an‐ nées. Celle‐ci est passée de 11 675 détenus en 2021 à 12 550 en 2022, avant d’atteindre 12 910 personnes en 2023 puis 13 685 détenus en 2024. Cette évolution correspond à un taux d’accroissement annuel moyen de 4,1 % sur la période 2021‐2024, un rythme supérieur aux capacités d’ex‐ tension du parc pénitentiaire national. En 2024, les 37 établissements pénitentiaires du pays, dont huit situés dans la région de Dakar, disposaient d’une capacité théorique de 9 768 places pour 13 685 détenus, soit un taux d’occupation national de 140 %.
DES DISPARITÉS RÉGIONALES IMPORTANTES
Certaines régions enregistrent des niveaux de surpopulation particulièrement élevés. C’est notamment le cas de Kédougou, où le taux d’occupation atteint 195 %, de Saint‐ Louis (178 %), Dakar (166 %), Kaffrine (160 %), Diourbel (159 %) et Thiès (157 %). À l’inverse, seules les régions de Sé‐ dhiou, Fatick et Ziguinchor affichent des taux d’occupation inférieurs à 100 %.
UN DÉFICIT PERSISTANT DE PERSONNEL
Le manque de ressources humaines demeure également une préoccupation majeure. Selon les données de l’ANSD, l’administration pénitentiaire comptait 2 244 agents pour 13 685 détenus en 2024, soit un ratio moyen d’un surveillant pour onze détenus. La population carcérale reste composée à 97 % d’hommes. Les principales causes d’incarcération sont le vol et le recel (21,2 %), la détention et le trafic de stupéfiants (20,9 %) ainsi que les violences et menaces (11,2 %). Chez les mineurs, le vol et le recel représentent près de la moitié des infractions enregistrées. Face à la surpopulation chronique, au déficit d’infrastructures et au sous‐effectif du personnel, le rapport de l’ANSD plaide pour des réformes structurelles et une augmentation significative des investissements destinés au secteur pénitentiaire.
HIVERNAGE À ZIGUINCHOR «LES PREMIÈRES GOUTTES D’EAU FONT DÉJÀ DES RAVAGES»
Après une longue période de canicule, d’attente et d’espoir, Ziguinchor a enfin enregistré ce mercredi 10 juin 2026 sa première pluie dans l’après‐midi aux environs de 17 h 30. Bien que constituant une bouffée d’oxygène, un ouf de soulagement après des mois de canicule diurne et de chaleur nocturne, ces premières gouttes de pluie ont été accueillies dans la joie, le bonheur et l’espoir d’un bon hivernage. Mais une réalité saisonnière suscite déjà inquiétude et interrogations surtout du côté des habitants des zones non aedificandi telles les quartiers des zones marécageuses de la commune de Ziguinchor, Santhiaba, Escale (centre‐ville), Boudody, Belfort, Goumel, Kandé etc. Des zones où les premières gouttes de pluie font déjà des ravages avec les flaques d’eau jonchant les rues et constituant ainsi un décor alarmant. Surtout à un moment où le curage des canalisations et caniveaux n’est pas encore effectif. Une situation qui interpelle déjà et hantera sans doute le sommeil des autorités compétentes de la Mairie et des services techniques concernés tel que SONAGED et l’ONAS par exemple. Espérons que cette première pluie notée hier à Ziguinchor puisse être une piqûre de rappel pour diligenter ce processus de curage afin de permettre aux Ziguinchorois de se mouvoir dans d’excellentes conditions et de se prémunir des conséquences fâcheuses inhérentes aux fortes pluies d’hivernage.
VÉLINGARA - DRAME À KADIAMA QUATRE ENFANTS RETROUVÉS NOYÉS DANS UNE FOSSE ABANDONNÉE
Une tragédie a frappé le village de Kadiama, situé dans la commune de Sinthiang Koundara (arrondissement de Bonconto, département de Vélingara), ce mardi 9 juin 2026. Vers 19h10, la brigade territoriale de Kalifourou a été informée de la noyade de quatre garçons, âgés de 4 à 10 ans, dans une fosse désaffectée située en périphérie du village. Selon les premiers témoignages recueillis au‐ près des proches, les victimes, issues de deux familles du village, se seraient rendues sur les lieux vers 18 heures en compagnie d’autres enfants pour se baigner. Après quelques minutes passées dans l’eau, leurs camarades, ne les voyant plus refaire surface, ont couru alerter les habitants. Aussitôt prévenus, les villageois se sont rendus sur place et ont repêché les corps sans vie des quatre enfants. Les dépouilles ont été confiées aux sapeurs‐ pompiers, qui les ont transportées à la morgue du centre de santé de Médina Gounass, où elles restent à la disposition des enquêteurs. Les autorités évoquent, parmi les causes probables, un défaut de surveillance parentale. La brigade territoriale de Kalifourou, dont les éléments se sont déplacés sur les lieux depuis leur poste de Manda Douane, a ouvert une enquête pour établir les circonstances exactes de ce drame.