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MALI : Arrestation d'un journaliste
LA FEDERATION INTERNATIONALE DES JOURNALISTES PROTESTE
 
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3460
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Dakar, 12 mars (APS) - La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a fait part mardi de son soutien aux journalistes maliens, qui ont observé "une journée presse morte" pour obtenir la libération de leur confrère Boukary Daou, le directeur du journal Le Républicain détenu depuis une semaine.

Dans un communiqué adressé à l'APS, la FIJ explique que Boukary Daou a été arrêté à la suite de la publication, par le quotidien Le Républicain, d'une lettre ouverte de soldats maliens combattant les islamistes armés dans le Nord du Mali.

"Ces soldats ont déclaré, dans la lettre ouverte, être révoltés par les avantages accordés au capitaine [Amadou Haya] Sanogo qui, en sa nouvelle qualité de président du Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité, devra avoir un salaire mensuel de près de six mille euros, environ quatre millions en monnaie locale (le franc CFA) au Mali", explique la FIJ.

"Nous sommes solidaires des journalistes du Mali en ces moments difficiles et appelons à la libération de Boukary Daou et au dialogue entre les autorités et la presse", a déclaré dans le communiqué le directeur pour l’Afrique de la FIJ, Gabriel Baglo.

Le capitaine Sanogo a dirigé le putsch qui a écarté le président Amadou Toumani Touré de la présidence malienne, en mars 2012. Le 13 février dernier, il a été nommé, par le gouvernement de transition, à la tête du Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité.

Baglo estime que "les nombreuses intimidations et arrestations de journalistes par les putschistes témoignent d’une dégradation générale de la liberté de la presse au Mali". "Cela doit cesser", a-t-il soutenu.

Dans un autre communiqué, la FIJ soutient les médias togolais en grève contre une loi qu'ils trouvent "liberticide".

"Nous témoignons notre solidarité à nos collègues du Togo. Cette loi est un recul démocratique pour ce pays, car la Constitution togolaise disposait que l’interdiction de diffusion de toute publication ne peut être prononcée qu’en vertu d’une décision de justice", a déclaré Gabriel Baglo.

Selon la FIJ, les rédactions de plusieurs radios, télévisions et journaux du Togo sont en grève mardi, pour protester contre la loi votée le 19 février dernier par l’Assemblée nationale dominée par le parti au pouvoir, celui du président Faure Gnassingbé.

"Cette loi actuellement sur la table du Conseil constitutionnel, qui y statue ce 13 mars (mercredi), étend les pouvoirs de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) et l’autorise à suspendre provisoirement un média de presse écrite ou, dans le cas d’un média audiovisuel, à lui retirer définitivement son autorisation d’exploitation, si elle l'estime en infraction avec la loi", explique la FIJ, organisation qui revendique 600 mille membres dans 134 pays.

La grève observée mardi est une initiative de huit organisations de journalistes et plusieurs radios privées de Lomé - la capitale du Togo - n'ont diffusé que de la musique et quelques communiqués, en suspendant leur programme, rapporte la FIJ.

Elle indique que dans les kiosques, au moins cinq journaux étaient absents, parmi la douzaine de titres qui paraissent habituellement les mardis.

La FIJ invite "les autorités togolaises à retirer la modification et à entreprendre des consultations avec les acteurs de la presse, en vue de rétablir les dispositions de la loi respectant les normes internationales" en matière de liberté de presse.

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