(SenePlus) - Malick Gakou assume pleinement la fusion du Grand Parti avec le Pastef, qu’il présente comme un choix de conviction plutôt qu’une adaptation à la nouvelle donne politique. Dans un entretien accordé à L’Observateur ce mercredi 10 juin 2026, l’ancien ministre affirme que cette décision répond à une volonté de renforcer les forces engagées dans la transformation du Sénégal autour d’un projet commun porté par le président du Pastef, Ousmane Sonko.
Selon lui, cette fusion s’inscrit dans la continuité d’un compagnonnage politique de plus d’une décennie entre les deux formations. Gakou rappelle leur participation commune aux principales coalitions de l’opposition, de Manko Wattu Sénégal à Yewwi Askan Wi, ainsi que son soutien à Ousmane Sonko lors de moments qu’il juge déterminants dans son parcours politique. « La politique n’est pas une affaire de conservation de sigles », soutient-il, estimant que les convergences idéologiques entre le Grand Parti et le Pastef rendaient ce rapprochement naturel.
L’ancien candidat à la présidentielle justifie également ce choix par les limites observées dans les coalitions électorales. À ses yeux, les alliances restent souvent fragiles et vulnérables aux divergences d’intérêts, tandis que la fusion permettrait de construire une organisation plus stable et plus cohérente. Dans un contexte marqué par d’importants défis économiques et sociaux, il considère que la cohérence politique constitue désormais une exigence de gouvernance.
Interrogé sur sa fidélité à Ousmane Sonko durant les périodes les plus difficiles, Malick Gakou invoque une question de principes. Il affirme avoir toujours privilégié la défense de valeurs qu’il juge essentielles à la démocratie, aux libertés publiques et à la transparence. Cette proximité, explique-t-il, repose sur une relation de confiance mutuelle et sur une vision commune de l’avenir du Sénégal. Il décrit d’ailleurs l'actuel président de l'Assemblée nationale comme « un homme de conviction et de vertu » dont il partage le leadership.
Réagissant aux critiques selon lesquelles le Grand Parti aurait accompagné le Pastef sans contrepartie politique ni nomination au sein de l’appareil d’État, Gakou rejette toute logique de récompense. Il soutient que son engagement et celui de ses militants n’ont jamais été motivés par la recherche de postes. Selon lui, la réussite du projet politique et l’amélioration des conditions de vie des Sénégalais demeurent les véritables objectifs poursuivis.
Sur les débats internes suscités par la fusion, le responsable politique reconnaît l’existence de quelques réserves au sein de son ancienne formation, tout en assurant que la décision a été prise à l’issue d’un large processus de concertation. Il affirme que la majorité des responsables et militants du Grand Parti ont adhéré à cette démarche, qu’il qualifie d’historique, destinée à consolider les forces de transformation autour du Pastef.
Au-delà des questions partisanes, Malick Gakou s’est également exprimé sur la situation politique et économique du pays. Il réfute l’existence d’une crise institutionnelle entre les plus hautes autorités de l’État et appelle à préserver l’unité au sein du Pastef. Sur le plan économique, il reconnaît la difficulté de la conjoncture actuelle, marquée par un endettement élevé et de fortes attentes sociales, mais souligne les nombreux atouts du Sénégal. Pour lui, la priorité doit être de bâtir une économie plus souveraine, capable de transformer localement les ressources nationales, de créer massivement des emplois et de réduire la dépendance du pays à l’égard de l’extérieur.