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Par Djibril Ndiogou Mbaye
Prenez la coupe, nous gardons la gloire, la joie et nos héros
EXCLUSIF SENEPLUS - La magie de la victoire acquise d'âpre lutte ne n'opère qu'une seule fois. Aucune instance ne pourra servir sur un tapis vert, à une équipe, à un pays, l'intensité de la joie spontanée que procure un but marqué avec le cœur
 
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"À vaincre sans péril on triomphe sans gloire "

"Alea Iacta Est", le sort en est jeté ! 

L'éclatante victoire du Sénégal est inscrite dans le marbre du football mondial. Elle est hors d'atteinte d'une décision quelle qu'elle puisse être. 

Le monde entier a, de ses propres yeux, vu cette talonnade visionnaire de Mané, qui modifia le cours du match et le boulet de Pape Gueye qui torpilla l'histoire préfabriquée d'un lobby qui avait déjà vendu la peau de l'ours qu'il ne tuera jamais. Ou qu'il  essayera d'étrangler virtuellement , bien plus tard,  dans le confort d'une visioconférence. Virtuelle comme cette pseudo victoire qui n'en sera jamais une, car un match se gagne sur un terrain. 

La magie de la victoire acquise d'âpre lutte ne n'opère qu'une seule fois. Aucune instance ne pourra servir sur un tapis vert, à une équipe, à un pays, l'intensité de la  joie spontanée que procure un but marqué avec le cœur au bout du pied, la bravoure et le courage émérite d'un lion blessé dans sa chair et sa dignité. 

L'instant d'un but est extraordinaire, lorsque tout un peuple se lève comme une seule personne pour exulter et vibrer d'un seul cœur, d'une seule âme. Cet instant est irréproductible.

Les instances arbitrales ont décidé de rejouer le beau match de la finale jouée et remportée de haute lutte par une équipe d'hommes au sens guerrier du mot. Elles ont décidé de mettre le penalty raté au fond des filets, d'accorder nos buts à l'adversaire, de soulever la coupe et de la leur remettre à posteriori. Bref, livrer la commande . "Lol " , avons nous envie de répondre tout simplement. 

Une victoire sans péril et donc sans gloire ne saurait recréer l'explosion de joie que procure une vraie victoire. 

Qui aimerait être à la place de l'équipe et du peuple marocain pour célébrer une victoire et une Coupe déjà célébrées ? Y'aura-t-il une liesse populaire comme cette fièvre qui a possédé tous les amoureux et passionnés du ballon et du jeu épique et académique livré par les lions de la Téranga ? 

Ce grand peuple ami, savourera-t-il "sa victoire " comme nous l'avons fait ? 

Heureusement que nous n'avons pas remporté ce match par un vil arrangement sur tapis vert, gracieusement offert par une décision aux relents de commande définitivement suspecte. La joie l'engouement et le bonheur que procure une victoire ne s'inventent pas. 

Personne n'aura plus jamais notre liesse dans les rues et l'accueil mémorable auquel nous commençons à prendre goût. 

Bien sûr, nous pourrons regretter le manque de maîtrise de soi d'un entraineur demandant maladroitement à ses joueurs de regagner les vestiaires, flirtant ainsi dangereusement avec le règlement. Oui, l'entraîneur idéal doit avoir l'expérience, l'abnégation, le courage et l'intelligence tactique de Pape Thiaw et le calme et la sagesse, l'intelligence stratégie et presque politique de Sadio. Mais heureusement qu'il est resté sur le terrain et d'autres avec lui. Heureusement que l'arbitre, maître du terrain a accepté la reprise du match, accordé le but et sifflé la fin réglementaire du match. Effaçant ainsi toute velléités de forfait.

Ne devrions-nous pas accorder gracieusement cette Coupe à nos chers frères de cœur, puisqu'ils le désirent  à ce point ? 

Leur comportement n'a rien de d'anormal, au contraire, c'est de la pure humanité parce que "si l'ambition mène le monde, la rivalité est son compagnon fidèle. Écraser son rival, avoir le dernier mot, même de manière éphémère, même à titre posthume est tristement humain", selon Saint-Exupéry.

En tout cas s'il y a deux regrets a consentir, c'est d'avoir d'abord compris que notre belle amitié avec le peuple marocain ne sera plus jamais comme avant. Elle est en effet victime de cette passion si saine lorsqu'elle est naturelle et spontanée mais si dangereuse lorsqu'on essaie de la contrôler. 

C'est ensuite d'avoir honte de cette décision qui n'honore pas les instances du football africain. L'Afrique encore, l'Afrique toujours immature. l'Afrique qui, une fois de plus a prêté le flanc aux critiques les plus infâmes et aux suspicions à peine voilées, de corruption et d'incapacité à faire les choses "normalement", au moins une fois, de la part de ceux qui ont théorisé et souvent défendu l'infériorité et l'incapacité de l'homme africain. 

Nous savions déjà que le football était devenu une science à part entière que nos jeunes maîtrisaient désormais du bout des pieds. Mais nous venons d'apprendre à nos dépens qu'il était aussi devenu une économie-politique et stratégique qui ne se gagnait plus seulement sur les pelouses. 

Pour l'instant, il ne faut pas espérer une grâce immédiate des supporters sénégalais. Le roi ne pardonnera que lorsque son peuple sera disposé à pardonner.

Le roi attendra que la colère et la déception de ses sujets s'apaisent. Qu'ils digèrent l'affreux affront que les lions de la Téranga ont "osé" infliger aux "rois" de l'Atlas. 

Le souverain ne pardonnera que lorsque son peuple sera disposé à pardonner parce qu'il sait à quel point il avait été  préparé à une victoire. Il sait à quel point son peuple a été déçu de n'avoir pas eu "sa coupe" pendant "sa CAN". 

Donc accorder une grâce pendant cette période de quasi deuil est politiquement inopportun.

Si un jour les esprits se calment, le roi accordera alors sa grâce. Sinon, les 18 supporters devront purger leur peine intégralement, en tout cas certains d'entre eux.

En attendant, le rétablissement de nos droits, imbus de notre fierté  et de notre gloire, nous savourons encore et encore, nonobstant toute décision contraire, notre légendaire et inaliénable victoire. 

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