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Par Alioune Aw
Réponse sobre à une analyse orientée
EXCLUSIF SENEPLUS - Qualifier de « populisme sophiste » un projet politique encore en cours de consolidation, c'est appliquer à la démocratie sénégalaise un raccourci rhétorique qui ne lui rend pas justice
 
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1005468
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En réponse à « Le Sénégal ou la fatigue du populisme sophiste »

L'article de l'honorable Cheikhou Oumar Sy et de l'honorable Théodore Chérif Monteil, tous deux anciens députés à l'Assemblée nationale, publié sur SenePlus, soulève des questions légitimes sur la gouvernance et les attentes déçues d'une jeunesse sénégalaise. Mais il appelle une réponse, non par esprit de polémique, mais par exigence d'équité intellectuelle.

Un diagnostic national ne saurait tenir lieu d'analyse sérieuse s'il désigne un seul coupable. Les maux évoqués — chômage des jeunes, vie chère, émigration clandestine, lourdeur de la dette publique — ne sont pas apparus avec l'alternance de 2024. Ils sont le fruit d'une accumulation structurelle sur plusieurs décennies, que tous les régimes successifs ont, à des degrés divers, soit produit, soit perpétué, soit négligé. Attribuer leur persistance à deux ans de gouvernance, c'est confondre l'héritage et la responsabilité.

Par ailleurs, qualifier de « populisme sophiste » un projet politique encore en cours de consolidation, c'est appliquer à la démocratie sénégalaise un raccourci rhétorique qui ne lui rend pas justice. Toute alternance démocratique est une période d'ajustement, souvent douloureuse. Celle-ci n'échappe pas à cette réalité universelle.

Ce que les Sénégalais attendent aujourd'hui des observateurs, des intellectuels et des journalistes engagés, c'est moins un procès de tel ou tel acteur politique, que des propositions concrètes : comment rationaliser la dépense publique ? Comment accélérer la création d'emplois pour les jeunes diplômés ? Comment renforcer les institutions de contrôle indépendamment de toute appartenance partisane ? Comment inscrire durablement la question de la justice sociale dans l'agenda national, au-delà des cycles électoraux ?

La fatigue réelle du Sénégal, ce n'est pas celle d'un parti. C'est celle d'un débat public trop souvent réduit à des réquisitoires croisés, au détriment des solutions que le pays attend. Le moment exige de la hauteur, de l'équidistance, et surtout de la responsabilité collective. Nul camp n'a le monopole des erreurs, et nul camp n'a celui des solutions.

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