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Saint-Louis réclame plus de retombées locales
Un Comité Régional de Développement consacré à la présentation et la validation du Rapport de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives ITIE 2024 s’est tenu hier à Saint‐ Louis, sous la présidence du gouverneur Al Hassan Sall.
 
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Un Comité Régional de Développement consacré à la présentation et la validation du Rapport de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives ITIE 2024 s’est tenu hier à Saint‐ Louis, sous la présidence du gouverneur Al Hassan Sall. La rencontre a réuni les autorités administratives et territoriales, les acteurs du secteur extractif, la Société civile, les partenaires techniques et financiers, les sociétés exploitantes BP, Cosmos Energy et Petrosen, ainsi que les représentants des communautés.

Cette activité s’inscrit dans un contexte marqué par des résultats de validation exceptionnels obtenus par le Sénégal lors des cycles précédents, avec un score global de 89/100 jugé “très bon” selon la Norme ITIE 2023. 

La validation ITIE 2024 du Sénégal repose sur deux volets : la publication du rapport annuel et du rapport du premier semestre et l’obtention d’une note globale excellente de 89/100. 

Ce score confirme la place du Sénégal parmi les pays leaders en matière de transparence dans la gestion des ressources ex‐ tractives. 

Le Rapport ITIE 2024 révèle une contribution globale du secteur extractif de 455,99 milliards FCFA. 

Le secteur minier domine avec 81% des revenus contre 17% pour les hydrocarbures. La contribution directe au budget de l’État dépasse 38 milliards FCFA. Le secteur génère plus de 11.000 emplois directs, occupés majoritairement par des nationaux, pour une masse salariale globale de 193 milliards FCFA, soit environ 8,7% des recettes extractives nationales.

Saint‐Louis : du simple au double avec le gaz GTA

Spécifiquement impactée par le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim GTA, la région de Saint‐Louis voit la contribution des entreprises extractives passer de 17,981 milliards FCFA en 2023 à 39,618 milliards FCFA en 2024. Cette hausse s’explique par le démarrage effectif de l’exploitation en 2024, avec les paiements liés à l’environne‐ ment, à la fiscalité et aux autres redevances.

Le chef de l’Exécutif régional a salué le travail de qualité de l’ITIE “au service exclusif des populations” et rappelé que “les ressources naturelles appartiennent au peuple”, selon la Constitution. Il a toutefois relevé un point faible : la place encore “timide” des fournisseurs locaux.

Si les entreprises locales ont contribué à hauteur de 39,6 milliards FCFA, les retombées directes pour l’économie locale restent modestes.

Les transactions avec les fournisseurs locaux atteignent 7,212 milliards FCFA, soit 0,65% de l’enveloppe globale captée par les entreprises étrangères estimée à 1 110 mil‐ liards FCFA. À l’inverse, les achats auprès de fournisseurs étrangers s’élèvent à 23,819 milliards FCFA, soit 2,32%.

Au niveau de l’emploi, la région nord ne compte que 207 emplois directs liés au secteur extractif.

Thialy Faye a reconnu le paradoxe : “Au niveau national, les fournisseurs locaux ont devancé les étrangers avec 1.110 milliards contre 1.025 milliards. Mais pour Saint-Louis, on est à 7 milliards contre 23 milliards. C’est pourquoi, nous devons renforcer le contenu local, inviter les entreprises à mieux s’investir et à créer plus d’emplois. 207 emplois, ce n’est pas fameux. On veut aller plus loin”.

Dans le rapport, les dépenses sociales volontaires recensées dans la région s’élèvent à 904 millions FCFA et les dépenses environnementales à 523 millions FCFA, soit 1,427 milliard FCFA au total. Des montants jugés loin des attentes des communautés.

Après la présentation, acteurs étatiques, société civile, entreprises et collectivités ont décortiqué les chiffres autour de trois axes : la répartition des revenus, le Contenu local et l’impact environnemental qui demande un suivi rigoureux et public de la réhabilitation des sites et de l’impact du projet GTA sur la biodiversité marine et la pêche.

Pour Thialy FAYE, les revenus vont continuer de croître : “Dans les années passées, on était dans une phase préparatoire. En 2024, on a constaté le démarrage de l’exploitation. C’est ce qui justifie que chaque année, et même en 2025, les revenus vont augmenter davantage”

Après le rapport 2024, celui de 2026 sera vulgarisé en langues nationales et décliné en infographies afin que chaque citoyen puisse comprendre combien le Sénégal gagne avec son sous‐sol. “Les communautés attendent beaucoup de l’exploitation. Il est normal de leur présenter les résultats et attendre leurs recommandations pour nos rapports futurs”, a conclu le Président du CN‐ITIE.

L’ITIE organisera un forum élargi aux communautés de pêche pour recueillir leurs préoccupations et recommandations. 

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