(SenePlus) - Le député sénégalais Guy Marius Sagna a lancé un cri d'alarme solennel ce mercredi 6 mai 2026 devant le Parlement de la CEDEAO, plaçant l'urgence sécuritaire au Mali au sommet des priorités régionales. Face aux attaques terroristes coordonnées, le parlementaire a averti que l'instabilité du voisin malien menace désormais directement l'intégrité de la Côte d'Ivoire, de la Guinée et du Sénégal, appelant à une solidarité de défense immédiate.
L'urgence au Sahel a dominé l'intervention du député Sagna, qui a utilisé une métaphore saisissante pour illustrer l'interdépendance sécuritaire des États membres. Pour lui, la situation au Mali ne peut plus être traitée comme un problème isolé ou strictement national. En soulignant la porosité des frontières et la coordination croissante des groupes armés, il a affirmé que l'embrasement de la « case Mali » représentait une menace existentielle pour les pays côtiers et limitrophes. Cette mise en garde vise à sortir l'institution parlementaire de sa passivité apparente pour engager une réponse collective face à un péril qui, selon ses mots, met en danger l'ensemble de l'édifice de la CEDEAO.
Cette préoccupation sécuritaire s'inscrit dans un contexte de fragilité multidimensionnelle, où la stabilité énergétique apparaît comme le second pilier de la survie régionale. Guy Marius Sagna a ainsi interpellé la délégation ivoirienne sur les coupures d'électricité récurrentes qui paralysent la Côte d'Ivoire depuis le début de l'année 2026. Rappelant que le pays a déjà traversé des crises énergétiques majeures en 2021 et 2024, le parlementaire a exigé des explications sur les solutions structurelles déployées. Il a insisté sur le fait que la résilience économique de la région dépend directement de la capacité de ses locomotives à garantir un accès continu à l'énergie, moteur indispensable au développement et à la stabilité sociale.
Au-delà des frontières de l'Afrique de l'Ouest, le député a également porté la voix des citoyens de la communauté victimes de xénophobie en Afrique du Sud. Saluant l'initiative diplomatique du Ghana qui a convoqué le représentant de Pretoria, il a exhorté les autres États membres de la CEDEAO à faire preuve d'une fermeté similaire. Sagna a rappelé avec force le devoir moral de l'Afrique du Sud envers les nations qui l'ont soutenue durant la lutte contre l'Apartheid, estimant qu'il est inadmissible que des Africains soient aujourd'hui persécutés sur le sol d'un pays dont ils ont défendu la liberté. Il a appelé le Parlement à se constituer en bouclier pour protéger la dignité et la vie de ses ressortissants partout sur le continent.
Pour Guy Marius Sagna, la CEDEAO ne pourra survivre aux crises actuelles qu'en adoptant une vision globale où la sécurité du Mali est perçue comme la sécurité du Sénégal ou de la Côte d'Ivoire. Cet appel à une refondation de la solidarité communautaire résonne comme un avertissement aux chefs d'État de la région : l'inaction face aux foyers de tension actuels pourrait conduire à une déstabilisation irréversible de l'ensemble de l'espace ouest-africain.