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Tripatouillage constitutionnel, 76 universitaires interpellent Diomaye Faye
Le Réseau des Universitaires pour la Défense de la Constitution et de la démocratie a rendu publique une déclaration appelant les autorités à privilégier une consultation populaire avant toute modification majeure de la loi fondamentale
 
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1006143
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Alors que l’Assemblée nationale s’est réunie ce lundi pour examiner et voter une révision de la Constitution, le Réseau des Universitaires pour la Défense de la Constitution et de la démocratie a rendu publique une déclaration appelant les autorités à privilégier une consultation populaire avant toute modification majeure de la Loi fondamentale. Le collectif estime qu’un texte aussi déterminant pour l’avenir des institutions ne saurait être révisé sans un large consensus national et sans l’implication directe du peuple sénégalais.

Dans leur déclaration, les universitaires rappellent que la Constitution constitue le fondement de la République, le socle de l’État de droit et l’expression de la souveraineté populaire. Ils soutiennent que toute réforme touchant à son architecture doit transcender les clivages politiques et être conduite dans un esprit d’inclusion. À leurs yeux, une révision majeure ne peut être portée uniquement par une majorité parlementaire, même élue, sans un débat national associant l’ensemble des forces vives du pays

Le collectif affirme que le Sénégal a certes besoin d’institutions fortes et que la Constitution peut évoluer pour répondre aux nouveaux défis. Toutefois, il estime que les circonstances actuelles ne permettent pas de garantir un climat suffisamment apaisé pour engager une réforme aussi importante. Les signataires évoquent notamment des interrogations portant sur la méthode, les motivations, le contenu du projet et ses conséquences sur le fonctionnement des institutions

Des réserves sur la procédure et les effets de la réforme

Selon les auteurs de la déclaration, plu‐ sieurs dispositions de la révision envisagée pourraient modifier en profondeur l’équilibre institutionnel du Sénégal. Ils considèrent que certaines mesures tendraient à réduire les prérogatives du président de la République tout en renforçant celles du Parlement. Les universitaires s’inquiètent également d’une possible extension du contrôle parlementaire et des répercussions que cela pourrait avoir sur les rapports entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

Le texte s’interroge aussi sur la procédure choisie pour conduire cette réforme. Les signataires estiment qu’une révision d’une telle portée devrait être précédée d’un dialogue inclusif associant les partis politiques, la société civile, les universitaires, les juristes, les autorités religieuses ainsi que les médias. Selon eux, une telle démarche permettrait de dégager un consensus solide et de renforcer la légitimité de la future Constitution.

Dans cette perspective, le Réseau considère que le recours au référendum représente la voie la plus appropriée pour trancher une question engageant durablement l’organisation de l’État. Les auteurs de la déclaration rappellent que la force d’une Constitution ne réside pas uniquement dans le respect des procédures juridiques, mais également dans l’adhésion populaire qu’elle suscite. Ils sou‐ tiennent qu’une démocratie mature se construit autour de compromis durables plu‐ tôt que sur des réformes adoptées dans la précipitation

Un appel solennel au président de la République

Le collectif adresse un appel au président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, l’invitant à faire usage des mécanismes institutionnels permettant de consulter directement les citoyens. Les universitaires précisent que leur démarche ne traduit ni un refus du changement ni une opposition de principe à toute ré‐ forme constitutionnelle. Ils expliquent plutôt vouloir préserver la stabilité institutionnelle et garantir que toute évolution de la Loi fondamentale bénéficie d’une légitimité incontestable auprès des Sénégalais.

La déclaration est portée par 76 universitaires, enseignants‐chercheurs et personnalités du monde académique issus de plusieurs établissements d’enseignement supérieur du Sénégal. Parmi les premiers signataires figurent Amadou Oury Ba, Hamath Dia, Mbacké Diagne, Bado Ndoye, Ousmane Sall, Balla Diop Ngom, Kalidou Sy, Khadim Thiam, Mouhamadou Mansour Dia, Patrice Samuel Aristide Badji, Ousmane Diao, Oumar Dieye, Ansoumana Diatta, Benjamin Diouf, Ibrahima Diouf, Lucienne Kodou Ndione, Pierre Mbid Hamoudi Diouf, Mor Fall et Papa Abdou Fall, aux côtés de plusieurs dizaines d’autres enseignants‐chercheurs provenant notamment de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, de l’Université Gaston Berger de Saint‐ Louis, de l’Université Assane Seck de Ziguinchor, de l’Université Alioune Diop de Bambey et de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane. À travers cette prise de position, le Réseau des Universitaires pour la Défense de la Constitution et de la démocratie souhaite replacer le débat sur le terrain du dialogue et du consensus. Les signataires estiment que l’avenir des institutions sénégalaises mérite une démarche participative, transparente et largement partagée, afin que toute réforme de la Constitution reflète véritablement la volonté du peuple et renforce durablement la démocratie sénégalaise. 

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