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Atépa, l'architecte des rêves africains
Dans une interview avec Ata Ahli Ahebla, ce bâtisseur de 78 ans raconte comment il a refusé 100 millions de dollars de pot-de-vin pour sauver 600 milliards FCFA à son pays. Et dévoile sa vision pour un continent enfin maître de ses richesses
 
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1000512
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  • https://www.youtube.com/watch?v=VrrBkuPp9Qg

L’architecte et homme d’affaires sénégalais Pierre Goudiaby Atepa, invité du journaliste Ata Ahli Ahebla, dénonce le “pillage organisé” des ressources africaines et appelle à une refondation de la gouvernance et du modèle de développement du continent. S’exprimant dans une longue interview vidéo diffusée sur YouTube, il illustre son propos par des exemples précis de contrats miniers “bradés” et détaille sa vision d’une industrialisation fondée sur la transformation locale des matières premières.

Des milliards bradés et la corruption au cœur du système

Au cours de l’entretien, Atepa affirme que certains contrats miniers en Afrique cèdent des ressources évaluées à près d’un milliard de dollars pour quelques dizaines de milliers seulement, qu’il présente comme le symbole de la prédation que subit le continent. Il évoque notamment un dossier de zircon au Sénégal, où il assure avoir contribué à renégocier un accord pour faire passer la part de l’État d’environ 80 millions à un milliard de dollars, tout en rejetant des offres de pots-de-vin censés l’acheter.

Industrialiser les ressources plutôt que les exporter brutes

Pour l’architecte, la véritable rupture passe par la transformation sur place du fer, de la bauxite, du lithium et des autres minerais stratégiques au lieu de continuer à les expédier bruts sur des milliers de kilomètres avant de les réimporter sous forme de produits finis. Citant la Guinée, la Sierra Leone, la RDC ou encore le Sénégal, il plaide pour la mise en place de filières locales dans l’acier, l’aluminium ou les batteries, afin de créer des emplois massifs et de capter une part bien plus importante de la valeur ajoutée.

Gouvernance, jeunesse et révolution éducative

Atepa insiste sur la nécessité d’une “bonne gouvernance” et de la transparence, estimant que la corruption et les détournements privent les populations des bénéfices de leurs ressources et poussent de nombreux jeunes à l’exil au péril de leur vie. Il appelle parallèlement à une révolution des systèmes éducatifs africains, misant sur le numérique et l’enseignement à distance pour adapter la formation à une jeunesse déjà très connectée et mieux l’intégrer dans les projets de développement.

Villes nouvelles, symboles et financement innovant

Revenant sur ses réalisations emblématiques comme le Monument de la Renaissance africaine ou le siège de la BCEAO, Atepa affirme que des projets ambitieux peuvent changer durablement l’image d’un pays malgré les polémiques initiales. Il détaille également ses projets de villes nouvelles, de la cité “Kitoko” en RDC à “Africa Smart Island” à Dakar, en expliquant qu’ils reposent sur la valorisation foncière et l’investissement privé plutôt que sur les budgets publics déjà fragiles.

Monnaie, pétrole et nouveaux dirigeants africains

Interrogé sur le franc CFA, il reconnaît la volonté de nombreux Africains de sortir de cette monnaie mais alerte sur les risques d’une rupture précipitée dans un système financier mondialisé, rappelant que la zone CFA bénéficie jusqu’ici d’une inflation relativement maîtrisée. Concernant le pétrole et le gaz, il insiste sur l’importance de maîtriser la fiscalité, la transparence numérique des flux et le transfert de technologies dans les partenariats, tout en saluant l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants africains, dont Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, qu’il considère comme porteurs d’une rupture avec les pratiques prédatrices.

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