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Célébrons les femmes toujours un peu plus
JOURNEE DE LA FEMME
 
ID
3378
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Le 8 mars, Journée internationale de la Femme, est un jour de fête pour toutes les femmes. Mais c'est avant tout une journée militante, visant à rappeler le principe d'égalité entre les hommes et les femmes. Instaurée par les Nations Unies en 1977, cette journée se fonde sur les avancées législatives qui, au cours du XXème siècle, ont fait progresser les droits de la femme dans la plupart des pays. Au Sénégal, les femmes se mobilisent pour faire de cette fête une réussite, elles qui ont déjà engrangé plusieurs victoires comme celle de la parité-hommes/femmes. Aujourd’hui, elles mèneront plusieurs combats, notamment la ratification de la Convention 189, la lutte pour de meilleures conditions de travail pour les femmes domestiques, entres autres.

La journée internationale de la femme est l’histoire de femmes ordinaires qui ont fait l’histoire. Cette journée tire ses racines de la lutte menée par les femmes depuis plusieurs siècles, dans le but de participer pleinement à la marche de la société et sur le même pied d’égalité avec les hommes. Pour la petite histoire, dans l’antiquité grecque, Lysistrata avait lancé une « grève sexuelle » contre les hommes pour mettre fin à la guerre. Pendant la révolution française, des Parisiennes, demandant « liberté, égalité, fraternité », ont marché sur Versailles pour exiger le droit de vote des femmes.
Ainsi, l’idée d’une Journée internationale de la femme s’est fait jour au tournant des XIXème et XXème siècles, période caractérisée dans le monde industrialisé par l’expansion et l’effervescence, une croissance démographique explosive et l'émergence des idéologies radicales.
En 1909 aux Etats-Unis et conformément à une déclaration du Parti Socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire américain, le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.
À Copenhague, en 1910, l’Internationaliste socialiste a instauré une journée de la femme, de caractère international, pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour aider à obtenir le suffrage universel des femmes. D’autres pays ont suivi. C’est le cas de l’Allemagne, de l’Autriche, du Danemark et de la Suisse, où la journée de la femme a été célébrée en 1911. Plus d’un million de personnes (hommes et femmes) avaient assisté à ce rassemblement.

… et des revendications également
Mais, moins d’une semaine après, le 25 mars, le tragique incendie de l’atelier Triangle à New York a coûté la vie à plus de 140 ouvrières, pour la plupart des immigrantes italiennes et juives. Cet événement a eu une forte influence sur la législation du travail aux États-Unis, et l’on a évoqué les conditions de travail qui avaient conduit à cette catastrophe au cours des célébrations subséquentes de la Journée internationale de la femme.
Cependant, en 1917, deux millions de soldats russes ayant été tués pendant la guerre, les femmes russes ont de nouveau choisi le dernier dimanche de février pour faire la grève afin d’obtenir «du pain et la paix». Depuis ces années, la Journée internationale de la femme a pris une nouvelle dimension mondiale dans les pays développés comme dans les pays en développement. De plus en plus, la Journée internationale de la femme est le moment idéal pour réfléchir sur les progrès réalisés, demander des changements et célébrer les actes de courage et de détermination de femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits des femmes.
Dans ce combat, l’Onu y a joué un rôle prépondérant, car rares sont les causes dont l’organisation assure la promotion et qui suscitent un appui plus intense et plus vaste que la campagne menée pour promouvoir et protéger l’égalité des droits des femmes. Par exemple, la charte des Nations Unis, signée à San Francisco en 1945, était le premier instrument international à proclamer l’égalité des sexes, en tant que droit fondamental de la personne humaine. Et au fil des ans, l’action de l’Onu en faveur de la femme a fini par connaître plusieurs orientations, notamment la promotion de mesures juridiques, la mobilisation de l’opinion publique et de l’action internationale, la formation, la recherche et l’assistance directe aux groupes désavantagés.

Par Babacar DIENG

Les Nations Unies mettent sur pied un Collectif du 8 mars
Pour cette année, le système des Nations Unies au Sénégal a décidé de célébrer la Journée internationale de la femme autour d’une structure dénommée «le Collectif du 08 mars». Elle regroupe plus d’une trentaine d’organisations de la société civile, d’Ong et d’agents du développement des Nations Unies. L’objectif est de renforcer le plaidoyer déjà engagé par des dirigeants, décideurs et leaders d’opinions, en vue d’éradiquer la violence faite aux femmes et le respect de leurs droits.
Face à la presse hier, la coordonnatrice d’Onu Femme au Sénégal, Racky Chaupin, a présenté le plan d’actions des Nations Unies. Selon elle, la célébration se fera cette année de concert avec plus d’une trentaine d’organisations de la société civile et d’agences du système des Nations Unies.
Elle a fait comprendre que réunis autour du «Collectif du 08 mars», ces organisations entendent organiser une forte mobilisation autour des questions sur la violence faite aux femmes et leurs droits, en vue d’amener ces dernières à dénoncer les violences faites à leur égard. Aussi ce Collectif a-t-il décidé d’organiser, aujourd’hui, une mobilisation et une manifestation sur l’esplanade du Cedeps de Guédiawaye. «L’innovation cette année est que toutes les femmes qui s’activent dans le cadre de la promotion des droits des femmes convergent vers la banlieue et les zones rurales, pour décentraliser les activités et aller trouver les femmes là où elles ont des difficultés», a expliqué Mme Chaupin.
Il sera donc question, poursuit-elle, de faire le bilan des acquis en matière de promotion des droits des femmes ainsi que de l’engagement des Etats sur cette question. Le thème de cette année est «Une promesse est une promesse : il est tant de passer à l’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes». Lequel thème interpelle sur la nécessité pour les Etats de mettre en œuvre des mesures permettant de garantir l’effectivité de la promotion des droits des femmes. Le Collectif se donne comme mission de renforcer le plaidoyer déjà engagé par les décideurs et leaders d’opinion en vue de mettre un terme à la violence faite aux femmes, ainsi que le respect de leurs droits.

Des performances réalisées au Sénégal
Toujours dans le même registre, d’autres activités sont prévues sur l’ensemble du territoire. Dans le cadre de la lutte contre la violence faite aux femmes ainsi que la promotion de leurs droits, le Sénégal a réalisé des performances non négligeables, selon la coordinatrice de l’Onu Femme au Sénégal. «Cela, avec notamment l’adoption de la convention des Nations Unies de 1979 ainsi que les dispositions juridiques et politiques avec la loi 99-05 du 29 janvier 1999, etc.». Cependant, aux yeux de Mbarou Gasama Mbaye, coordonnatrice du Programme de financement de l’égalité des sexes, beaucoup de choses restent encore à faire. «Je pense que c’est l’application des lois qui pose encore problème. Les questions de la violence faite aux femmes sont tellement sensibles. Nous sommes dans un environnement socioéconomique qui ne milite pas pour la protection des femmes», a-t-elle indiqué. Elle a plaidé pour que le Sénégal prenne un certains nombres de mesures «dont la ratification des traités régionaux et internationaux, l’adoption et l’application des lois ainsi que le développement des plans d’action pour y faire face».

Ibrahima BA

Aminata KEBE, chargée de programme au UNHCR : « Le Sénégal doit harmoniser sa législation avec les conventions internationales »
Peut-on parler aujourd’hui d’acquis en termes de lutte contre la violence faite aux femmes dans notre pays ?
Je pense que le Sénégal a fait beaucoup de choses pour lutter contre la violence faite aux femmes du point de vue législatif. Il y eu une loi votée depuis 1999 pour lutter contre les violences faites aux femmes, les mutilations génitales féminines ainsi que la loi sur la parité. Cependant, il y a des choses à améliorer.

Que faut-il faire pour combler ces manquements ?
Le Sénégal a souscrit aux conventions internationales de promotion et de protection des droits de la femme dont la convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes et le protocole de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relative aux droits des femmes. Il y a beaucoup de droits qui sont conférés aux femmes, à travers ces conventions qui ne sont pas repris par le Sénégal dans sa législation interne. Dans la législation du Sénégal, il y a encore des discriminations, notamment avec le code de la famille et de la nationalité.
Notre pays doit harmoniser sa législation avec les conventions internationales. Parce qu’il y a un principe qu’on appelle la hiérarchisation des normes en droit, c’est-à-dire quand un pays signe et ratifie une convention au niveau international, cette dernière est supérieure à sa législation interne.
D’où la nécessité de mettre en conformité sa législation interne avec celle internationale. Tous les problèmes de discrimination que les femmes vivent au niveau législatif au plan interne, le Sénégal doit y remédier en harmonisant sa législation avec ces conventions.

Comment envisagez-vous la célébration de la journée de la Femme ?
Notre institution accompagne l’Association des femmes juristes du Sénégal (Afjs). Cette dernière envisage de rendre une visite aux femmes détenues à la Maison d’arrêt et de correction de Rufisque. À l’occasion de cette visite, on va en profiter pour faire des consultations juridiques gratuites.
Cela, en vue de revoir leur dossier et aussi de voir ce qu’il y a lieu de faire pour aider ces femmes détenues. Parce qu’il y a souvent des gens qui sont en détention préventive et faute de suivi de leur dossier judiciaire, elles croupissent en prison alors qu’elles auraient pu être jugées. Donc, il sera question de voir comment prendre en charge tous ces problèmes.

I. BA

L’Ue octroie 62 millions de FCfa pour accompagner les groupements féminins
L’Union européenne a octroyé, hier, 62 millions de FCfa à l’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest (Afao), pour l’accompagner dans la formation des femmes et des groupements féminins.
L’Union européenne a exprimé, hier, son soutien et sa solidarité aux femmes sénégalaises dans le cadre de la célébration de la journée internationale dédiée à ces dernières. L’Ue a joint à son soutien une enveloppe de 62 millions de FCfa pour appuyer l’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest (Afao). Selon l’ambassadrice de l’Union européenne, Mme Dominique Dellicour, cet appui vise à renforcer l’expérience du projet de l’usine de transformation des produits locaux à Rufisque. Cette unité, inaugurée en juillet 2010, a formé 600 femmes aux techniques de transformation des produits locaux. «L’Union européenne veut marquer, par sa présence, son soutien à une initiative visant à donner des compétences aux femmes afin qu’elles puissent améliorer leurs revenus et donc leur autonomie financière, indispensable sur le chemin de l’égalité entre hommes et femmes», a déclaré Mme Dellicour, qui a visité, hier, l’usine de transformation des fruits et légumes installée à Rufisque, en compagnie de la directrice exécutive de l’Afao, Mme Khady Fall Tall. Selon Mme Dellicour, le nouveau projet a pour but de constituer un réseau des femmes spécialisées pour accompagner et conseiller les groupements féminins impliqués dans la conservation et la transformation des produits agricoles. L’ambassadrice de l’Union européenne s’est réjouie des efforts faits au Sénégal dans la promotion de la femme, avec notamment la loi sur la parité dans les instances électives et l’augmentation du nombre de filles dans les écoles sénégalaises. La directrice de l’Afao a, pour sa part, indiqué que l’autonomisation des femmes est un défi que les pays africains doivent relever. Car, a-t-elle estimé, les femmes sont au début et à la fin de tout ce qui concerne le bien-être de la famille.
Khady Fall Tall a ajouté que l’Afao va renforcer ses actions en faveur de la formation des femmes et du développement d’activités génératrices de revenus. Sept régions (dont Thiès et Kaolack) seront bientôt dotées d’unités de formation à la transformation des fruits et légumes, selon la directrice qui a aussi annoncé la tenue, en juillet prochain, d’un colloque international sur la sécurité alimentaire.

Babacar DIONE

Des commerçantes ne se sentent pas concernées
Au marché Castors, des vendeuses interrogées déclarent qu’elles ne sont pas concernées par la journée de la femme. Elles sont plutôt intéressées par un soutien qui leur permettrait de sortir des difficultés dans lesquelles elles sont plongées.
Elles sont nombreuses, les femmes qui passent presque toute leur vie au marché de Castors. Elles sont spécialisées dans la vente de légumes, de poissons et d’autres produits. Parmi elles beaucoup ne savent même pas qu'il existe une journée dédiée à la femme. Leur préoccupation majeure demeure l’écoulement de leurs produits, pour subvenir aux besoins de leurs familles. «Personne n’a jamais pensé à moi. Je ne compte que sur ma table de produits pour élever mes enfants, payer le loyer et mes factures. Donc, de grâce, que personne ne me parle de journée de la femme», déclare sèchement une commerçante qui vend des produits cosmétiques. Mbayang Kane, vendeuse de poissons, pour sa part, tourne le dos à cette journée. «Elle ne veut rien dire pour moi. Chaque jour, je me lève à 4 heures du matin pour aller à la mer. Après je reste au marché pour écouler mes poissons. Mais, le 08 mars, il n’y aura aucun changement pour moi, car je ne ferai que continuer cette même activité pour gagner mon pain quotidien», lance-t-elle. Précisant que les cadeaux qui seront remis aux associations ou groupements de femmes ne sont pas et ne seront pas à elle.
Habitante de Yeumbeul, Rama Diallo, vendeuse de légumes, souligne que la célébration de cette journée est un non événement pour elles. «C'est un jour comme les autres, je suis toujours entre la maison et le marché». À l’en croire, cette journée est réservée aux femmes instruites. Agée de 32 ans, sa collègue Adja Ndiaye indique qu’elle ne peut pas parler de journée de la femme, «quand nous n’avons pas droit à la santé, à un logement décent. Il est temps pour les autorités de nous venir en aide. Il faut soutenir les femmes pauvres en finançant leurs projets», dit-elle. Pointant du doigt les détritus et les eaux usées qui coulent sur la surface du marché, Adja Ndiaye demande qu’on les mette dans de bonnes conditions de travail. «C’est de cette façon que nous nous sentirons honorer», a-t-elle souligné. Si ces femmes ne s’intéressent guère à la journée internationale de la femme, d’autres par contre attendent avec impatiente des récompenses. C’est le cas de Guenou Ngom, vendeuse de poissons. «En ce jour du 08 mars, j’attends que les hommes nous rendent heureuses. Ce sont les femmes qui complètent parfois la dépense quotidienne. Donc, les hommes doivent nous honorer en nous offrant ne serait-ce qu’un petit cadeau. D’ailleurs, ils se devaient de nous relayer au marché et à la cuisine», sourit-elle. «Je veux que les hommes donnent plus de considération et de respect aux femmes. Sa copine Astou Conté est du même avis, soulignant qu’aujourd’hui (08 mars), elle s’attend à recevoir un joli cadeau de son époux.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Les femmes de ménage aspirent à de meilleures conditions de travail
Les femmes travailleuses des différentes centrales syndicales du pays saisiront cette journée pour plaider la ratification de la Convention 189 de l’Oit qui prend en charge les intérêts des femmes domestiques, lesquelles aspirent fortement à de meilleures conditions de travail. La date du 8 mars ne laisse pas de marbre les femmes, à plus forte raison les dames syndicalistes. Sous ce rapport, l’intersyndicale des femmes va insister aujourd’hui sur le problème des domestiques. Selon la présidente de la convention des femmes de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal-Force du changement (Cnts-Fc), Ndèye Aïssatou Niang, les débats de ce vendredi porteront sur la Convention n°189 qui offre une protection spécifique aux travailleuses domestiques. En effet, l’Organisation internationale du travail (Oit) explique que cette règlementation fixe les droits et principes fondamentaux, et impose aux États de prendre une série de mesures en vue de faire du travail décent une réalité pour les travailleuses domestiques. «Nous célébrons la journée du 08 mars pour nous exprimer. Nos attentes tournent surtout autour de la ratification de la Convention 189. Nous avons sensibilisé à deux reprises l’Assemblée nationale dans ce sens, mais en vain», indique la responsable syndicaliste de la Cnts-Fc, Mme Diène.
Présidente de la convention des femmes de la Cnts-Fc, elle souligne que le 08 mars leur a permis d’avoir des acquis telle que la parité. Toutefois, les femmes continuent de dénoncer les violences qu’elles subissent. Mme Dièye s’offusque des abus sexuels, de l’impunité, de la difficulté d’accéder aux instances de décisions, du manque de formation de certaines femmes, entre autres griefs. «Nous allons aider les femmes à se former afin qu’elles sachent davantage leurs droits et devoirs», promet Mme Diène.

Serigne Mansour Sy CISSÉ

Michelle BACHELET, directrice d'ONU femmes : « Le changement est possible »
À l’occasion de la Journée internationale de la femme célébrée aujourd’hui, la directrice d’Onu Femmes, Michelle Bachelet, a envoyé un message d’espoir aux différentes organisations de lutte contre la violence faite aux femmes ainsi que le respect de leurs droits.
« Dans le monde entier, le silence et l’indifférence faiblissent à mesure que nos voix s’élèvent. Le changement est possible. Mieux il se produit ! » a dit Michelle Bachelet dans une déclaration adressée au bureau d’Onu Femmes du Sénégal. Selon elle, ce changement se produit lorsque des protestations s’élèvent à travers le monde entier, mais aussi lorsque des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes, se soulèvent pour dire non à la violence faite aux femmes. Michelle Bachelet qui s’est dite à la fois nourrie d’espoir et d’indignation appellent les gouvernements à tenir leurs promesses et à protéger les droits de la personne, conformément aux conventions et aux accords internationaux qu’ils ont signé. «Nous disons trop, c’est trop. Le 21ème siècle ne peut pas tolérer la discrimination et la violence envers les femmes et les filles», a-t-elle indiqué.
Elle ajoute : «Nous n’avons pas le droit d’empêcher l’accomplissement de progrès en faveur des femmes du monde entier». Pour la directrice d’Onu Femmes, le droit d’une femme à être à l’abri de la violence dépend d’un solide système judiciaire. Et les pays qui promulguent et font respecter des lois relatives à la violence envers les femmes, affichent un moindre taux de violence fondée sur le genre. «À l’heure actuelle, 160 pays disposent de lois combattant la violence faite aux femmes. Néanmoins, une loi n’a que la force que lui donne son application, et dans de trop nombreux cas, ces lois ne sont pas appliquées», a-t-elle déploré, tout en invitant à l’adoption des lois et de politiques fortes ainsi que leur application.

Ibrahima BA

Le comité des femmes de la Cnts souhaite la ratification de la convention 189
«L’éradication des violences faites aux filles et aux femmes», c’est le thème choisi cette année par le comité des femmes travailleuses de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts), en collaboration avec l’Unsas, la Csa, l’Udts et la Cnts/fc, pour commémorer en ce jour la Journée internationale de la femme.
À l’instar de la communauté internationale, le comité des femmes travailleuses de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) célèbre ce 08 mars. À l’occasion, la Cnts, l’Unsas, la Csa, l’Udts et la Cnts/fc organisent en synergie un panel sur les violences faites aux filles et aux femmes.
Elles y plaideront pour de meilleures conditions de vie des femmes et exigeront davantage de respect de leurs droits. Pour Amy Sylla Sarr, membre du comité des femmes de la Cnts et de la coalition des centrales syndicales membres du Cis, c’est une grande première de voir ces cinq syndicats, tous membres de la Cis, s’unir autour de la même cause : la défense des droits des femmes. «L’objectif principal est d’amener nos gouvernants à ratifier les conventions concernant les femmes et à veiller à l’application effective de celles déjà ratifiées, afin de mettre fin à la misère, aux violences et aux discriminations envers les femmes», a-t-elle indiqué. Amy Sylla Sarr a également rappelé le rôle déterminant du comité de suivi mis en place depuis novembre 2012, afin d’inciter l’Etat à honorer ses engagements par la ratification de la convention 189, avant le mois de décembre de l’année en cours. « Car il ne s’agit plus de se limiter aux simples discours, mais d’agir pour mettre fin aux nombreuses barbaries dont sont victimes les femmes». Même si elle a reconnu qu’il y a eu des avancées significatives, notamment la volonté politique de l’Etat du Sénégal à promouvoir les femmes par le vote de la loi sur la parité dans les instances électives, il n’en demeure pas moins qu’elle a souligné que le chemin à parcourir reste encore long. Aussi invite-t-elle l’Etat à prendre des mesures draconiennes contre les «inhumanités» subies par les femmes dans les foyers et dans les lieux de travail.

Ibrahima KANDÉ (stagiaire)

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