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Par Xaadym l'Autodidacte
Sortir des illusions pour refonder la gouvernance
Mais une question fondamentale mérite d’être posée sans détour : peut-on durablement substituer le consensus au suffrage universel sans fragiliser la démocratie elle-même ?
 
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1006066
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Au Sénégal comme ailleurs, un discours prend de l’ampleur : celui du consensus comme horizon supérieur à la démocratie électorale. Il est porté par des acteurs respectés de la société civile et du débat public, dont Alioune Tine, souvent associé à l’idée de dialogue permanent, de médiation et de dépassement des clivages partisans.

Mais une question fondamentale mérite d’être posée sans détour : peut-on durablement substituer le consensus au suffrage universel sans fragiliser la démocratie elle-même ?

Le malaise réel : non pas la démocratie, mais sa captation

Le problème central n’est pas la démocratie en tant que principe. Il est ailleurs : dans la transformation progressive de l’État en instrument de conquête partisane, où les institutions deviennent des prolongements du pouvoir politique.

Cette dérive produit des effets bien connus :

clientélisme systémique,

fragilisation de la neutralité administrative,

confusion entre État et parti,

et sentiment croissant de dépossession citoyenne.

C’est cela, et non le vote, qui alimente la défiance.

Le consensus : solution ou dérive interprétative ?

Le consensus est une valeur noble dans toute démocratie mature. Il permet de stabiliser les institutions sur des enjeux fondamentaux : Constitution, justice, défense, organisation électorale.

Mais lorsqu’il devient un principe de validation permanente de l’action politique, il change de nature. Il ne complète plus la démocratie : il la concurrence.

Le risque est clair : voir émerger une logique où la légitimité ne vient plus du peuple souverain, mais d’une validation élargie d’acteurs institutionnels, politiques et sociaux auto-désignés.

Une telle évolution, même portée par de bonnes intentions, peut affaiblir le principe fondamental du suffrage universel.

Le dialogue ne remplace pas le vote

Le dialogue politique est indispensable. Mais il doit rester un instrument de régulation, non un substitut à la décision électorale.

Sinon, on glisse vers une démocratie sous condition :

condition de consensus préalable,

condition d’accord des forces en présence,

condition de validation continue.

Or une démocratie fonctionne précisément parce qu’elle accepte la règle majoritaire, encadrée par des contre-pouvoirs.

Le vrai chantier : refonder l’État, pas contourner la démocratie

Plutôt que de chercher une “autre formule” à la démocratie, la question est plus exigeante :

comment rendre la démocratie moins capturable ?

Cela suppose des réformes structurelles :

indépendance effective de la justice,

transparence totale du financement politique,

renforcement des autorités de contrôle,

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