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Par El Hadj Ndary Gueye
Est-ce le bon chemin, monsieur le ministre ?
Alpha Thiam, n'a pas lu ou compris tout l'argumentaire, la grande bataille de Senghor essentiellement basée sur la Culture qui selon lui, est "au début et à la fin de toute civilisation".
 
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Le ministre des Arts, de la Culture et du Tourisme a choisi la périphérie et non le centre pour pendre la crémaillère.

Alpha Thiam, n'a pas lu ou compris tout l'argumentaire, la grande bataille de Senghor essentiellement basée sur la Culture qui selon lui, est "au début et à la fin de toute civilisation".

Ce littéraire a ouvert les portes du " donner et du recevoir", mettant ainsi en évidence, la complémentarité des differences. Il a su donner durant son magistère de la visibilité, du charisme à notre pays sur la scène mondiale. Et fort heureusement, les Arts et la Culture le lui ont rendu étant présents lors du Festival mondial des Arts nègres, qui a déclenché le tourisme chez nous.

Son point de départ, c'est justement l'élevation de la Culture comme matrice, tout autant. l'arme fatale pour l'éradication de la tragédie de l'analphabétisme, du décrochage matinal de l'école qui concerne10 millions d'âmes sur dix neuf millions que représente la population. Voilà un important point de départ en symbiose avec le ministre de l'éducation nationale qui peut porter ses fruits sur le devenir du pays.

Senghor nous a enseigné, l'apport substantiel de l'hellenisme de cette Grèce antique d'où est partie la civilisation occidentale. Cette même Grèce qui a puisé l'essence de ses us et coutumes en Égypte d'après l'immense Cheikh Anta Diop. Le latin et le grec ne nous ont pas fait mal, ne nous ont pas fait perdre notre temps. Neni ! Qu'on le veuille ou non, le niveau d'instruction du temps de Senghor, n'est en rien comparable à celui d'aujourd'hui en atteste l'inflation de doctorats sans relief, sans extase par les temps qui courent. L'émerveillement, est dans l'humilité et surtout dans les résultats.

L'Afrique a du retard, car n'a pas encore, les rudiments, les armes massives de la construction du fait de l'illettrisme, de l'inculture.

Monsieur le Ministre se devait de tenir un discours sur l'apprentissage, comme substrat, sur l'école, temple du savoir, encourager la lecture, faire renaître les bibliothèques, faire revivre les matinées scolaires, ouvrir le Grand théâtre aux pieces, non aux saynètes. Ce beau temple de la Culture. ne l'est que de nom. Un édifice colonisé par les futilités plus que par le savoir. Lux mea lex !

Je voyais le ministre avec un catalogue, représentant les artistes plasticiens, ensuite se poser la question sur l'avenir du cinéma sénégalais, jadis le modèle, la référence, aujourd'hui dans les mains du Burkina.

Puis relever les goulots d'étranglement de la maroquinerie, le travail du cuir en particulier, surtout, le problème de finition de toute la nomenclature pour faire annihiler l'importation. Une manière de stimuler ce secteur en souffrance et de lui garantir des emplois par des mesures hardies.

Mon imaginaire était aussi dans les sempiternelles doléances dans la bijouterie qui verrait de bon œil, qu'une bonne partie de l'extraction soit raffinée et utilisée ici pour la réduction des coûts marginaux. 

Le Sénégal n'a manifestement pas compris la vraie substance du patriotisme économique. Le secteur de la joaillerie n'a pas encore enfanté des Cartier, des Vendôme, des Rolex. Pourtant le génie sénégalais en est capable, s'il y avait des patriotes au sens étymologique et une réelle volonté politique.

La liste des priorités, n'est pas exhaustive, sauf qu'il y a tout de même à s'alarmer sur le caractère néophyte du ministre du Tourisme en la matière, sans l'offenser, encore moins, le stigmatiser. Il a une ignorance absolue sur ce secteur, si ce n'est des généralités vagues, une manière superficielle d'appréhender le potentiel touristique en tant que première industrie mondiale en sus de tous les effets d'entraînement du fait de sa transversalité. Cela demande de la vision, de la touche artistique, de l'ingénierie, bref du talent.

La situation présente du Tourisme, n'est pas si éloignée de la situation kafkaienne de notre football où l'émotion, les coteries, ont le primat sur l'effience. Des citrons qui n'ont plus de jus qui veulent encore orner. Hélas, il ne reste que la peau.

Le Tourisme est un business, c'est une réalité plus qu'evidente, mais paradoxalement géré depuis plus de vingt ans par des fonctionnaires sans le sens des affaires ou alors des politiques, hors du temps, des réalités géoéconomiques et géopolitiques. Une situation on ne peut plus cocasse, hilarante, quand des commerçants ne savent pas vendre, un produit, une destination, si ce n'est que ce qu'ils savent faire le mieux : l'ostracisme, la sempiternelle logorrhée et les voyages non essentiels. Monsieur le ministre, les bons et certainement l'écrasante majorite sont à la maison.

A propos quel est le bilan de l'Aspt, de la Sapco ? Faites l'état des lieux. Si un débat pouvait se tenir ?

Enfin, le ministre, a-t-il réellement mesuré le reliquat du mandat, le fast track comme mode opératoire, les urgences d'une renaissance tout azimut du secteur et surtout les résultats attendus ?

Je ne le crois pas au vu du folklore qu'il a priorisé et qui hélas, n'est pas encore cette industrie qui fait rentrer des devises. Les Beatles ont été décorés de l'ordre de OBE ( Order of the British Empire), Rod Stewart, Elton John, Mick Jagger, anoblis, pas uniquement pour leur popularité, mais pour les devises qu'ils faisaient rentrer dans le Royaume Uni. C'est le même cas des étoiles disposées sur le Sunset Blvd à Los Angeles pour les artistes du septième art et de la musique en reconnaissance pour services rendus à la Culture en général. Situation identique pour Bob Marley dont les gains représentaient 1% du Pib jamaicain. La musique, est loin d'être une manne de devises pour le pays, à ne pas confondre avec la célébrité. 

La Culture, elle est ce que l'on ajoute à une journée pour en faire toute une vie.

Nous tenions à partager une modeste, courte  réflexion à l'aune de notre pedigree, étant tant soit peu, à la fois, acteur et auteur de maints ouvrages monographiques depuis plus de vingt ans.

Seul le Sénégal est au cœur de nos légitimes préoccupations, qu'on peut aider étant chez soi.

"J'aime mon pays d'un amour qui arrache les larmes" disait Maître Lamine Gueye. J'en ai fait mon hymne. 

El Hadj Ndary Gueye 

Journaliste-essayiste-consultant en ingénierie touristique

Créateur d'Azur, la vie en bleu

Créateur du calendrier touristique à thèmes 

Auteur de :

Passeport touristique 

Destination Dakar 

Couleurs et Lumières du Sénégal 

Il y a de quoi être foot du Sénégal 

Saint-Louis la Tranqu'île
 

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