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À Dakar, les systèmes éducatifs francophones en quête de transformation
Des représentants de plusieurs pays ont évalué des pratiques pédagogiques centrées sur la langue d’enseignement, le numérique éducatif et la formation continue des enseignants, dans une logique de coopération et de comparaison des expériences.
 
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À Dakar, le deuxième regroupement de la première cohorte de la filière des « cadres éducatifs » du Collège international de Villers-Cotterêts s’est achevé après quatre jours d’immersion, d’observation et d’analyses croisées des systèmes éducatifs francophones. La cérémonie de clôture, tenue à l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF), a réuni les représentants du ministère de l’Éducation nationale du Sénégal, de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, ainsi que les experts et participants issus de plusieurs pays.

Ce regroupement s’inscrit dans une dynamique de formation continue destinée à renforcer les capacités d’analyse et de pilotage des politiques éducatives. Les cadres éducatifs venus de Côte d'Ivoire, Djibouti, France, Haïti, Madagascar, Sénégal et Togo ont été immergés dans des établissements sénégalais afin d’observer des pratiques réelles liées à trois axes majeurs : la langue d’enseignement, le numérique éducatif et la formation continue des enseignants.

Prenant la parole au nom du ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy, le secrétaire général Papa Malick Ndao a salué un « travail accompli avec satisfaction », soulignant la qualité des échanges et l’engagement des participants tout au long du processus. Il a insisté sur la portée stratégique de cette immersion dans le système éducatif sénégalais, qu’il considère comme une étape importante dans la construction d’une dynamique d’excellence partagée. Selon lui, l’observation directe des pratiques pédagogiques constitue un levier essentiel pour transformer les politiques éducatives, en impliquant davantage les acteurs de terrain, notamment les enseignants, les encadreurs et les cadres administratifs.

Le responsable a également mis en avant la pertinence des conclusions issues des travaux, estimant qu’elles ouvrent des perspectives concrètes pour les systèmes éducatifs. Il a notamment évoqué les enjeux liés au bilinguisme et à la place des langues nationales dans l’enseignement, tout en saluant les efforts du programme ÉLAN dans ce domaine. Le numérique éducatif a également été identifié comme un levier majeur de transformation pédagogique et de performance scolaire.

Pour la directrice de l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF), Mona Laroussi, ce regroupement dépasse le cadre d’un simple atelier. Elle a rappelé que les participants ont été placés en situation d’observation active, confrontés à des réalités de terrain permettant de confronter les approches nationales aux pratiques observées. Elle a souligné que les défis rencontrés par les systèmes éducatifs francophones sont largement partagés, notamment en matière de pilotage, de formation des enseignants et d’intégration du numérique. Dans cette perspective, elle a insisté sur le rôle des participants comme acteurs de transformation, appelés à influencer les dispositifs de formation et les politiques éducatives dans leurs pays respectifs.

La responsable de l’IFEF a également rappelé l’importance des programmes structurants de la Francophonie, notamment le programme ÉLAN et le programme PiP, dédiés respectivement au plurilinguisme et au partage d’innovations pédagogiques. Elle a appelé les participants à devenir des relais actifs de ces initiatives, tout en saluant le travail des équipes techniques et des partenaires institutionnels.

Représentant le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, Nelson Lepicouche a salué la richesse des échanges observés durant la semaine. Il a mis en avant l’engagement conjoint des partenaires impliqués dans le Collège international de Villers-Cotterêts, notamment l’AUF, l’IFEF, France Éducation International et la Cité internationale de la langue française. Il a rappelé que ce programme s’inscrit dans une stratégie politique portée au niveau du Sommet de la Francophonie de 2024, avec un financement initial de la France estimé à plus de 3,5 millions d’euros. L’ambition affichée est de structurer durablement un dispositif de formation destiné à différents profils éducatifs, allant des enseignants aux cadres administratifs, en passant par les interprètes.

Au-delà des chiffres, il a insisté sur la nécessité de mesurer l’impact réel du programme dans les systèmes éducatifs nationaux. Il a également souligné les enjeux liés à la pérennisation du dispositif, appelant à un modèle de financement partagé entre les États membres.

Pour sa part, la responsable projet de l’Agence universitaire de la Francophonie, Margarita Lopez, a rappelé que ce regroupement visait à faire de Dakar un espace d’observation, d’analyse et d’apprentissage collectif. Elle a salué l’implication des cadres éducatifs dans une démarche d’immersion au sein des établissements sénégalais. Elle a souligné que les participants ont pu analyser des dispositifs concrets liés à la formation des enseignants, au pilotage des établissements, au numérique éducatif et à la place des langues nationales. Cette approche comparative constitue, selon elle, le cœur de la méthodologie du Collège international de Villers-Cotterêts.

Elle a également précisé que cette étape n’est qu’un moment intermédiaire dans un parcours plus large, qui se poursuivra avec une formation à distance, puis un regroupement final prévu en France. L’objectif est de produire des rapports d’analyse destinés à alimenter les politiques éducatives des pays participants.

Au terme de cette rencontre, les participants repartent avec des productions collectives et des analyses croisées appelées à nourrir les réformes éducatives dans leurs pays. Les travaux ont mis en évidence des convergences autour de trois priorités : l’intégration des langues nationales dans les systèmes éducatifs, le renforcement du numérique dans les pratiques pédagogiques et la modernisation des dispositifs de formation continue des enseignants.

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