(SenePlus) - La Présidence de la République du Sénégal a annoncé, ce mercredi 13 mai 2026, une réorientation du format de la Journée du dialogue national initialement prévue le 28 mai prochain. Dans un communiqué signé par le ministre, secrétaire général de la Présidence, Oumar Samba Ba, les autorités expliquent que cette date coïncide cette année avec la période de la Tabaski, marquée par d’importantes obligations spirituelles et familiales pour de nombreux Sénégalais.
Selon le document, le chef de l’État a décidé, « à titre exceptionnel », de remplacer la formule habituelle du dialogue national par « une démarche de consultation directe et plus resserrée ». Cette décision vise, d’après la Présidence, à permettre aux citoyens de célébrer cette fête majeure du calendrier religieux dans les meilleures conditions.
Dans cette dynamique, le président de la République recevra en audience, du 21 au 31 mai 2026, plusieurs hautes personnalités ainsi que des représentants des forces vives de la nation. Ces échanges porteront principalement sur la consolidation de la cohésion nationale ainsi que sur la situation globale du pays.
À travers cette initiative, le chef de l’État réaffirme, selon le communiqué, son attachement au dialogue en période de paix et son engagement à poursuivre, « avec détermination et esprit d’inclusion », la construction d’un Sénégal « solidaire, souverain, juste et prospère », fondé sur ses valeurs essentielles.
Cette nouvelle orientation suscite toutefois des réactions au sein de l’opposition. Responsable politique de l’Alliance pour la République (APR), Oumar Sow estime que le pouvoir peine déjà à instaurer un dialogue sincère avec ses propres alliés politiques. Selon lui, les tensions observées au sein du parti Pastef, autour d’Ousmane Sonko et de la coalition DiomayePrésident, notamment après les événements de Mbour, fragilisent davantage la crédibilité d’un nouveau dialogue national.
L’opposant s’interroge également sur la pertinence d’organiser « un énième dialogue national » alors que, dit-il, les conclusions du précédent n’ont toujours pas été appliquées. Il critique surtout le changement de format annoncé par la Présidence, estimant que le passage d’un dialogue public à des audiences privées à huis clos soulève des interrogations sur la transparence du processus.
Pour Oumar Sow, cette démarche pourrait être perçue par une partie de l’opinion comme une tentative de préparer des rapprochements politiques ou de nouvelles transhumances « négociées en coulisses ». Il oppose ces initiatives aux difficultés économiques auxquelles sont confrontées de nombreuses familles sénégalaises à l’approche de la Tabaski.