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Les contours d’un remake de 62
Le Sénégal vit ces dernières 72 heures des soubresauts politiques qui rappellent ceux connus d’il y a 64 ans, mettant en lumière le chef de l’etat, le Président du Conseil et l’assemblée nationale
 
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1005205
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Le Sénégal vit ces dernières 72 heures des soubresauts politiques qui rappellent ceux connus d’il y a 64 ans, mettant en lumière des figures majeures de la vie publique et des institutions de la République telles que le chef de l’etat, le Président du Conseil et l’assemblée nationale.

La République est en ébullition. La vie politique bouillonne. Les acteurs politiques agissent. Dans un laps de temps, le Sénégal s’est retrouvé sans gouvernement et sans président de l’Assemblée nationale. A la surprise générale, en dehors de certains observateurs avertis, le chef de l’Etat a limogé son Premier ministre. 

La décision est tombée en début de soirée du vendredi dernier alors que ce dernier venait de se soumettre pour la cinquième fois après sa nomination à ce poste depuis avril 2024 aux questions d’actualité au Gouvernement. Les raisons officielles de son éviction ne sont pas pour le moment communiquées. Mais, Ousmane Sonko payerait, selon certains, les frais de sa déclaration sur les fonds politiques dans laquelle il semblait reprocher au chef de l’Etat de dilatoire sur la question sus évoquée. 

Dans la foulée de son limogeage, Ousmane Sonko a bénéficié d’un bain de foule devant son domicile à la Cité Keur Gui devenu le temps d’un week-end le quartier général du Pastef / Les Patriotes. Pendant que les Sénégalais s’interrogeaient, le président de l’Assemblée nationale a démissionné de son poste. Un choix qui procède, d’après El Malick Ndiaye, d’un choix personnel, guidé avant tout par sa «conception des institutions», de la «responsabilité publique» et de l’intérêt supérieur de la Nation. Aussitôt après la démission de son président, l’Assemblée nationale a été convoquée aujourd’hui en séance plénière par son vice-président afin de procéder à la réintégration d’Ousmane Sonko à son poste de député puis à l’élection du nouveau bureau de l’Assemblée nationale. Toutefois, le retour de l’ex Premier ministre à l’institution sise au rond-point Soweto suscite une levée de boucliers. Car, Ousmane Sonko, qui a le soutien absolu des 130 députés de la majorité, est pressenti prochain président de l’Assemblée nationale. Ces évènements semblent déjà avoir eu lieu au Sénégal en décembre 1962. Comme lors de cette crise qui a éclaté entre le chef de l’Etat et son homme de confiance, le président du Conseil, Mamadou Dia, celle-ci met en scène deux camarades de parti. Du tandem à la tête de l’Etat, le Sénégal est proche de vivre un bicéphalisme entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Comme les événements de 62, cette crise est partie de l’Assemblée nationale. 

UN CONSEIL NATIONAL DE SECURITE EXTRAORDINAIRE TENU UN DIMANCHE, UNE ASSEMBLÉE NATIONALE SOUS HAUTE SÉCURITÉ, ENTRETIEN AVEC LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL 

En attendant la séance plénière cruciale d’aujourd’hui, le champ politique est en transe. Les états-majors scrutent de près la situation nationale. A ce titre, Takku Wallu, seul groupe parlementaire de l’opposition à l’Assemblée nationale, demeure farouchement opposé à la réintégration du leader du Pastef. Il parle à ce titre d’un coup d’Etat «préparé» et «conçu» par l’Assemblée nationale. 

Plusieurs organisations politiques et de la Société civile regroupées au sein d’un collectif dit Forces Vives dont l’Apr, la Nouvelle Responsabilité, Taxaawu Sénégal ont, dans une déclaration conjointe, qualifié la décision du Pastef de réintégrer Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale d’un «coup d'État législatif », qui viserait à installer un «climat de chaos et d'incertitude au cœur de la République». Elles appellent, par ailleurs, l'ensemble des Sénégalais, quels que soient leur fonction ou leur rôle, à prendre leurs responsabilités, ici et maintenant, en agissant pour la sauvegarde de la République du Sénégal. Ces soubresauts font peser de graves risques politiques sur le pays. L’Etat anticipe tout problème d’ordre sécuritaire. 

A ce titre, un Conseil national de sécurité a été tenu extraordinairement un dimanche, jour non-ouvrable. Il a été question de déterminer les actes d’intervention de l’Etat en amont. A ce titre, la réunion de l’Assemblée nationale de ce matin va se tenir aujourd’hui dans une atmosphère électrique en présence d’une forte présence sécuritaire. Le président de la République a eu un entretien dans ce contexte politique chargé avec la présidente du Conseil constitutionnel. Un signe avant-coureur.

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