(SenePlus) - Réunis à Accra du 17 au 19 juin 2026, responsables politiques, chercheurs et représentants d’institutions internationales participent à une rencontre consacrée aux réparations liées à l’esclavage et à la colonisation. L’enjeu principal de ce sommet est de faire progresser un dossier qui gagne en visibilité sur la scène internationale, notamment après l’adoption récente d’une résolution de l’ONU qualifiant la traite négrière de crime le plus grave contre l’humanité.
Les discussions visent à dépasser le simple débat sur les indemnisations financières. Les participants défendent une approche plus large englobant la reconnaissance historique des torts subis, la lutte contre les inégalités héritées de cette période, les programmes éducatifs, les investissements, les restitutions d’œuvres d’art ainsi que les excuses officielles des États ayant bénéficié du système esclavagiste.
Le président du Ghana, John Dramani Mahama, qui porte ce dossier au sein de l’Union africaine, estime également que la question des réparations est liée à la place accordée à l’Afrique dans la gouvernance mondiale. Il plaide notamment pour une représentation plus importante du continent dans les instances internationales.
Le choix du Ghana pour accueillir cette rencontre n’est pas fortuit. Le pays abrite plusieurs sites emblématiques de la traite transatlantique, notamment les forts d’Elmina Castle et de Cape Coast Castle, qui demeurent des symboles majeurs de la déportation de millions d’Africains vers les Amériques. Les autorités ghanéennes souhaitent ainsi faire du pays un espace de mémoire mais aussi de reconstruction.
Pour les organisateurs, cette rencontre doit déboucher sur des mécanismes concrets et mesurables afin d’éviter que la dynamique actuelle ne reste symbolique. L’ambition est de définir une stratégie commune permettant de faire avancer les revendications africaines et celles de la diaspora sur le terrain diplomatique et politique.