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La quête d’un nouveau souffle industriel
A l’initiative de l’Agence Sénégalaise pour la Promotion des Investissements et des Grands Travaux (APIX), un atelier de concertation a marqué hier, jeudi 4 juin 2026, à Dakar, le lancement d’une refonte approfondie du cadre juridique des Zones Economique
 
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A l’initiative de l’Agence Sénégalaise pour la Promotion des Investissements et des Grands Travaux (APIX), un atelier de concertation a marqué hier, jeudi 4 juin 2026, à Dakar, le lancement d’une refonte approfondie du cadre juridique des Zones Economiques Spéciales (ZES). Face à des résultats encore en deçà des attentes, l’État souhaite construire, avec les investisseurs, un dispositif plus performant et mieux adapté aux exigences de la concurrence internationale.

Le message est clair. En réunissant pour la première fois depuis la réforme de 2017 les principaux acteurs du secteur privé autour de l’avenir des ZES, l’APIX reconnaît la nécessité d’accélérer les réformes pour atteindre les objectifs d’industrialisation du pays. À l’ouverture des travaux, son directeur général, Bakary Séga Bathily, a souligné que les performances enregistrées jusqu’à présent demeurent insuffisantes au regard des ambitions nationales. Les données présentées lors de la rencontre révèlent toutefois une dynamique réelle. Les trois zones actuellement opérationnelles sont : le P2ID, la ZESID et la ZESS qui accueillent 66 entreprises, avec une croissance annuelle des implantations supérieure à 19 %. Plus de 10 800 emplois ont été déclarés et un portefeuille d’investissements de plus de 81 milliards de FCFA est attendu entre 2025 et 2026, porté notamment par Auchan, Sanata et Avenir Pharmacys. 

DES OBSTACLES PERSISTANTS 

Malgré ces avancées, plusieurs contraintes continuent de freiner le développement des zones. Le taux de concrétisation des emplois annoncés reste faible : 3,5 % au P2ID, 5,4 % à la ZESID et 8,2 % à la ZESS. Sur les 871 hectares attribués aux investisseurs, seuls 218 hectares sont effectivement exploités, laissant plus de 650 hectares encore inexploités. L’APIX identifie également le coût élevé de l’électricité comme un important facteur de perte de compétitivité. À cela s’ajoute la faible opérationnalisation du mécanisme d’import-substitution, pourtant conçu pour renforcer les chaînes de valeur locales et favoriser l’intégration industrielle. 

L’APPUI DE L’ONUDI 

Partenaire de cette réforme, l’Organisation des Nations unies pourle développement industriel (ONUDI) a réaffirmé son engagement aux côtés du Sénégal. Son représentant pour le Sénégal, le Cap-Vert et la Gambie, Rafik Feki, a mis en avant l’expérience acquise par l’organisation dans plusieurs pays africains, notamment au Maroc, où plus de 800 zones économiques ont fait l’objet d’un diagnostic approfondi. Selon lui, la réforme devra s’appuyer sur trois piliers essentiels : les enseignements tirés des expériences internationales, les priorités stratégiques nationales et les attentes concrètes du secteur privé. 

MISER SUR LES FILIÈRES INDUSTRIELLES 

Cette dernière dimension a été largement défendue par Alla Sène, représentant des industriels. Il a plaidé pour une approche structurée autour des filières productives, en s’appuyant sur les travaux déjà engagés dans quinze filières industrielles stratégiques.

Selon lui, les ZES doivent devenir un véritable levier d’intégration industrielle, à l’image du Maroc, où l’industrie automobile atteint un taux d’intégration locale de 45 %, ou encore de la Chine, dont une grande partie de la production industrielle est organisée au sein de zones spécialisées. Il a également insisté sur l’importance du financement et sur le rôle que pourrait jouer la diaspora dans la mobilisation des ressources nécessaires au développement du secteur privé national. À l’issue des consultations, l’APIX prévoit de transmettre rapidement ses recommandations au ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération. L’objectif affiché est de faire émerger des zones économiques plus attractives, plus compétitives, créatrices d’emplois qualifiés et davantage intégrées aux chaînes de valeur mondiales. Dans un contexte où les investisseurs disposent d’un large éventail de destinations, le Sénégal entend désormais se mesurer non seulement à ses voisins, mais également aux meilleures plateformes d’investissement à l’échelle internationale.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

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