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Le calme avant la tempête
AN UN DE MACKY SALL AU POUVOIR : ENSEIGNEMENT MOYEN-SECONDAIRE
 
ID
3733
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Le système éducatif sénégalais vit une crise structurelle que la première année au pouvoir de Macky Sall n’a pas permis de résoudre. Les enseignants demeurent insatisfaits. Les conditions d’apprentissage des élèves et des étudiants ne cessent de se dégrader de jour en jour. Ce qui se fait sentir par la baisse du niveau des apprenants, du fait d’un quantum horaire qui se rétrécit comme peau de chagrin à cause des grèves récurrentes. Malgré les problèmes, les enseignants ne semblent pas opter pour la confrontation.

Le système éducatif sénégalais traverse une profonde crise depuis des décennies. Avec l’arrivée au pouvoir de Macky Sall, le 25 mars 2012, c’est toujours le statu quo ante. Cette crise structurelle semble avoir de beaux jours devant elle, en dépit des 40 % du budget hors service de la dette, affecté à ce secteur. La fréquence des appels à la grève des enseignants est là pour renseigner à suffisance sur ce malaise dont les racines du mal sont : les retards de paiement de salaires ou d’indemnités et le non respect des accords. Comme toujours pour se faire entendre, les enseignants font appel à la grève qui est l’arme favorite des syndicats. Ce, au détriment des droits des élèves à l’éducation. Le souvenir des cinq mois de grève des enseignants de l’année dernière est encore vivace dans l’esprit de beaucoup de parents d’élèves. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, cette année encore, les élèves du public ont dû perdre plusieurs heures de cours à cause des grèves des enseignants qui disent réclamer le paiement des arriérés de leurs indemnités de salaires. Si le salaire est payé après échéance, les enseignants sont dans leur bon droit de réclamer leur dû. En l’espèce, c’est l’Etat qui est fautif. Sur cette accablante question des retards des salaires des enseignants ainsi que sur d’autres, des ruptures étaient attendues du régime de Macky Sall. Mais que nenni !

Et les syndicats d’enseignants, notamment ceux de l’élémentaire et du moyen secondaire, ne cessent de s’insurger contre ces retards de salaires. « Les problèmes du système éducatif ne se résument pas à la question du paiement des salaires. Il y en a d’autres en suspens et sur lesquelles le gouvernement n’apporte aucune réponse. Pire, l’actuel gouvernement a même reculé par rapport à Abdoulaye Wade. Du temps de Wade, les indemnités de correction du Bfem et du Bac étaient payées avant le 31 novembre de chaque année. Ce qui n’a pas été le cas cette année », fulmine un responsable. Conséquence : les syndicats d’enseignants, malgré leur volonté d’accompagner le nouveau pouvoir, ont été obligés d’aller en grève pour se faire entendre.

Rupture du dialogue

D’autres syndicats ont vite fait de battre le rappel de leurs troupes et de se mettre en ordre de bataille face à ce qu’ils qualifient de « mépris » de l’actuel ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, qui rechigne à convoquer des négociations. D’ailleurs des voix s’étaient élevées au niveau même des syndicalistes proches du gouvernement, pour réclamer la démission du locataire de la rue Calmette. « On ne comprend pas l’attitude du gouvernement qui ne veut pas dialoguer avec les enseignants. Le ministre de l’Education ne veut recevoir aucun syndicat alors qu’il est là pour les enseignants. Ce n’est pas de cette manière qu’il va rendre service au président de la République. Car aujourd’hui le dialogue est rompu, alors que beaucoup de syndicats - même les plus radicaux - étaient revenus à de meilleurs sentiments », relève un membre des enseignants de l’Apr. Selon lui, le gouvernement doit le semblant d’accalmie qui règne au niveau de l’école sénégalaise à l’image terrible des syndicats d’enseignants au niveau de l’opinion, depuis leur longue grève de l’année dernière. « Un an, c’est peu pour que le gouvernement fasse quelque chose pour les enseignants, mais en vérité il faut reconnaitre qu’il n’a encore rien fait. Les syndicats se mettront en ordre de bataille lorsqu’ils jugeront le moment favorable », décrypte-t-il

En tout cas, ce ne sont pas les motifs pour aller en grève qui manquent aux syndicats d’enseignants. La confrontation a été différée pour le moment. Est-ce le calme avant la tempête ?

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