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LE FORMAT AES PEUT SEDUIRE DANS LA SOUS-REGION
Pour comprendre les transitions du Sahel, il faut regarder les faits, pas les émotions. Les peuples sahéliens paient aujourd’hui le prix de décennies d’abandon et d’indifférence, estime Mamadou Wane Mao qui appelle à la solidarité avec le Mali.
 
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Sociologue, soixante-huitard et figure de la gauche sénégalaise, Mamadou Wane « Mao » apporte un regard nuancé sur les transitions militaires au Sahel. À rebours du discours dominant au Sénégal, il analyse les causes profondes des ruptures politiques au Mali, au Burkina Faso et au Niger, et appelle à une solidarité africaine face aux crises sahéliennes.

Contrairement à de nombreux Sénégalais qui critiquent les transitions militaires au Sahel, l’ancien fonctionnaire des Nations Unies privilégie une analyse contextualisée des événements ayant conduit aux changements politiques au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Il évoque notamment l’insécurité liée au terrorisme, les limites de la gouvernance et le rôle ambigu de la France, particulièrement en ce qui concerne sa position sur la question de l’Azawad.

Dans ce contexte, le colonel Assimi Goïta a renversé Ibrahim Boubacar Keïta au Mali. Au Burkina Faso, le colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba a déposé le président Roch Marc Kaboré, avant d’être lui-même renversé par le capitaine Ibrahim Traoré. Au Niger, le général Abdourahmane Tiani a renversé le président Mohamed Bazoum.

Mamadou Wane fait partie des rares voix sénégalaises à ne pas adopter une position de rejet catégorique des régimes militaires de transition. Il appelle à une solidarité accrue avec le Mali, où les attaques contre des camions-citernes en provenance des pays voisins perturbent l’approvisionnement en hydrocarbures.

Il souligne également la faible réaction des opinions publiques et des médias africains face aux difficultés rencontrées par les populations sahéliennes. Selon lui, si les trois pays ont réduit les espaces de liberté — notamment la liberté de la presse — le Burkina Faso est allé plus loin en suspendant les partis politiques.

Il estime que ces restrictions risquent de limiter la participation citoyenne et pourraient compliquer l’adhésion populaire aux transitions en cours.

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