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Le mécanisme de corrélation défendu comme levier de souveraineté sanitaire
Le débat sur le mécanisme de corrélation dans la réglementation pharmaceutique sénégalaise continue de susciter des analyses techniques et politiques autour de la stratégie nationale d’industrialisation du médicament.
 
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1005721
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Le débat sur le mécanisme de corrélation dans la réglementation pharmaceutique sénégalaise continue de susciter des analyses techniques et politiques autour de la stratégie nationale d’industrialisation du médicament. Dans une contribution détaillée, le coordonnateur de l’Unité de gestion du projet de développement de l’industrie pharmaceutique (UGP Pharma), Yérim Mbagnick Diop, défend une lecture structurée de ce dispositif, qu’il inscrit dans une dynamique continentale et internationale de souveraineté sanitaire.

Selon le coordonnateur de l’Unité de gestion du projet de développement de l’industrie pharmaceutique (UGP Pharma), Yérim Mbagnick Diop, « le mécanisme de corrélation, prévu par la réglementation pharmaceutique sénégalaise, s’inscrit pleinement dans le cadre des politiques industrielles et sanitaires promues à l’échelle régionale par l’UE‐ MOA et la CEDEAO, et à l’échelle continentale par la ZLECAf »

Il ajoute que plusieurs cadres de référence africains et internationaux confortent cette orientation, notamment « le Plan de Production Pharmaceutique de l’Union Africaine (PMPA) et l’Agence Africaine du Médicament (AMA) », qui reconnaissent, selon lui, « le droit souverain des États à protéger et à développer leur industrie pharmaceutique locale ».

Dans cette même logique, il invoque égale‐ ment l’Organisation mondiale de la santé, estimant que « l’OMS, dans sa stratégie sur l’accès aux médicaments, encourage explicitement les politiques de substitution locale lorsque les conditions de qualité, de disponibilité et de prix sont réunies ».

Face aux critiques portant sur le niveau de développement de l’industrie pharmaceutique locale, notamment centrées sur la place du conditionnement, le texte défend une approche graduelle de montée en compétence.

« Le document anonyme tente de discréditer l’industrie pharmaceutique sénégalaise en soutenant qu’il s’agirait, pour l’essentiel, d’activités de conditionnement et non de fabrication », souligne‐t‐il, en rejetant une analyse qu’il juge « tronquée de ce qu’est, dans tous les pays du monde, le développe‐ ment d’une industrie pharmaceutique nationale ».

Pour étayer son argumentaire, le responsable de l’UGP Pharma rappelle la structuration classique de la chaîne de valeur pharmaceutique, allant de la synthèse des principes actifs à la distribution, en passant par la formulation, la production et les différentes étapes de conditionnement.

Dans cette approche, le conditionnement local n’est pas perçu comme une limite, mais comme une phase structurante. « Loin d’être un défaut, le conditionnement local constitue une étape intermédiaire indispensable », affirme Yérim Mbagnick Diop.

Il en détaille les effets attendus, notamment la formation des ressources humaines, la mise à niveau des infrastructures, la consolidation des systèmes de qualité et la construction d’un historique réglementaire industriel. Autant d’éléments qui, selon lui, constituent « le socle commun à toute fabrication primaire ultérieure ».

Le texte insiste également sur la logique économique de cette progression industrielle, fondée sur l’accumulation progressive de capacités techniques et financières. « Refuser cette étape, c’est en réalité refuser tout projet d’industrialisation pharmaceutique nationale », avertit‐il.

De plus, s’appuyant sur des comparaisons internationales, le document cite plusieurs pays ayant suivi des trajectoires similaires, dont l’Inde, la Chine, le Maroc ou encore l’Égypte. Tous auraient, selon cette note, entamé leur industrialisation pharmaceutique par les segments aval avant de remonter progressivement vers les étapes de production plus complexes. Cette progression est qualifiée de stratégie d’« upgrading », largement documentée dans les travaux de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), de l’OMS et de l’Union africaine, qui encouragent une montée en compétence graduelle des industries pharmaceutiques dans les pays en développement.

Au‐delà du débat technique, la contribution défend une vision stratégique de long terme. Elle présente le mécanisme de corrélation comme un instrument d’accompagnement de l’industrie locale, en phase avec les ambitions de souveraineté sanitaire du Sénégal et les orientations des cadres régionaux et continentaux.

L’arrêté N°032745 du 19 septembre 2025 du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique introduit un mécanisme dit de « corrélation des médicaments », permettant de réguler l’importation et la mise sur le marché selon les besoins nationaux.

Le texte précise en son article 2 que « la corrélation à hauteur de 100% des parts des besoins du marché est autorisée à tous les médicaments figurant dans la liste annexée ». Selon l’article 3, « les médicaments sont corrélés pour une durée d’un (1) an à compter de la date de leur intégration dans la liste établie à cet effet ».

Enfin, l’article 5 prévoit que « tout produit corrélé peut être suspendu ou retiré de la liste de corrélation en cas de manquements liés à l’approvisionnement du marché ».

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