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Le pouvoir refuse les vraies réformes
La Société civile ne ménage pas le régime en place, accusé de refuser de toucher aux "leviers de répression" hérités des anciens régimes. Le dialogue national n'aurait accouché que d'une simple "ingénierie électorale"
 
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1000737
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(SenePlus) - La troisième session des Conversations citoyennes s’est tenue le samedi 20 décembre 2025 à l’hôtel Noom, anciennement Radisson, sur la Corniche de Dakar, conformément à l’invitation adressée quelques jours plus tôt par Sursaut Citoyen et la Coalition de la société civile pour l’application des conclusions des Assises nationales et des recommandations de la CNRI. Inscrite dans un cycle hebdomadaire inauguré en 2023 et 2024, cette session visait, comme les précédentes, à éclairer le débat national autour de la nécessaire refondation consensuelle des institutions, en cohérence avec le Pacte national de Bonne Gouvernance signé par le président Diomaye Faye et douze autres candidats à la présidentielle de 2024.

Le thème retenu, « Le Pacte et le système politique après le Dialogue national, enjeux et perspectives », a été introduit par le sociologue Élimane Kane, président de Legs Africa. Les présentations ont été d’une grande qualité, riches en analyses et en repères institutionnels, et ont permis d’offrir un bilan détaillé du Dialogue national convoqué quelques mois plus tôt par le président Faye. Elles ont également posé des jalons clairs pour la compréhension de ses apports, de ses limites et des perspectives de réforme. Le panel réunissait Dr Elhadji Mbaye, professeur de Science politique à l’UGB, et Paul Dominique Corréa, sociologue et président de Présence chrétienne. La modération de la rencontre a été assurée par Dior Fall Sow, ancienne procureure de la République et membre fondatrice de Sursaut Citoyen, qui a encadré les échanges avec rigueur et précision.

À l’issue des interventions et débats, une synthèse générale a été présentée par l’ancien ministre de l’Éducation Mamadou Ndoye. Elle a repris, expliqué et mis en perspective les différents apports des panélistes ainsi que les contributions des nombreux participants dont l’ancien Premier ministre Mamadou Lamine Loum et plusieurs anciens ministres, leaders de parti et leaders d’opinion, en mettant en lumière les points de convergence et les interrogations majeures exprimées au cours de la session.

Cette synthèse est revenue sur les réserves émises dès les débuts du Dialogue national par plusieurs acteurs de la société civile, lesquels avaient estimé que les termes de référence privilégiaient une nouvelle ingénierie électorale plutôt qu’une réforme structurelle du système politique. Malgré les propositions alternatives soumises au responsable du Dialogue, la société civile a constaté que ces suggestions n’avaient pas été réellement intégrées.

La synthèse a également rappelé que le Pacte national de Bonne Gouvernance, élaboré et soumis aux candidats à la présidentielle de 2024, avait été signé par treize d’entre eux, dont le président Diomaye Faye, qui s’était engagé à le mettre en œuvre. Dès lors, une question essentielle se pose : les réformes actuellement engagées reflètent-elles les promesses et les engagements contenus dans ce Pacte ou s’en éloignent-elles de manière préoccupante ?

Selon le résumé des discussions, plusieurs mécanismes institutionnels largement critiqués depuis des décennies demeurent inchangés. Il a été noté que les leviers permettant au pouvoir de conserver des avantages considérables restent en place, notamment les fonds politiques, ainsi que l’article 80, pourtant identifié de longue date comme un instrument de répression et de contrôle. Lorsque la société civile avait proposé en séance que cet article soit révisé, la réponse avait été que son maintien était nécessaire, ce qui a été perçu comme un signal d’immobilisme.

La synthèse a néanmoins rappelé que l’objectif de la société civile reste d’œuvrer à une démocratie participative fondée sur les consultations, les concertations, la co-élaboration et, lorsque cela est possible, la cogestion. Elle a souligné que, comme dans les luttes syndicales, la stratégie doit parfois consister à reconnaître les acquis, même limités, et à poursuivre la mobilisation. Lorsque l’on ne détient pas le pouvoir politique, cette démarche constitue souvent l’unique voie pour maintenir vivante la dynamique de réforme.

Les discussions ont mis en évidence l’existence de défis persistants, dont le non-règlement condamne les militants et les organisations citoyennes à un éternel recommencement. La réflexion a également replacé ces enjeux dans un contexte international marqué par un recul généralisé des forces démocratiques et progressistes. La montée de la xénophobie et du racisme, illustrée par des figures politiques comme Donald Trump, ou encore par des victoires de partis d’extrême droite, a été évoquée pour souligner l’ampleur mondiale des reculs observés.

En conclusion, la synthèse a appelé à une poursuite de la réflexion collective. Même si l’âge ou les responsabilités ne permettent plus aux militants d’occuper des bâtiments ou de mener des actions physiques d’envergure, ils conservent la capacité essentielle de penser, de débattre et de structurer les enjeux de leur époque. 

Plus la compréhension partagée de ces enjeux s’élargira au sein des élites et des forces vives, plus la société disposera de relais pour influencer l’opinion, la culture politique et les orientations institutionnelles. C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’ensemble du cycle des Conversations citoyennes, appelé à se poursuivre chaque samedi à 16 heures au Noom, dans un esprit de construction démocratique et de mobilisation citoyenne continue.

La session de samedi prochain, le 27 décembre sera consacrée aux 13 signataires du Pacte qui seront invités à partager leur réflexion sur la refonte des institutions qui est au centre de ce document consensuel issu des conclusions des Assises nationales et des recommandations de la CNRI. 

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