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Par Cheikh Tidiane Mbaye
Le Sénégal face au culte politique, jusqu’où ira la folie partisane ?
Le Sénégal mérite mieux que les passions aveugles, les logiques de meute et le culte de la personnalité. Notre pays a besoin de lucidité, de stabilité et de transformations réelles.
 
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(SenePlus) - Le PASTEF restera sans doute dans l’histoire politique sénégalaise comme le parti du grand paradoxe : celui d’une éthique à géométrie variable.

On a présenté Ousmane Sonko comme un homme providentiel, presque sacré, malgré les lourdes controverses liées à l’Affaire Sweet Beauté. Depuis, le patriotisme semble parfois avoir changé de définition : aimer son pays ne suffirait plus ; il faudrait aimer Sonko, le défendre en toute circonstance et accepter ses excès comme des vérités absolues.

Dans l’imaginaire de certains militants, une personne est honnête, patriote et compétente tant qu’elle marche avec Sonko. Mais dès qu’elle s’en éloigne, elle devient soudainement traître, vendue ou “kuluna”. Le débat d’idées disparaît alors au profit d’une fidélité aveugle où l’homme finit par compter davantage que la République elle-même.

Pourtant, le slogan était clair : “Diomaye-Sonko”. Les Sénégalais ont élu Bassirou Diomaye Faye comme président de la République. Ousmane Sonko, lui, a été nommé Premier ministre. Mais durant son passage à la Primature, le pays est resté sous tension : économie fragile, investisseurs méfiants, climat politique conflictuel et impression persistante d’un pouvoir bicéphale où le Premier ministre semblait parfois oublier qu’il tenait sa légitimité institutionnelle du président élu.

Aujourd’hui, après son limogeage, certains veulent installer une crise institutionnelle permanente autour de son départ. Comme si le Sénégal devait s’arrêter parce qu’un homme a quitté le gouvernement. Comme si la République devait plier devant les états d’âme d’un leader politique.

Le plus inquiétant n’est même plus Sonko lui-même. Le plus inquiétant, c’est cette incapacité d’une partie de ses soutiens à reconnaître qu’un homme politique peut avoir des qualités… mais aussi des limites, des contradictions et un ego démesuré. Dans toute démocratie mature, aucun leader ne devrait être placé au-dessus des institutions, ni transformé en figure intouchable.

Le Sénégal mérite mieux que les passions aveugles, les logiques de meute et le culte de la personnalité. Notre pays a besoin de lucidité, de stabilité et de transformations réelles. Car lorsqu’une nation commence à confondre démocratie et adoration politique, le danger n’est jamais très loin.

Et la vraie question devient alors : à quel moment le Sénégal se réveillera-t-il ? Avant ou après avoir payé le prix de cette folie partisane ?

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