Tout se goupille bien dans l’affaire de la sarabande de milliards dans laquelle Aïda Ndiongue, ex-sénatrice libérale, s’est illustrée. Les enquêtes ouvertes sur le Plan Jaxaay et le marché des produits phytosanitaires ont été jointes par la Dic. L’affaire des produits phytosanitaires et du Plan Jaxaay est en passe de lever une bonne part de son voile de mystère. La Division des investigations criminelles (Dic), qui avait ouvert une enquête dans le cadre de l’audit du Plan Jaxaay, s’est attelée à passer en revue toutes les personnes impliquées, entrepreneurs comme fournisseurs. Entre-temps, le Parquet qui avait été saisi de l’affaire des produits phytosanitaires confiait à la Section de recherches de la gendarmerie le soin de faire la lumière sur cette question. Après avoir engagé leurs recherches, les limiers se sont rendu compte que le dossier des produits phytosanitaires présente d’«étroites connexions» avec celui du Plan Jaxaay. La Section des recherches avait retourné le dossier au Parquet qui l’a refourgué à la Dic. En raison de leur connexité, ces deux dossiers ont été joints par les limiers, aux fins d’une enquête approfondie. Des sources proches du dossier assurent que «la Division des investigations criminelles a été saisie pour enquêter sur les fournisseurs et les entrepreneurs. Ces derniers ont été entendus, en même temps qu’une autre enquête a été ouverte sur les produits phytosanitaires.» Les deux affaires, tendant aux mêmes buts, c’est-à-dire démêler l’imbroglio et faire la lumière sur les milliards en question, ont donc logiquement accouché d’une jonction. Mais quel est le degré d’interconnexion de ces affaires ? Y a-t-il un rapport de cause à effet ou une imbrication dans ces deux affaires ? A ce stade de l’enquête, la Dic carbure à plein gaz pour éclaircir cet écheveau. Le patrimoine balèze de l’ex-sénatrice libérale avait alimenté les suspicions. Une valse de milliards aux origines suspectes. Un marché de produits phytosanitaires pour un montant de 5 milliards, exécuté par le ministère de l’Habitat et de la Construction, à la suite d’un appel d’offres restreint de novembre 2011 pour l’année 2012 a été à l’origine de ces investigations. Entre-temps, les enquêtes qui ont remonté jusqu’en 2006 avaient laissé transparaître des présomptions de marchés fictifs qui flirtent allégrement avec la barre des 77 milliards. Ces commandes qui avaient été passées par les sociétés mises en place par Aïda Ndiongue étaient fictives et n’avaient jamais été livrées au Service national d’hygiène. Suffisant pour caractériser ces faits de «faux, usage de faux». Dans la fourchette comprise entre 2007 à 2012, Aïda Ndiongue n’en finit pas de rafler les bons coups, dont un graal, le projet de construction de logements sociaux et de lutte contre les inondations et les bidonvilles dénommé Plan Jaxaay. Avec la bénédiction des autorités d’alors, l’ex-sénatrice déroule à califourchon sur le ministère de l’Habitat et de la Construction. La Section de recherches dépose son rapport définitif aujourd’hui La Section de recherches, lancée aux trousses de Aïda Ndiongue, est à pied d’œuvre. Déjà, des sources concordantes assurent une «bonne évolution» des investigations. Pour Aïda Ndiongue, les choses qui avaient déjà commencé à se corser sentent davantage le roussi. Elles affirment, en effet, que la Section de recherches a bouclé la boucle et déposera son rapport aujourd’hui. Dans ce même rapport figurent des relents forts de présomptions de faux et d’usage de faux. Bref, l’étau se resserre autour d’elle. [email protected]
L'étau se resserre sur Aïda Diongue
ENQUETE SUR UNE VALSE DE MILLIARDS AUX ORIGINES SUSPECTES
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3448
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