(SenePlus) - Dans un contexte de sevrage financier international, le Sénégal a réussi son retour sur le marché de la dette régionale ce vendredi 16 janvier 2026. Une opération qui a permis de mobiliser 154 milliards de francs CFA (environ 254 millions de dollars), mais à des taux d'intérêt en hausse, signe de la méfiance persistante des investisseurs.
Pour financer ses besoins pressants, Dakar n'a d'autre choix que de solliciter le marché régional de l'UEMOA. Selon les données de l'agence UMOA-Titres citées par Reuters, le Trésor sénégalais a levé 71,46 milliards de FCFA via des bons du Trésor à 12 mois (BAT), face à une demande globale de 87,14 milliards. Cependant, le prix à payer augmente : le rendement moyen pondéré s'établit à 6,96%, avec un taux marginal de 6,92%, « reflétant la hausse des coûts d'emprunt à court terme ».
Sur les maturités plus longues, la tendance est similaire. Les obligations assimilables du Trésor (OAT) à 36 mois ont attiré 65,89 milliards de FCFA, presque intégralement retenus à un taux moyen de 7,28%. Quant aux titres à 5 ans (60 mois), ils ont permis de lever 16,65 milliards de FCFA, mais au prix fort : un rendement de 7,69%, le plus élevé des trois instruments proposés.
Cette dépendance accrue au marché régional s'explique par la suspension du programme de 1,8 milliard de dollars du Fonds Monétaire International (FMI). Une décision intervenue après que les nouvelles autorités ont révélé des « milliards de dollars d'emprunts non déclarés par l'administration précédente ».
Privé de ce parachute international, le Sénégal doit naviguer seul face à un fardeau de la dette qui a atteint, selon le FMI, « 132% du produit intérieur brut à la fin de 2024 ». Dans ce contexte, chaque point de base concédé sur les marchés alourdit un peu plus le service de la dette, réduisant d'autant les marges de manœuvre budgétaires du gouvernement.