Le journaliste et homme politique Mamoudou Ibra Kane était l'invité de l'émission "Objection" ce dimanche 17 mai 2026 pour présenter son nouvel ouvrage "Troisième alternance au Sénégal, mon double regard", publié aux éditions Le Lys Bleu.
L'ancien directeur général du groupe E-Media Invest, aujourd'hui leader du mouvement "Demain, c'est maintenant" (DCM), y livre une analyse de la séquence 2021-2024 marquée par le report de l'élection présidentielle et les violences qui ont secoué le pays. "Nous avons frôlé pratiquement le chaos", affirme-t-il, tout en saluant la "solidité de nos institutions" mises à l'épreuve.
L'ouvrage intègre des confidences inédites de feu Mamoudou Badio Kamara, ancien président du Conseil constitutionnel, notamment sur les accusations de corruption portées contre deux magistrats et sur l'avis défavorable qu'il avait rendu à Macky Sall concernant un éventuel troisième mandat.
Sur l'actualité institutionnelle, Kane critique vertement la réforme du Code électoral (articles L29 et L30) adoptée par la majorité Pastef, qu'il qualifie de "loi taillée sur mesure" pour l'éligibilité d'Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029. Il dénonce une "dualité au sommet de l'État" entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, estimant que "cette situation de blocage du pays ne peut pas perdurer".
Interrogé sur la transformation annoncée du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, l'auteur se montre sceptique : "C'est juste l'appellation qui change", regrette-t-il, déplorant l'absence de pouvoir de saisine directe pour les citoyens et le renforcement de la prégnance présidentielle avec neuf nominations au lieu de sept.
Kane a également évoqué les tensions entre le pouvoir actuel et les médias, rappelant les convocations et détentions de journalistes ces derniers mois, et appelé à la mise en œuvre effective de la loi sur l'accès à l'information.