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NDEUP : LE STRICT MINIMUM QU'UNE CAMERA PEUT VOIR
Comment préserver les savoirs endogènes sans en trahir l’essence ? Alors que le numérique ouvre de nouvelles perspectives pour conserver et transmettre les traditions africaines, il pose aussi un dilemme majeur : tout peut-il être montré ? -
 
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  • https://www.youtube.com/watch?v=4g8JtRUn-k8

Entre la préservation du patrimoine immatériel africain et la montée en puissance du numérique, une question cruciale se pose : comment sauvegarder les savoirs endogènes sans les dénaturer ? Dans un monde où tout se filme et se partage, les traditions spirituelles et thérapeutiques risquent d’être vidées de leur substance sacrée

Le Ndeup est plus qu’un rituel. C’est une thérapie spirituelle, un acte de réconciliation entre l’individu, la communauté et les forces invisibles qui l’entourent. Chez les Lébous, peuple établi sur la côte sénégalaise, cette cérémonie vise à soigner les troubles de l’âme en rétablissant l’harmonie avec les génies protecteurs. Mais à l’ère du numérique, une question cruciale surgit : tout peut-il être montré ?

Dans cet entretien exclusif accordé à AfricaGlobe TV, le Pr Moustapha Mbengue met en garde contre une captation sans discernement des rituels traditionnels. Si la technologie offre des moyens inédits de conservation et de transmission, elle peut aussi désacraliser ce qu’elle expose. Certaines séquences, comme l’appel des génies, doivent demeurer secrètes, car leur force symbolique repose sur le silence, la discrétion et la relation intime entre initiés.

À travers ses recherches, le Pr Mbengue interroge donc la frontière entre mémoire et sacré : que faut-il sauvegarder pour les générations futures ? Et que faut-il laisser à la garde du secret ?

Cette réflexion dépasse le cadre du Ndeup. Elle renvoie à un enjeu plus vaste : comment l’Afrique peut-elle utiliser les outils numériques pour transmettre ses savoirs endogènes, sans les dénaturer ni les exposer au regard profane ?

Entre préservation patrimoniale et respect du sacré, la question reste ouverte. Mais elle éclaire l’un des défis les plus fascinants du continent : concilier la mémoire vivante et la modernité technologique.

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