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NGUIGUIS, QUAND LES PAYSANS DEVANCENT LA SCIENCE
Alors que la science cherche des solutions durables, des paysans sénégalais en appliquent déjà. Le Dr Mohamadou Seck révèle comment leurs savoirs ancestraux inspirent aujourd’hui la recherche moderne.
 
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211864
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Alors que le monde scientifique s’interroge sur l’avenir de l’agriculture durable, des paysans sénégalais expérimentent déjà, à leur manière, des pratiques novatrices. Le Dr Mohamadou Seck révèle comment leurs savoirs ancestraux, longtemps négligés, inspirent aujourd’hui la science moderne.

Dans les campagnes sénégalaises, des paysans inventent, souvent sans le savoir, des techniques agricoles proches des méthodes scientifiques les plus avancées. Le Dr Mohamadou Seck, enseignant-chercheur à l’École des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (EBAD – UCAD), met en lumière ces savoirs endogènes qui pourraient bien transformer l’agriculture africaine.

Loin d’être de simples pratiques coutumières, les savoirs locaux reposent sur une observation minutieuse de la nature, une transmission intergénérationnelle et une expérimentation empirique. Ce sont de véritables innovations nées de la vie quotidienne, façonnées par le rapport intime que les communautés rurales entretiennent avec leur environnement.

Dans un entretien accordé en marge du Colloque international sur les savoirs endogènes organisé au Musée des Civilisations Noires de Dakar, le Dr Seck partage les résultats d’une étude menée dans la région de Thiès. Ses recherches montrent comment des paysans sénégalais ont élaboré, à partir de leurs propres observations, un fertilisant naturel à base de Piliostigma thonningii, appelé localement Nguiguis.

Ce fertilisant, longtemps ignoré, est aujourd’hui reconnu par la recherche scientifique pour ses effets bénéfiques sur la fertilité des sols et la durabilité des cultures.

Cette redécouverte illustre une vérité essentielle : la science moderne n’a pas le monopole de la connaissance. Les savoirs endogènes, longtemps marginalisés, représentent un patrimoine intellectuel et écologique majeur pour l’Afrique. Leur reconnaissance et leur valorisation sont désormais une nécessité, tant pour des raisons culturelles que pour répondre aux défis climatiques et alimentaires contemporains.

“Les paysans ne font pas que cultiver la terre, ils cultivent aussi le savoir”, rappelle le Dr Seck.

En réhabilitant ces connaissances issues du terrain, la recherche africaine ouvre la voie à une agriculture plus durable, plus autonome et plus enracinée dans les réalités locales.

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