Volonté de faire une cure de jouvence. C'est manifestement ce que laisse entrevoir l'élection du directeur de l'entreprise Akilee SA Amadou Ly à la tête du Club des Investisseurs du Sénégal. Et justement le jeune entrepreneur a pour ambition de remettre le secteur privé au cœur de l'économie sénégalaise.
Le CIS veut visiblement être en phase avec le contexte ambiant qui voit la montée en puissance, dans tous les pans de la société d'un leadership jeune. Ainsi, après la présidence remarquée d'un « mohican » comme Pierre Goudiaby Atepa, le CIS, pour redorer le blason et apporter du sang neuf, a fait confiance à un quarantenaire. Et le directeur de la société Akilee n'a pas tardé à décliner ses audacieuses ambitions. «Le combat que nous menons, c'est celui de la remise en place au centre du jeu économique des acteurs économiques sénégalais. Ceux qui font l'économie du Sénégal, ce sont les entrepreneurs en partenariat avec les pouvoirs publics», soutient l'ancien cadre supérieur à EDF. Docteur en physique, le nouveau patron du CIS estime qu'il n'y a pas de politique publique qui vaille s'il n'y a pas une économie forte et résiliente. «Et il n'y a pas d'économie forte et résiliente si cette économie ne repose pas principalement entre les mains des enfants de ce pays», fait-il savoir sans ambages.
Poursuivant son argutie en faveur du secteur privé local, il a indiqué qu'une certaine opinion a tendance à croire que le secteur privé national n'est pas capable de structurer les financements importants pour faire des projets importants. «C'est une fausse idée. Nous sommes capables de structurer n'importe quel type de financement pour n'importe quel type de projet. Mais si vous n'avez pas le quitus pour être celui qui donne les ordres et qu'on vous met en situation d'être des sous-traitants dans votre pays, c'est compliqué», plaide-t-il.
Par ailleurs, l'ingénieur sénégalais formé à Grenoble est revenu sur les priorités de son mandat. «On a un plan stratégique. Avoir une ambition, c'est bien, avoir les moyens de son ambition, c'est mieux. Nous avons élaboré un plan stratégique structuré autour de quatre leviers qui portent sur l'investissement, sur le partenariat, sur la solidarité et la vie interne et un qui porte sur l'impact social», renseigne-t-il avant d'ajouter : «Nous sommes convaincus que nous avons un rôle important à jouer. Nous ne sommes pas la première organisation représentant le secteur privé Mais le CIS a une très grande spécificité qui est celle d'être focalisée sur l'Investissement. Non pas que les questions fiscales et de droit du travail ne nous intéressent pas. Mais le patronat tel que le CNP. La CNES est certainement mieux outillée pour cela».
Dans le même ordre d'idées, il rappelle que leur objectif à l'horizon 2030, c'est de devenir l'interlocuteur de référence de l'Etat du Sénégal dans tout investissement stratégique. Rappelons que e Club des Investisseurs Sénégalais (CIS) a été créé en juin 2018 et regroupe des champions nationaux qui ont décidé de se mettre ensemble pour favoriser l’éclosion d’un secteur privé national fort, moteur central de la dynamique d’émergence à travers des projets structurants, à fort impact économique et social. Le directeur de Akilee SA est le troisième président après Babacar Ngom, fondateur de la SEDIMA et Pierre Goudiaby Atepa.