66ème jour de prison, et plus que jamais, nous nous tenons debout.
Le colon occidental, accompagné de ses complices du gouvernement béninois et de certains Sud-Africains noirs et blancs (qui ont tous tant comploté politiquement, pour nous faire incarcérer) pensaient sans doute nous briser en nous gardant, mais chaque seconde passée dans ce camp de persécution noire qu’est cette prison, ne fait que renforcer notre détermination à éteindre le système néocolonial qui a intégralement aliéné notre globale population.
J’ai fait en raison de mon combat politique pour la souveraineté africaine qui dérange tant de puissants, à de nombreuses reprises la prison, mais jamais je n’ai vécu une expérience sociologique, qui m’a autant fait comprendre la profondeur du mal qui ronge nos nations.
Le traitement que les autorités locales sud-africaines réservent à leurs détenus dépasse le cadre de la dé-civilisation.
La haine de l’Africain, pour son semblable est une science qui devrait être étudiée attentivement.
Ce mal ne vient pas de nulle part, évidemment. Comme l’enseignait Steve Biko, colonisation, apartheid, et pluriséculaires oppressions, ont poussé le noir à trop souvent haïr son frère intensément, au lieu de s’attaquer à la racine du mal qu’est le colon.
Ici c’est l’hiver, le froid règne. Beaucoup de vitres brises non réparées dans nos cellules, le vent glacial nous sert donc de compagnons.
Pas d’eau chaude pour nous doucher, la grippe, chicken pox ou autres variants se propagent à la vitesse du son.
À l’exception des personnes incarcérées dans les sections E et F, la plupart des êtres emprisonnés sont empilés comme des crêpes, par groupe de 50 dans des cellules, où l’hygiène semble avoir déserté les lieux depuis tellement de temps.
Beaucoup d’immigrés africains parmi les prisonniers et par conséquent, une infinie violence xénophobe les visant, émane trop souvent de nombreux gardiens de prison (ceux-ci se déroulent particulièrement à la salle d’admission et de transit des prévenus de cette carcérale maison).
La barbarie de ces officiers, est telle qu’elle ferait même passer en comparaison, les assassins blancs de George Floyd pour des policiers non violents.
Nelson Mandela et Steve Biko, qui furent respectivement emprisonnés ici là où nous sommes, avant d’être ensuite transféré pour l’un à Roben Island, et torturé puis assassiné pour l’autre, se retourneraient tous deux dans leur tombe en voyant ce que certains de leurs enfants font subir à leurs frères du continent. Avant les tortionnaires étaient blancs aujourd’hui ils sont noirs malheureusement.
N’importe quelle commission des droits de l’homme, visiterait en caméra cachée ce centre pénitentiaire qu’il en serait, dans les heures qui suivraient leur venue, définitivement fermé pour crimes contre l’humanité, ce à juste raison.
Le philosophe français Michel Foucault, dans son ouvrage « Surveiller et punir » paru en 1975, déclarait que « la prison n’avait pas pour mission d’empêcher la criminalité, mais de l’entretenir ». J’y souscris complètement, tout en rajoutant que les officiers censés nous garder sont pour la plupart (à l’exception de ceux officiant à la section High profile qui font preuve de professionnalisme et de correction, je profite d’ailleurs de l’occasion pour saluer chaleureusement l’aîné Maluleka, Kaiser, Magaula qui sont des êtres humanistes et très profonds) les premiers criminels de ces centres de répression.
Et savoir que je suis fait incarcérer avec mon digne fils Khonsou Seba, (cet être d’exception que j’aime tant) uniquement pour mes convictions, et mon combat politique panafricaniste contre la mafia néocoloniale Wadagni/Talon(qui a dans notre pays le Bénin assassiné la souveraineté populaire, fait incarcérer la plupart des voix de l’opposition, installé un parti unique bicaméral BR-UPR pour la nation, renforcé irrationnellement les liens avec l’Occident, imposé le trop discriminant néolibéralisme économique comme étatique religion), ne fait que renforcer ma détermination visant à déraciner cette bourgeoisie compradore qui pense que notre pays est la propriété de leur caste et de leur allié oligarque blanc décadent.
À ce sujet ceux qui se laissent naïvement embobiner par les mesures 100 % cosmétiques de Wadagni, que ce soit sur le terrain social ou vis à vis de l’AES, n’auront lorsqu’ils se réveilleront de leurs mirages, que leurs yeux pour pleurer.
Le Bénin actuellement, bien plus que la Côte d’Ivoire, est le laboratoire de la Françafrique pragmatique et remastérisée.
Ceux qui ne me croient pas aujourd’hui, réaliseront demain à quel point ils se sont trompés. Et ce ne sont pas les pseudo panafricains et autres trolls engagés pour maquiller les méfaits de la mafia Wadagni/Talon, qui changeront ce constat que je fais mien avec probité et intégrité.
Quoiqu’il en soit le gouvernement néocolonial béninois pensait à travers notre incarcération définitivement m’enterrer. Mais malheureusement pour lui à l’image de l’ancêtre Wasir piégé et tué par Sethiou qui connut une ascension fulgurante par la suite, cet emprisonnement ne rimera qu’avec ma géopolitique résurrection. Le temps va le prouver.
Mandela, accusé à 44 ans, d’avoir mené avec le MK la lutte armée pour renverser le gouvernement de l’époque, a fait 27 ans de prison avant de triompher. Etre patient par conséquent face à ces démons, plus que jamais je le serai.
La pierre rejetée par ces pseudos bâtisseurs deviendra la pierre angulaire.
Paix sur vous tous, que ce soit les vrais comme les faux amis, ou les vrais ennemis…
Bientôt je vous réécrirai.
Prison et dé-civilisation en Afrique du Sud
J’ai fait, en raison de mon combat politique, à de nombreuses reprises la prison, mais jamais je n’ai vécu une expérience sociologique, qui m’a autant fait comprendre la profondeur du mal qui ronge nos nations
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