Skip to main content
Ouagadougou acte son divorce avec Paris
Ce 26 juin 2026, le gouvernement burkinabè a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec Paris. Un véritable séisme géopolitique motivé, selon le Burkina par une ingérence française devenue intolérable
 
ID
1006063
{"id":1006063,"title":"Ouagadougou acte son divorce avec Paris","subheadline":"Ce 26 juin 2026, le gouvernement burkinabè a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec Paris. Un véritable séisme géopolitique motivé, selon le Burkina par une ingérence française devenue intolérable ","image":"/sites/default/files/2026-06/Capture%20d%E2%80%99e%CC%81cran%202026-06-27%20a%CC%80%2000.39.36.png","link":"/article/ouagadougou-acte-son-divorce-avec-paris"}

(SenePlus) - C'est un séisme diplomatique que peu auraient osé prédire il y a encore quelques années. Le Burkina Faso a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec la France ce 26 juin 2026. L'annonce, formulée dans un communiqué signé par le porte-parole du gouvernement, le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, est sans ambiguïté et sans appel.

Dans ce document officiel émanant de la Primature et publié par le Service d'information du Gouvernement, Ouagadougou justifie cette décision par « une évaluation approfondie de l'état actuel des relations bilatérales », concluant que « les conditions indispensables à la promotion de relations fondées sur le respect mutuel, la confiance réciproque, le respect du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures et de la souveraineté nationale, ne sont plus réunies. »

Le ton du communiqué est acéré. Le gouvernement burkinabè accuse Paris d'« un activisme incessant contre les intérêts du Burkina Faso », d'« ambitions néocoloniales affichées », ainsi que d'un « soutien actif à des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent notre pays et le Sahel ». Des accusations graves, portées au plus haut niveau de l'État, qui marquent la rupture la plus nette entre les deux pays depuis l'indépendance de 1960.

Le gouvernement tient néanmoins à circonscrire la portée de cette décision. La rupture, précise le communiqué, « vise exclusivement le cadre institutionnel des relations entre les deux États au plan diplomatique » et « ne remet nullement en cause les liens historiques, humains, culturels et sociaux qui unissent les peuples burkinabè et français. » Les ressortissants français présents sur le sol burkinabè sont assurés de la protection de l'État, les citoyens burkinabè étant appelés à faire preuve de « responsabilité, de retenue et de civisme » à leur égard.

Sur le plan des perspectives, Ouagadougou réaffirme sa volonté de « poursuivre une politique étrangère indépendante, fondée sur la diversification de ses partenariats, le renforcement de la coopération Sud-Sud » et le développement de relations équilibrées avec l'ensemble des nations. Le Burkina Faso dit demeurer « ouvert au dialogue avec l'ensemble des États de la communauté internationale sur la base du respect mutuel, de la réciprocité et de l'égalité souveraine. »

Cette rupture s'inscrit dans une dynamique sahélienne qui a déjà vu le Mali et le Niger expulser l'ambassadeur français et mettre fin aux accords de défense avec Paris. Le Burkina Faso, dirigé depuis janvier 2023 par le capitaine Ibrahim Traoré à la tête de la junte au pouvoir, franchit aujourd'hui un palier supplémentaire, transformant une défiance croissante en rupture diplomatique consommée

1006063
ID
1006063
Les critiques sont les bienvenues. Les attaques personnelles, les insultes et les propos injurieux seront supprimés.
1
2

Vos Articles Préférés de la Semaine

3