À l’heure où les technologies bouleversent nos modes de vie et redéfinissent nos sociétés, elles offrent aussi une opportunité précieuse : préserver, transmettre et valoriser les savoirs endogènes africains. Longtemps marginalisés, ces savoirs - ancrés dans les pratiques, les langues et les traditions - retrouvent aujourd’hui une nouvelle vitalité grâce au numérique.
C’est tout le sens du colloque international sur les savoirs endogènes organisé la semaine dernière par l’École des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (EBAD), à Dakar. Chercheurs, enseignants et innovateurs y ont échangé sur les moyens de concilier modernité et héritage culturel, à l’heure du digital et de l’intelligence artificielle.
Parmi les initiatives présentées, celle de Reine Marie Ndela Marone, informaticienne et enseignante-chercheure à l’EBAD, a particulièrement retenu l’attention. Avec son équipe, elle a développé @ppteere, une application innovante conçue pour promouvoir et diffuser les savoirs endogènes littéraires africains.
Cette plateforme permet non seulement de recenser et numériser des récits, contes, proverbes et textes traditionnels, mais aussi de les rendre accessibles aux chercheurs, enseignants et étudiants, partout dans le monde.
En marge du colloque, Reine Marie Ndela Marone nous a expliqué les enjeux et les ambitions de ce projet : faire du numérique un levier de sauvegarde du patrimoine immatériel africain.
L’application, déjà en phase d’utilisation, devrait bientôt intégrer des modules d’intelligence artificielle pour mieux indexer, traduire et analyser les contenus. Une évolution qui pourrait transformer la manière dont les savoirs africains se transmettent à l’ère du numérique.